Manquent les noms de ports ici
24 mai/ 11 Juin
Ça y est je rembarque pour le dernier round. Demain je serais en Galice. J'ai croisé Alberto à la station d'autobus les clés du kayak m'attendaient. Une voiture m'amène pour embarquer. Tout ce passe facilement malgré mes craintes. Bonjour la mer, je suis content de te voir
<o></o>PORTELLA
Seul sur la plage de galets
Je viens de faire une très grosse étape. Pourtant je n'ai pas su trouver un bon endroit pour dormir. Finalement je laisse le kayak dans les galets et dors plus haut
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arrêt minute à Tapia de Caza Riego
Je passe faire des courses, au supermarché bien entendu.
Marathon Alemparte
J'avance, les conditions de navigation sont assez favorables. L'océan a été comme un miroir pendant deux heures. Un LUXE. Le vent ne souffle pas mais parfois je sens un courant d'air sur ma nuque. Je me sens triste de cette espèce de course qui s'installe en moi. Demain j'irais vers les hommes
Carià±o - "Chéri"
et oui c'est ce que ça veux dire en espagnol. j'ai envie d'aller voir et vole de cap en cap pour y arriver. C'est un bout du monde ici mais il manque quelques mètres de plus pour être la fin du monde et les gens ne s'arrêtent pas ici. Pourtant c'est un endroit où je reviendrais malgré l'accueil froid que je reçois et que j'aurais du mal à tiédir.
VALDOVINO Erreur de trajectoire
J'ai changé l'échelle de ma carte et je vais trop vite pour m'apercevoir que j'ai raté le port. Je sais il faut être bête mais la vitesse a du m'enivrai. J'ai l'air très bête quand je demande ma carte à la main, où suis je ? et dire que l'échelle de la carte est plus petite pour que j'ai plus de détails. Ce n'est pas très grave puisque j'ai gagné dix kilomètres sur ce que j'avais prévu, mais c'est bizarre comme sentiment de rater un port. Ici, il y a une vraie barre et demain je vais devoir la franchir. Ce n'est pas le top. Mais demain sera un autre jour.
LA COROGNE Je ne voulais pas y aller.
Les grands ports c'est pas mon truc. Et celui-ci encore moins. Le vent m'a poussé toute la journée mais le kayak sans dérive était très désagréable à mener. Des pétroliers ont joué à cache-cache avec moi. J'ai changé de destination, les sauveteurs d'une plage n'ont pas étés - foutus de me dégotter un endroit pour passer la nuit. Tout ça avec un force 5 aux fesses et les vagues qui vont avec. Je ne me sens pas vraiment heureux en allant vers les pontons. En plus je suis vraiment fatigué. Mon super marathon m'emmerde. Je fais du sport alors que je voulais surtout éviter ce type de voyage. Sur le quai il y a cinq gars en train de me regarder. Ils ne bougent pas quand je débarque. je vais vers eux. On me demande si je suis Francais, presque en riant. Les mines sont franchement incrédules quand j'explique le voyage. On téléphone au président du club qui met un voilier à ma disposition. Et, la phrase du jour c'est : Tu es chez toi, ici.
Le mauvais temps est annoncé pour demain ce sera repos. Je rencontre Joseph qui m'aide à faire une beauté au kayak-postal avec polish et tout. Je fais un tour avec des handicapés qui font de la voile et je mange beaucoup.
Ma course devant la tempête.
J'ai une tempête aux fesses elle sera là dans deux jours au soir. Le père Estanguet nous disait : " Tu pars à fond, tu accélères au milieu et tu sprintes à la fin pour les courses de descente j'écoute ses conseils et file ".
Santa MArià±a
Alors que je n'avais plus d'eau, un voilier c'est approché pour la première fois du voyage et m'a envoyé une bouteille. Je rencontre un copain de Philippe le breton dans ce minuscule port. Heureux hasard, il m'offre l'hospitalité. Il vit à Santiago et était là pour l'après midi. Le vent forcissant en cours de journée je pars tôt, Si je passe le cap Fisterra je serais presque hors de danger des vents et des vagues.
CARNOTA Fistera tombé et pourtant
La fin de la terre est passé dans la peur. L'océan est dur et j'ai mal au corps. La navigation d'un coup est devenu facile pour un moment après le cap où j'avais l'impression d'être ivre tellement je me faisais bouger d'un coté à l'autre ou j'hésitais à continuer. C'est un répit qui me permet d'arriver sur un morceau de plage. Un renard fonce dans la nuit et cogne ma tente dans sa course me réveillant. Le vent n'est pas tombé et je n'aime pas cet endroit. Pourtant demain tout sera fini.
Ma course contre la montre est en passe de payer. J'ai doublé les étapes qui étaient déjà longues depuis la Coruà±a. Le renard me suit et n'a aucunement peur de moi. Il reste à deux mètres, le vent ne ce calme pas. Au Maroc on m'avait appelé Houchein le chacal. Il m'observe, j'ai envie de lui jeter des cailloux, il me fait peur. Je repars dormir dans ma tente qui danse dans les rafales. Au matin, j'embarque il n'est pas huit heures. 20 kilomètres et je serais dans la baie d'Arousa, la sécurité et pourtant...

Naufrage au large de RIBERA
Je vois le cap, la mer ne me fait pas de cadeaux mais il y a eu pire, une heure et je serais passé. Je n'ai rien senti, rien vu, rien entendu pourtant j'ai la tête en bas. Mes réflexes jouent, j'esquimaute, l'eau est gelé. Le kayak ne réagit pas, je comprends la voile fait quille. Celle qui était un avantage il y a quelques instants est devenue mon pire ennemi. J'essaye encore une fois, déjà battus regardant la surface. Je vais chercher cet air qui me manque. Le plus terrible c'est que ma tentative sera vaine je le sais déjà . Alors je sors du kayak, terrible décision, cette eau glacé ne me fera pas de cadeaux. Il fait chaud le soleil cogne et je porte juste un tee-shirt et un collant en lycra. Autant dire : rien dans cette eau glacé. Un cri sort de ma gorge : "eh! merde!". je dois choisir entre la vie et la mort et il faut aller vite. Je garde ma pagaà¯e dans la main attache une mousse pour faire un paddle Float. Le kayak est plein d'eau, j'essaye de remonter et de rerentrer dans l'hiloire je ne fais que basculer une nouvelle fois de l'autre coté. Il me faut du temps pour le remettre à l'endroit. Les vagues me font passer la tête sous l'eau. Je décide de me coucher en travers sur lui pour reprendre mes forces. Les secondes sont devenues des minutes et les minutes des heures. C'est étonnant comment la notion de longueur du temps et de l'espace peut varier. Je n'ai pas peur, je veux m'en sortir et faire ce qu'il faut pour y arriver. Ma réalité est simple me sauver de là . A la cinquième tentative je réussis enfin, entrer et reprendre ma position. Les vagues me remplissent au fur à mesure que je vide. Je maintiens mon équilibre avec un bateau pratiquement incontrôlable, je pagaà¯e et n'avance quasiment pas. Je sens que mes pieds sont complètement engourdis, mes mains ne sont pas loin derrière. J'ai de l'eau au nombril. je suis en train de geler sur place. Il y a un bateau devant moi à un kilomètre, c'est le salut. je ne suis pas capable de l'atteindre. La VHF enfin dans ma main. J'hésite encore une seconde et ma voix lance : "Mayday, Mayday je suis à un mille de la côte en train de couler. je suis à Votre Bâbord devant la plage de Vilar." Le GPS n'est plus là j'essaye de faire une triangulation pour préciser ma position. On me répond, je dis d'aller vite que je crève de froid. On me demande de préciser ma position. Je fais ce que je peux. Je cherche mes fusés de détresse dans un premier temps je ne les trouve pas. Mes mains glissent dessus sans trouver. Enfin ! J'ouvre le paquet, j'attends un peu et j'envoie la première, la tenant le plus longtemps possible. La seconde se casse. J'attends encore, je claque des dents sans pouvoir me contrôler. Il faut tenir le coup résister ne pas se laisser aller. La troisième s'allume. Mon esprit est brouillé et j'ai du mal à me concentrer. C'est l'effet du froid il faut que ça aille vite. Je l'allume et la tient mal. Je sens le produit chimique qui me brûle la main pourtant je ne lâche pas. je suis l'être primitif qui se bat pour sa vie, l'animal sauvage qu'il y a au fond de chacun en ce instant. Plus fort, plus puissant, prêt à tout pour la vie. La torche n'éclaire plus je peux enfin plonger ma main dans l'eau glacé pour refroidir cette brulure. J'avance vers le rivage il est très loin mais si les secours ne me trouvent pas c'est ma seule chance. Je ne pense pas au froid, mes gestes sont pourtant bien vain et inefficace. J'entends une voix, tourne la tête et là il y a un voilier de douze mètres qui surfe une vague me fonçant dessus. Je ne suis pas encore sauvé. ils peuvent m'éperonner ou ne pas réussir à me hisser à bord. Ils empannent, collé contre leur coque, je monte à la hauteur du pont et redescend un mètre plus bas à chaque vague. Ils me passent une corde autour de la taille. et tiennent le kayak par le mât. Enfin une corde tient mon bateau. Je m'accroche aux lignes de vie et me hisse sur le pont. Je plonge dans le roof. A l'abri du vent. Je grelotte on me couvre d'une couverture. Le bateau de sauvetage arrive à coté. On me demande d'y passer. Je saute à bord de la vedette ultra rapide. On me fourre dans la cabine me forçant à me déshabiller. Le pilote hurle des ordres, Ils essayent de prendre mon kayak. A tout moment les deux coques peuvent ce heurter. Çà va vite, ils laissent le kayak aux anglais du moins il me semble. On me donne des vêtements secs et une couverture. Je sais que récupérer n'est plus qu'une question de temps. Arrimé à des fauteuils de formule 1 le pilote envoie les gaz. Ils sont tous accroché dans des harnais moi je voltige sur la banquette. Nous tapons les vagues avec une puissance terrible. Je ne contrôle plus rien alors je me concentre sur mon moi. Au port une ambulance m'attends, je n'ai même pas le temps de dire au revoir et merci que déjà la course reprend. Les gyrophares hurlent, il fait 29° et j'ai des couvertures sur moi pourtant je grelotte toujours. J'ai le sourire, il faut juste que je sois patient, mon corps réagit bien, je le sens. A l'hôpital je reprends enfin le contrôle et demande à boire, une couverture. Enfin c'est la douche quand les tremblements s'arrêtent, d'abord froide puis de plus en plus chaude. Je mange un peu. J'essaye de dormir mais je suis trop sous tension.
Changement de fin de voyage RIBERA
Je suis à l'hôpital quand j'apprends que mon kayak est de l'autre coté de la baie. soit à 35 kilomètres par la mer mais à plus de cent par terre. Je n'ai que les vêtements qu'on m'a prêté, pas de papier, pas d'argent, pas de chaussure. C'est la zone pourtant tout va bien, j'ai même un sacré sourire. Les gens de l'hosto sont prêt à me payer le bus sauf qu'il n'y en a pas. Il y a un trou à combler le tout est de trouver la manière. Là , j'appelle mon assurance, bien sûr je n'ai pas de téléphone. C'est Fernando qui m'aide sauf que ce que croyons simple va devenir bien plus compliqué et plus long que mon sauvetage. Enfin un taxi arrive et m'emporte chercher mes affaires.
SANXENXO kayak-postal et yacht du roi
C'est ici que je retrouve le kayak. Lunettes, GPS cassé,Mousses égarées avec un bidon étanche. Quelques coups sur la coque et c'est tout. Il ne se serait rien passé ce serait presque pareil. Les gens du port me facilitent vraiment les choses et c'est un plaisir que de passer au milieu des yachts de luxe. Il y a même l'emplacement pour le bateau du roi. Mais il n'est pas là . Je me change, prends ce qui m'est nécessaire et laisse le kayak. Je viendrais le chercher en rentrant en France
Bonne nuit
PADRON RIO ULLA
A 11 heures je suis devant l'auberge, qu'elle journée. Demain je finis le voyage et dimanche ce sera la route vers la France.
fin ou presque.
SANTIAGO
Je me retrouve enfin face à la cathédrale. L'histoire pourrait finir ainsi mais ce fut bien plus compliqué que cela. Pour savoir il faudra acheter le livre...
Remerciements.
Gracias a Maria-José, Alejandra, Olga, Alberto, Fernando, los Jesus, los Luis, los Coruà±eros , Jorge i su equipo, Ignaki, Jean des vosges, josep, los de Santa Marià±a....