Bonsoir à tous,
comme j'ai le plaisir de naviguer avec un Greenland depuis maintenant quelques semaines, je vous livre ici mes impressions sur ce kayak. Je l'ai essayé dans pas mal de conditions météo et mes trois premières sorties ont notamment été réalisées lors du dernier coup de vent, cela devait être vers les 14, 15 et 16 mai si ma mémoire est exacte. J'ai donc un avis forgé sur une petite dizaine de sorties.
Je souhaite demeurer entièrement objectif mais cet avis ne peut qu'être lié à mon expérience de kayakiste. Je donne la préférence aux jeux plutôt qu'aux longues randonnées. J'ai un autre kayak pour cela. A mon sens la technique importe plus que l'épreuve sportive par laquelle je vais me "vider". J'ai d'autres sports pour cela.
Ceci étant posé, voici mes commentaires :
Comportement du Greenland par mer formée.
Sensibilité au vent latéral :
kayak bas sur l'eau et peu sensible au vent latéral. Il est aisé te tenir un cap sans pour autant travailler la gîte. Au cas échéant, il suffit d'abaisser la dérive et le kayak se retrouve presque comme sur un rail. Je confirme ainsi ce qui m'avait été dit.
Sensibilité au vent latéral avec clapot : en travaillant avec la dissociation bassin-tronc et les appuis en cas de déséquilibre, ça passe tout seul. La dissociation-bassin tronc est d'autant plus importante que la position des jambes est presque " jambes allongées ". Il faut donc bien trouver ses calages pour obtenir une bonne efficacité du couple de rotation. Cette remarque vaut également pour l'esquimautage.
Ce soir je l'ai essayé nu- pied car j'avais oublié mes bottillons. C'est encore mieux car on "sent" encore plus le kayak. Donc préférer des chaussons souples aux semelles en dur. Reste à confirmer bien entendu. 9a c'est à chacun de voir.
Sensibilité à une vague déferlante par le travers : le kayak étant très bas sur l'eau, il n'offre que peu de "résistance" à la vague et cette dernière a tendance à passer par-dessus le pont. Ceci étant, il faut quand même rester bien calé comme dans tout kayak. Mais le Greenland n'est pas systématiquement emporté. Il faudra que je teste avec des shore break un peu plus gros pour confirmer et voir comment il repart.
Sensibilité au clapot croisé : un vrai plaisir tellement il est manoeuvrant, mais toujours rester souple dans le kayak en jouant avec le bassin.
Vent de face et vague de face : le kayak passe bien. En "calculant" ses coups de pagaie on n'est pas systématiquement "mouillé" et le Greenland monte bien sur la vague. Bref, c'est plus un jeu. Si on a décidé d'y aller....dans ce cas on se fait mouiller. Mais bon, on ne fait pas du kayak pour rester sec non ?
Vent arrière et vague arrière :
départ au surf garanti, un vrai plaisir pour le fun. Il faut bien évidemment jouer sur l'assiette arrière pour lui éviter d'enfourner et sur l'assiette avant pour le faire partir encore plus vite. Mais là encore rien de plus normal, cette remarque est valable pour tous les bateaux. Cela dépend évidemment aussi de la hauteur de la vague....L'avantage du Greenland c'est que l'on peut avoir des sensations de glisse très rapidement et à moindre risque. Effectivement, pourquoi désormais aller chercher une vague de 2 mètres alors qu'avec une vague de 1 mètre, et même moins, je vais obtenir la même sensation de glisse. Au final, aussi moins de fatigue et donc plus de temps consacré au jeu.
Stabilité du Greenland : la stabilité d'un kayak est toujours relative et elle est étroitement liée aux capacités techniques du pagayeur.
Le Grennland n'est donc pas plus instable qu'un autre kayak. Il est juste plus technique. Je dirais que pour prendre réellement du plaisir avec ce kayak il est préférable de maîtriser les appuis et savoir esquimauter. Mais il n'y a là rien de bien compliqué. Tout cela s'apprend avec un peu de patience et de volonté complétées par les conseils de quelqu'un qui sait pratiquer. Et le Greenland est justement un kayak pensé pour travailler tous ces aspects un peu techniques et qui ne doivent pas rebuter le débutant. Avec un peu de volonté les progrès sont rapides et à la clef, le plaisir de manoeuvrer son embarcation. Et dans ce domaine le Greenland donne toute sa dimension. Il semble même avoir été conçu pour cela !
Capacité à la randonnée : il est possible de randonner sur deux jours en emportant l'essentiel. Après il vaut savoir ce que l'on veut. Si c'est pour partir huit jours ce n'est pas la peine, sauf à se priver d'un certain confort lors des haltes. Quant au confort de navigation, jambes allongées c'est le pied. Bon d'accord, ça fait travailler les abdos. Mais comme le pont arrière est bas, on peut s'y allonger pour se reposer.
Capacité à la pêche à la traîne : pas de soucis majeur pour mettre une ligne à main à l'eau et la ranger sur le pont. Le poisson pêché doit être accroché à un accroche poisson.
Capacité de support à l'apnée : Il me reste à tester le kayak avec une monopalme qui sera arrimée sur le pont arrière. Ce dernier est bien plat et supporte aisément ce type d'engin. Seul inconvénient, elle dépasse de chaque côté. Qu'importe. Dans ce cas on n'est pas là pour faire des figures. Pour se mettre à l'eau il faut évidemment se retourner en ayant pris soin de déjuper, sortir du kayak jambes tendues, redresser le kayak, le mettre à l'ancre et chausser la monopalme (on aura quand même retiré la jupette

. La pagaie doit être accrochée au kayak avec un " leash pagaie ".
Quand les apnées sont finies (ou la pêche sous marine), on retourne le kayak et re-entry roll. Un peu compliqué, mais néanmoins rapide quand on s'y entraîne.
Voilà , c'est tout pour cette fois-ci mais c'est déjà pas mal. Alors me direz-vous, que des qualités ?
Il en a effectivement pas mal. Il encaisse la mer formée mais on prend plus de plaisir par mer d'huile. Une vrai bombe en pointe de vitesse et en vitesse de croisière. Sa carène le rend stable naturellement dès qu'il a de la vitesse. Par mer formée il est un peu fatigant à la longue. Un peu trop léger à mon goût. Une fausse manip et hop, t'es bon pour l'esquimautage. Sinon pour toutes les figures Groenlandaises il est étudié pour...
A oui j'oubliai : c'est le LC, donc avec un hiloire un peu plus grand. C'est plus facile pour sortir au cas où....
Bonne nav à tous. A la fin de l'été il aura vécu presque toutes les situations. Vivement l'hiver !