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baignades (suite)

Publié : sam. janv. 13, 2007 8:53 am
par Pierre
Il y a quelques années, des copains, excellents kayakistes, avaient fait un week end sécu par mauvaise mer et vent soutenu, au cours duquel ils avaient testé systématiquement les diverses méthodes de récupération en conditions difficiles (les plus propices justement, aux chavirages intempestifs)
Selon leur rapport, ce n'était pas de la tarte. Le plus dur étant de vider les kayaks et de repartir.
Leur conclusion était la suivante. "La meilleure technique de sécurité est encore d'éviter de chavirer"

Re : baignades (suite)

Publié : mer. août 08, 2007 5:59 am
par Erwan
il y a un bon article sur ce sujet dans les archives du magazine "Wavelength" (Canada), en anglais ici : http://www.wavelengthmagazine.com/2005/am05neigh.php
J'en avais fait une traduction en français dans un numéro de CK/Mer, je ne sais plus trop lequel.

Re : baignades (suite)

Publié : mer. août 08, 2007 8:40 am
par Pierre
Pourrais-tu nous en donner quelques extraits?

Re : baignades (suite)

Publié : mer. avr. 02, 2008 8:21 pm
par Erwan
Envertueux
Ou comment j'ai arrêté de m'en faire à  propose de dessalage

Par Bryan Nichols (c)
Traduction Erwan

Une des plus grosses erreurs que j'ai faites lorsque j'ai commencé à  naviguer fut de rester à  l'endroit. J'était précautionneux, naviguais sur des bateaux stables, et ne m'aventurais jamais dans des conditions qui soient susceptibles de me faire dessaler dans des eaux froides. J'étais bon pour rester debout. Très bon même. Tellement bon que je ne dessalais jamais. Après un petit peu de temps, je n'était même jamais proche de dessaler, mes réflexes et la stabilité de mon bateau me tenaient à  l'endroit, en sécurité.

Paradoxalement, un des dangers du kayak de mer provient de sa facilité au premier abord. Une fois dépassée l'apréhension de se retrouver engoncé dans un tel siège, vous réalisez combien facile, serein et paisible le kayak peut se révéler. Vous partez sur l'eau à  bord d'un yacht miniature, et rien ne peut arriver. Alors, qu'est qu'il y a de si difficile là  dedans ? Tout le monde peut le faire !

Malheureusement, dans "kayak de mer", il y a "mer", et celle-ci n'est pas toujours calme et sereine, et même dans ce cas cela peut nous donner un faux sentiment de sécurité. J'ai passé assez de temps sur l'océan pour savoir que tout peut changer rapidement et radicalement, donc je ne me suis jamais laissé prendre à  ce sentiment. Mais les conditions qui me paraissaient sécurisantes ne mettaient pas à  l'épreuve mes talents de kayakistes. Il faut bien l'avouer, la jupette bien ajustée, la peur de se retrouver à  l'envers, et cette eau froide et verte du pacifique nord-ouest, rien de cela ne donne trop envie de trop gîter. Mais à  force de l'éviter, comment faire progresser sa technique ?

Se jetter dans la gueule de la tempête ?

Hum, non, pas vraiment. Il y a des voies qui pardonnent plus que celle-ci. Si le vent et les vagues seront des bons tests de votre capacité à  rester à  l'endroit, ils pourraient aussi devenir un test de survie. C'est pourquoi d'une manière ou d'une autre, il vous faut abandonner cette habitude de rester à  l'endroit. Comme il est impossible de gouverner l'océan, et plus vous pagayez, plus vos appuis seront testés à  l'improviste. A l'endroit, cela ira, mais l'apprentissage sera beaucoup plus riche et rapide une fois que vous aurez commencé à  vous pencher franchement.

Gîtes, appuis et chavirage

Ces mots vous remplissent-ils de peur ? Pour avoir été guide au Belize, je peux vous dire que bien des kayakistes craignent de se pencher sur l'eau. J'ai rencontré pas mal de gens qui naviguent régulièrement et qui ont fait des randonnées impressionnantes, mais qui sont horrifiées à  l'idée de se retourner pour un exercice. Depuis quand ne l'ont ils pas fait ? Certains ne l'ont même jamais fait, pour d'autres, cela date de leurs premières sorties en kayak. Après cela, tout comme moi, ils sont devenus très bons pour rester à  l'endroit, et l'idée de se laisser dessaler pour se retrouver à  l'envers sous l'eau les fait suer d'angoisse.

Mais peut-être était-ce à  cause de la chaleur au Belize. Quoi qu'il en soit, ces kayakistes nord-américains se faisaient souvent prier pour se retourner. Après une ou deux sorties mouillées, et une bonne semaine à  plonger à  partir de leur kkayak, la plupart avaient dépassé cette peur. Ils étaient sur le chemin d'améliorer leurs appuis et techniques de sécurité, devenant ainsi des kayakistes meilleurs et plus sûrs.

Bien sur, la chaleur des eaux tropicales est appréciable, mais pas essentielle. L'hypothermie est bien entendu une des raisons pour lesquelles nous évitons de trop dessaler en Amérique du nord. Beaucoup de personnes ont du mal à  remonter dans leur kayak, et l'eau froide peut être fatale. L'entraînement dans ces eaux froides requiert de la préparation du bon sens. Si vous n'êtes pas très aventureux, il vous faudra faire appel à  un guide pour les entraînements.

Quel que soit votre choix, il faut vous renverser de temps en temps. Nous disposons de piscines, de l'été ou de vêtements adéquats pour atténuer la morsure de l'eau froide, aucune excuse donc pour rester à  la verticale. Pour nombre d'entre nous, une lecon avec un ami plus expérimenté ou un BE kayak est la solution la meilleure pour apprendre. Ensuite, de votre côté, je vous propose 10 tuyaux pour vous maintenir à  distance de la position verticale. Essayez les à  la fin d'une sortie, lorsqu'il vous est facile de vous réchauffer par la suite. Essayez en eaux peu profondes, par une chaude journée, ou bien lorsque vous êtes bien encadrés. Dans une combinaison sèche ou dans du néoprène, essayez les.

1. Penchez vous
Commencons par la base : penchez vous tout simplement. Jusqu'où osez vous ? Plus vous serez terrifiés, moins vous irez loin. Poussez vos limites, vous serez surpris de voir jusqu'où vous pouvez aller, et en apprendrez sur la stabilité primaire de votre bateau. Si vous allez suffisament loin, ce sera aussi une occasion de réapprendre à  vous récupérer.

2. Contre un rebord
Il n'est pas impératif de se mouiller pour apprendre à  se pencher. Mettez la main sur le quai, la cale, quelquechose de stable. Attrapez le, et penchez vous. Plus loin, encore plus loin. Encore plus. Trouvez le point de non-retour, le point où, sans le quai, vous passeriez à  l'envers. Faites ceci souvent.

3. Avec l'étrave d'un partenaire
Une des meilleures manières de tester votre bassin ainsi que l'étanchéité de votre jupette, c'est de former un T entre votre bateau et celui d'un partenaire. Attrapez son étrave et penchez vous. A la renverse, embrassez l'eau. Avec un rien d'essais, vous pouvez vous retourner complètement, sans lâcher prise, et vous rétablir. Pour aborder l'eskimotage, essayez cette manoeuvre avec un mouvement de bassin et un appui léger sur l'étrave.

4. Auto-récupérations
Si vous êtes allés trop loin, vous êtes renversés, profitez en pour pratiquer les auto-récupérations, sans aide extérieure. Il y a bien des manières de faire cela, plus vous répétez ces gestes, plus ils seront faciles.

5. Récupérations
Mais ne négligez pas non plus vos partenaires, surtout si vous sortez souvent avec les mêmes. Dessalez et demandez leur de vous aider à  remonter dans le kayak. Ici encore il y a de nombreuses options, et vous trouverez rapidement celles qui vous conviennent le mieux. Il vous faut devenir à  l'aise dans ces manoeuvres.

6. Appui en poussée
Maintenant que vous savez jusqu'où vous pouvez gîter (et ce qu'il convient de faire au delà ), il est temps de vous servir de la pagaie. Demandez à  quelqu'un de vous montrer cet appui. Ensuite, penchez vous et essayez. Penchez vous loin, et utilisez ce geste. Il vous faut pouvoir rattraper une gîte qui sinon vous ferait chavirer.

7. Appui en suspension
Prochaine étape : apprenez l'appui en suspension (serrez les coudes !). Avec un peu d'entraînement, vous devez pouvoir mouiller la tête, et vous relever. Qui parle de faire des miracles ? Un bon coup de reins et une bonne technique feront l'affaire. Cet entraînement vous donnera plus de latitude pour vous pencher dans les vagues, et impressionnera les témoins de vos exploits en eaux plus calmes.

8. Apprenez à  eskimoter
Même si l'eskimotage est une méthode de sécurité un peu surfaite, sa maîtrise est un bon moyen de devenir plus sûr et plus confiant. Si vous savez eskimoter, se pencher n'est plus tellement terrifiant. Lorsque l'eau est froide, c'est probablement le meilleur moyen de développer ses appuis. Si un appui échoue, au lieu de devoir nager, vous récupérer, et pomper, il vous suffit d'eskimoter et de reprendre vos exercices. Si vous aimez l'adrénaline, l'eskimotage vous ouvre les portes du surf et des veines d'eau.

9. Allez au sud
D'accord, ce n'est pas toujours possible. Mais malgré mes explications, plein de gens iront s'équiper, prendre la mer, sentir combien l'eau est froide, et pour finir resteront pagayer à  l'endroit. Alors mettez quelques piastres de côté et allez vers des eaux plus chaudes, là  où tous ces exercices sont un peu moins intimidants. Faites juste attention à  pouvoir louer un kayak approprié pour l'exercice, car de nombreuses destinations tropicales n'offrent que des sit-on-top.

10. Attaquez le surf
Du petit surf capable de bercer votre petit monde à  celui capable de vous expédier dans l'autre monde, il y a de quoi vous amuser. Le surf demande une bonne préparation et un peu de condition physique, mais les bénéfices en sont nombreux, parmi lesquels de fortes doses d'adrénaline, et l'ivresse de dominer la vague. Dans toutes ses variantes, le surf est un vrai test complet de votre technique, il est même difficile d'imaginer un environnement plus propice pour améliorer rapidement vos appuis.

Re : baignades (suite)

Publié : mer. avr. 02, 2008 11:40 pm
par Jean-Pierre56
Très beau programme avec progression des difficultés.
Et, Bravo pour la traduction, Erwan.

Re : baignades (suite)

Publié : jeu. avr. 03, 2008 8:08 am
par Jean-Yves
Merci Erwan pour la traduction.

Re : baignades (suite)

Publié : ven. avr. 04, 2008 7:54 pm
par Christophe29
Jean-Pierre56 a écrit :Très beau programme avec progression des difficultés.
Et, Bravo pour la traduction, Erwan.
Bien d'accord avec Jean Pierre, et merci à  Erwan pour cette traduction.

Perso, j'ai compris pleins de choses en pratiquant des entrainements de ce genre, après avoir décidé qu'il ne suffisait pas d'être un bon "qui ne se mouille pas!" :)

Re : baignades (suite)

Publié : sam. avr. 05, 2008 11:05 am
par Erwan
Je précise, à  la demande de Guy que cet article était dans le bulletin CK/mer n° 108, décembre 2005, p. 41 à  42 ! C'est important car il y a plein de bons trucs dans ce bulletin, alors abonnez vous !

Bonnes nav à  tous.