FEUILETON GALICE 2009 Mardi 11 Aout
Publié : mar. févr. 09, 2010 9:25 am
MARDI 11 aout
GRASSE MATINà‰E
Les municipaux venant nettoyer nonchalamment la plage arrivent alors que j'essaie de faire la grasse matinée. Après eux je trouverai encore beaucoup de petits détritus. J'espère que demain ils trouveront mon tas. Des machos brutaux en 4x4 mettent à l'eau un bateau par la plage : du bruit, de la fumée, des roues qui s'ensablent, des conseils hurlés, des ornières sur le sable. Tout ça pour encore sortir quelque chose de l'eau, ça se sent. Mais ceux-ci ne sont tout de même pas aussi matinaux que leurs homologues français.
Montefaro: je repars de derrière cette presqu'ile

Vue depuis le Montefaro vers mon bivouac au centre.

INCONSCIENCE
Je prends mon temps en prenant pas mal de photos du coin. Je ne mettrai à l'eau que quand apparaitra un porteur. Pourtant je ne sais pas encore que ce sera une longue journée. Quand je pars la brise thermique est établie. Je n'ai rien contre. Le cap Prior que je vois luire à 6 milles, je l'avais rasé en 2007. Cette fois plus je m'en approche, plus les éléments de radicalisent. Je dois redoubler d'attention. Je ne vois pas de pêcheur à la ligne, escaladeurs. Avant c'était ici que l'on se débarrassait des voitures. Son phare à 107 m porte à 22 milles. Un Canadair vire au dessus du cap. A l'Ouest il y a des baies abritées pour écoper.
Cap Prior vu de l'Est

cap Prior vu d'avion

Cap prior vu du son pied.
Passé le cap, on découvre un nouveau panorama jusqu'à 50 km. Je permute mes cartes. Au sud les rias de Ferol, Betanzos et la Corogne où je suis passé les fois précédentes. Avec chaque fois une pose à Portià±o où les pêcheurs propres sur eux, se servent de la petite plage au pied du môle comme d'une poubelle. Je crains encore de m'y énerver.
La Tour Hercules réplique d'un très ancien phare à la Corogne: vue jusqu'au cap Prior (au fond)

A l'ouest on devine à 50 km le cap Saint Adrien et les Iles Sisargas qui s'en détachent. Entre les 2 extrêmes : Caià²n où j'ai bivouaqué en 2004 puis piqueniqué en 2007 . A l'abri du vent ressenti à l'Ouest du cap Prior, je prends un peu légèrement la décision de traverser jusqu'à Caià²n vent de dos. Je ne fais pas le calcul qui donne 25 milles depuis Meigas. Caià²n , je ne le vois pas, mais je sais qu'il est dans le banc de brume du littoral. Ma carte indique une éminence à 387m dans l'arrière pays. Ce point haut à mi chemin de Sisargas (bien distinct) et Caià²n (caché par la brume), me permet d'estimer mon point d'atterrissage heureusement sous le vent. Cependant , ce sommet non situé sur le littoral faussera en permanence mon estimation.
Eloigné du cap Prior, le vent retrouve sa force normale et il est vrai qu'elle n'a pas molli. Une vedette de la Guardia Civil se dirige vers le Ketch qui traine à 300 m de moi. Les gendarmes s'arrêtent. Le faisant ils vont peut être m'apercevoir. Mais ils continuent sans tarder leur route vers le Nord.
La mer grossit démesurément, c'est la plus forte depuis le départ. Elle ne donne aucun signe d'affaiblissements et comme elle va se fracasser sur une rive acore, il n'y a rien à espérer.
SURF a gogo
Régulièrement, une déferlante s'abat sur le pont arrière et me baigne l'abdomen. Au bout d'un moment en chronométrant leur passage j'arrive à les prédire. Je pense qu'il s'agit de force 5 avec rafales de l'ordre de 6. La voile est très bien gonflée. Quand la poupe ce soulève, je n'ai quasiment qu'à baisser le menton pour lancer le kayak dans un surf de 10, 12 ou 14 secondes me permettant de rattraper une vague précédente, voire une troisième. Le poids du kayak permet cette prise de vitesse en tombant du dos de la vague et c'est aussi l'inertie de ce poids qui permet de maintenir l'ère. Cependant comme ces vagues ne sont pas parfaitement dans l'axe, je dois faire beaucoup d'effort pour garder le cap et économiser les reprises de cap. Ces pertes de temps ne sont pas compensées par les accélérations. Si bien qu'à la cinquième heure, je décide d'affaler la voile et le kayak retrouve sa manœuvrabilité coutumière. J'aurai du le faire plus tôt. J'en déduit que dans ce cas de fort vent arrière une voile Kiwi doit rendre le kayak plus facile à manier. J'envisage de créer une emplanture de mat à l'avant pour y placer mon tape-cul dans ce cas-là . On l'appellera comment ?
SPECTATEURS
Un plaisancier en voilier a du remarquer mes surfs car il fait venir sa femme sur le pont avec un appareil photo. Ses voiles sont arisées. Il vient sans doute de la Corogne. Plus loin je verrai un autre Français encore plus arrisé et pourtant rapide, se dirigeant vers la Corogne.
Quand on rode près d'un grand port, il faut s'attendre à voir du trafic. C'est ce qui m'arrive de nouveau dans cette baie. Un super tanker à l'horizon. Nos routes se croisent indubitablement. Sa vitesse me parait énorme alors qu'il atterrit. J'ai l'impression qu'il vient sur moi. J'oblique vers l'Ouest, pour enfin distinguer son flanc.
PUFFIN TU DORS
Au creux d'une vague dans cette furie, je tombe sur un Puffin endormi, bec sous l'aile. En sortant l'appareil photo de ma poche, le bruit du velcro l'éveille. Il redresse sa tête, me voit, reprend ses esprits et en un instant se met à voler. Au décollage ses pattes pédalent, je les vois une seconde marcher sur l'eau. Ensuite, comme à chaque rencontre de Puffin, il se met à jouer de l'aérodynamique des vagues et de mon équipage pour effectuer une danse de plusieurs minutes que j'interprète comme un salut amical.
GRASSE MATINà‰E
Les municipaux venant nettoyer nonchalamment la plage arrivent alors que j'essaie de faire la grasse matinée. Après eux je trouverai encore beaucoup de petits détritus. J'espère que demain ils trouveront mon tas. Des machos brutaux en 4x4 mettent à l'eau un bateau par la plage : du bruit, de la fumée, des roues qui s'ensablent, des conseils hurlés, des ornières sur le sable. Tout ça pour encore sortir quelque chose de l'eau, ça se sent. Mais ceux-ci ne sont tout de même pas aussi matinaux que leurs homologues français.
Montefaro: je repars de derrière cette presqu'ile

Vue depuis le Montefaro vers mon bivouac au centre.

INCONSCIENCE
Je prends mon temps en prenant pas mal de photos du coin. Je ne mettrai à l'eau que quand apparaitra un porteur. Pourtant je ne sais pas encore que ce sera une longue journée. Quand je pars la brise thermique est établie. Je n'ai rien contre. Le cap Prior que je vois luire à 6 milles, je l'avais rasé en 2007. Cette fois plus je m'en approche, plus les éléments de radicalisent. Je dois redoubler d'attention. Je ne vois pas de pêcheur à la ligne, escaladeurs. Avant c'était ici que l'on se débarrassait des voitures. Son phare à 107 m porte à 22 milles. Un Canadair vire au dessus du cap. A l'Ouest il y a des baies abritées pour écoper.
Cap Prior vu de l'Est
cap Prior vu d'avion
Cap prior vu du son pied.

Passé le cap, on découvre un nouveau panorama jusqu'à 50 km. Je permute mes cartes. Au sud les rias de Ferol, Betanzos et la Corogne où je suis passé les fois précédentes. Avec chaque fois une pose à Portià±o où les pêcheurs propres sur eux, se servent de la petite plage au pied du môle comme d'une poubelle. Je crains encore de m'y énerver.
La Tour Hercules réplique d'un très ancien phare à la Corogne: vue jusqu'au cap Prior (au fond)

A l'ouest on devine à 50 km le cap Saint Adrien et les Iles Sisargas qui s'en détachent. Entre les 2 extrêmes : Caià²n où j'ai bivouaqué en 2004 puis piqueniqué en 2007 . A l'abri du vent ressenti à l'Ouest du cap Prior, je prends un peu légèrement la décision de traverser jusqu'à Caià²n vent de dos. Je ne fais pas le calcul qui donne 25 milles depuis Meigas. Caià²n , je ne le vois pas, mais je sais qu'il est dans le banc de brume du littoral. Ma carte indique une éminence à 387m dans l'arrière pays. Ce point haut à mi chemin de Sisargas (bien distinct) et Caià²n (caché par la brume), me permet d'estimer mon point d'atterrissage heureusement sous le vent. Cependant , ce sommet non situé sur le littoral faussera en permanence mon estimation.
Eloigné du cap Prior, le vent retrouve sa force normale et il est vrai qu'elle n'a pas molli. Une vedette de la Guardia Civil se dirige vers le Ketch qui traine à 300 m de moi. Les gendarmes s'arrêtent. Le faisant ils vont peut être m'apercevoir. Mais ils continuent sans tarder leur route vers le Nord.
La mer grossit démesurément, c'est la plus forte depuis le départ. Elle ne donne aucun signe d'affaiblissements et comme elle va se fracasser sur une rive acore, il n'y a rien à espérer.
SURF a gogo
Régulièrement, une déferlante s'abat sur le pont arrière et me baigne l'abdomen. Au bout d'un moment en chronométrant leur passage j'arrive à les prédire. Je pense qu'il s'agit de force 5 avec rafales de l'ordre de 6. La voile est très bien gonflée. Quand la poupe ce soulève, je n'ai quasiment qu'à baisser le menton pour lancer le kayak dans un surf de 10, 12 ou 14 secondes me permettant de rattraper une vague précédente, voire une troisième. Le poids du kayak permet cette prise de vitesse en tombant du dos de la vague et c'est aussi l'inertie de ce poids qui permet de maintenir l'ère. Cependant comme ces vagues ne sont pas parfaitement dans l'axe, je dois faire beaucoup d'effort pour garder le cap et économiser les reprises de cap. Ces pertes de temps ne sont pas compensées par les accélérations. Si bien qu'à la cinquième heure, je décide d'affaler la voile et le kayak retrouve sa manœuvrabilité coutumière. J'aurai du le faire plus tôt. J'en déduit que dans ce cas de fort vent arrière une voile Kiwi doit rendre le kayak plus facile à manier. J'envisage de créer une emplanture de mat à l'avant pour y placer mon tape-cul dans ce cas-là . On l'appellera comment ?
SPECTATEURS
Un plaisancier en voilier a du remarquer mes surfs car il fait venir sa femme sur le pont avec un appareil photo. Ses voiles sont arisées. Il vient sans doute de la Corogne. Plus loin je verrai un autre Français encore plus arrisé et pourtant rapide, se dirigeant vers la Corogne.
Quand on rode près d'un grand port, il faut s'attendre à voir du trafic. C'est ce qui m'arrive de nouveau dans cette baie. Un super tanker à l'horizon. Nos routes se croisent indubitablement. Sa vitesse me parait énorme alors qu'il atterrit. J'ai l'impression qu'il vient sur moi. J'oblique vers l'Ouest, pour enfin distinguer son flanc.
PUFFIN TU DORS
Au creux d'une vague dans cette furie, je tombe sur un Puffin endormi, bec sous l'aile. En sortant l'appareil photo de ma poche, le bruit du velcro l'éveille. Il redresse sa tête, me voit, reprend ses esprits et en un instant se met à voler. Au décollage ses pattes pédalent, je les vois une seconde marcher sur l'eau. Ensuite, comme à chaque rencontre de Puffin, il se met à jouer de l'aérodynamique des vagues et de mon équipage pour effectuer une danse de plusieurs minutes que j'interprète comme un salut amical.






