Négociation des Quotas Européens "On ne négocie pas avec la Nature"
Publié : mar. déc. 14, 2010 10:34 am
-ce n'est pas du kayak? allez savoir! Nous sommes tous concernés.
Ce WE j'ai sorti de mon kayak une boite de sardines pour pic-niquer à l'île Valhuec.
à‰videment que respecter des quotas à la baisse est mal perçu par ceux dont c'est le gagne pain mais sans ce respect ce ne sera bientôt plus un gagne pain pour personne. On l'a déjà provoqué des extinctions d'espèces (la Morue, etc.) et on continue à ne pas en tirer de leçon.
Samedi soir dans le bar de Houat, peuplé uniquement de marins-pêcheur artisanaux , l'un d'eux exprimait son sentiment de révolte et d'injustice quand des chalutiers anglais raflent des Tonnes de bars sur les frayères et les écoulent dans plusieurs ports français pour contourner les Quotas par port. Résultat le cours du bar baisse, les invendus finissent en farine pour la pisciculture. Lui, pêcheur de bar de ligne, se sent lésé et impuissant à changer.
La mer n'est pas infinie qu'on se le dise et se le répète.
Le télégramme de Brest.
Comme chaque année, les ministres de l'Union européenne ont entamé hier leurs âpres négociations sur les quotas de pêche. Plus que jamais, la partie s'annonce serrée.
Correspondance à Bruxelles.
La partie est rarement facile pour les pêcheurs venus défendre chaque fin d'année à Bruxelles leurs droits de pêche, lors du traditionnel conseil des ministres de la pêche de fin d'année. 2010 ne fera pas exception. Maria Damanaki, la commissaire grecque, qui a pris en février le relai du Danois Joe Borg, se montre encore plus décidée que son prédécesseur à tout faire pour assurer la reconstitution des stocks dans les eaux européennes. «Elle veut terminer son mandat en disant: j'ai sauvé les poissons. Les entreprises et les hommes ne comptent pas», déplorait hier soir Pierre-George Dachicourt, le président du Comité national des pêches (CNPMEM). La négociation s'annonce difficile. Estimant que six stocks de poissons sur 10 étaient actuellement menacés car surexploités, la Commission a proposé une baisse moyenne des quotas de 10%. Cette baisse atteint 50% pour le cabillaud en mer du Nord. Bruxelles met en outre l'accent sur la réduction de l'effort de pêche qui peut aller jusqu'à moins 15 ou 18%. «On ne négocie pas avec la nature», avait dit la commissaire grecque le mois dernier.
Marge réduite
«Pour un artisan qui travaille en Mer du Nord, cela veut dire qu'il ne pourra plus être en mer que 155 ou 160 jours au lieu de 180», explique Pierre-Georges Dachicourt. «Quand la Commission ne peut plus verrouiller les quotas, elle réduit l'effort de pêche», dit-il. Hier soir, les professionnels rencontraient le ministre Bruno Le Maire. Sa marge de manoeuvre s'annonce réduite. Le Conseil pêche reste une négociation à vingt-sept. Mais Paris regrette ce qu'il considère comme une surenchère de la Commission sur les avis scientifiques du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM).
à‰couter les scientifiques
«Je ne suis pas au fond de la mer à compter les poissons, pas plus que la Commission, il faut s'en tenir aux avis scientifiques», a dit hier le ministre. La baisse du quota de sole en Manche Est (-1%) ou la langoustine en Sud Bretagne (-15%) est considérée comme injustifiée. «On devrait plutôt distribuer les bons points», estime André Guéguen, le directeur de l'Organisation de pêcheries de l'Ouest Bretagne. «Mais c'est une carte dans le jeu de la Commission», dit-il. Le plan de reconstitution du cabillaud se traduit également par une baisse de la pêche de 15 à 50% selon les zones. Les négociations devaient se poursuivre hier dans la soirée et aujourd'hui. Les organisations environnementales, elles, critiquent comme chaque année la révision à la hausse des possibilités de pêche proposées par la Commission. «Le Conseil devrait aller au-delà de ce que propose la Commission qui ignore 30% des avis scientifiques», estimait hier l'ONG Océana.
Ce WE j'ai sorti de mon kayak une boite de sardines pour pic-niquer à l'île Valhuec.
à‰videment que respecter des quotas à la baisse est mal perçu par ceux dont c'est le gagne pain mais sans ce respect ce ne sera bientôt plus un gagne pain pour personne. On l'a déjà provoqué des extinctions d'espèces (la Morue, etc.) et on continue à ne pas en tirer de leçon.
Samedi soir dans le bar de Houat, peuplé uniquement de marins-pêcheur artisanaux , l'un d'eux exprimait son sentiment de révolte et d'injustice quand des chalutiers anglais raflent des Tonnes de bars sur les frayères et les écoulent dans plusieurs ports français pour contourner les Quotas par port. Résultat le cours du bar baisse, les invendus finissent en farine pour la pisciculture. Lui, pêcheur de bar de ligne, se sent lésé et impuissant à changer.
La mer n'est pas infinie qu'on se le dise et se le répète.
Le télégramme de Brest.
Comme chaque année, les ministres de l'Union européenne ont entamé hier leurs âpres négociations sur les quotas de pêche. Plus que jamais, la partie s'annonce serrée.
Correspondance à Bruxelles.
La partie est rarement facile pour les pêcheurs venus défendre chaque fin d'année à Bruxelles leurs droits de pêche, lors du traditionnel conseil des ministres de la pêche de fin d'année. 2010 ne fera pas exception. Maria Damanaki, la commissaire grecque, qui a pris en février le relai du Danois Joe Borg, se montre encore plus décidée que son prédécesseur à tout faire pour assurer la reconstitution des stocks dans les eaux européennes. «Elle veut terminer son mandat en disant: j'ai sauvé les poissons. Les entreprises et les hommes ne comptent pas», déplorait hier soir Pierre-George Dachicourt, le président du Comité national des pêches (CNPMEM). La négociation s'annonce difficile. Estimant que six stocks de poissons sur 10 étaient actuellement menacés car surexploités, la Commission a proposé une baisse moyenne des quotas de 10%. Cette baisse atteint 50% pour le cabillaud en mer du Nord. Bruxelles met en outre l'accent sur la réduction de l'effort de pêche qui peut aller jusqu'à moins 15 ou 18%. «On ne négocie pas avec la nature», avait dit la commissaire grecque le mois dernier.
Marge réduite
«Pour un artisan qui travaille en Mer du Nord, cela veut dire qu'il ne pourra plus être en mer que 155 ou 160 jours au lieu de 180», explique Pierre-Georges Dachicourt. «Quand la Commission ne peut plus verrouiller les quotas, elle réduit l'effort de pêche», dit-il. Hier soir, les professionnels rencontraient le ministre Bruno Le Maire. Sa marge de manoeuvre s'annonce réduite. Le Conseil pêche reste une négociation à vingt-sept. Mais Paris regrette ce qu'il considère comme une surenchère de la Commission sur les avis scientifiques du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM).
à‰couter les scientifiques
«Je ne suis pas au fond de la mer à compter les poissons, pas plus que la Commission, il faut s'en tenir aux avis scientifiques», a dit hier le ministre. La baisse du quota de sole en Manche Est (-1%) ou la langoustine en Sud Bretagne (-15%) est considérée comme injustifiée. «On devrait plutôt distribuer les bons points», estime André Guéguen, le directeur de l'Organisation de pêcheries de l'Ouest Bretagne. «Mais c'est une carte dans le jeu de la Commission», dit-il. Le plan de reconstitution du cabillaud se traduit également par une baisse de la pêche de 15 à 50% selon les zones. Les négociations devaient se poursuivre hier dans la soirée et aujourd'hui. Les organisations environnementales, elles, critiquent comme chaque année la révision à la hausse des possibilités de pêche proposées par la Commission. «Le Conseil devrait aller au-delà de ce que propose la Commission qui ignore 30% des avis scientifiques», estimait hier l'ONG Océana.
- Florence Autret
