Il y a un peu plus de dix ans, un ami d'enfance est mort, en marche d'approche en montagne. C'était une de ces personnes qui irradient autour d'elles, qui donnent envie plus qu'elles ne donnent l'exemple…
Il y a trois ans un ami me propose de faire le quatrième dans une expé de kayak de mer au Spitzberg. L'expé est organisée par un maître du polaire et de la logistique, quelqu'un devenu depuis un ami. J'hésite, autant que j'ai envie. Et puis le souvenir de mon ami décédé, qui avait fait des expés en kayak de mer dans le grand nord canadien ainsi que la traversé Ushuaà¯a - Cap horn en 1995, son souvenir donc me rattrape et m'emmène au Spitzberg (je passe les détails, car il y a eu tout un processus de cooptation et de préparation). Depuis cette révélation, j'ai plongé. Je suis depuis retourné au Spitzberg , en solo, histoire d'apprendre encore plus et d'être en capacité, comme cette année, d'emmener à mon tour quelqu'un, en l'occurrence mon frère, lui-même ami d'enfance de la personne décédée en montagne… J'ai écrit sous la tente le récit de ce voyage, et il s'est ainsi inscrit bien profondément en moi (je le relis régulièrement pour me retrouver instantanément au milieu des fjords, des glaces et du vent)…
Nous revenons tout juste de deux jours de formation auprès de manche-ouest, avec de belles conditions de mer !!! S'étaient joints à nous deux nouveaux amis, qui partent dans deux semaines pour 4 à 6 mois de rando KM en autonomie en Patagonie…
Voilà , tout ceci illustre - trop longuement sans doute - ce qu'est pour moi le KM : des rencontres (avec des personnes, des lieux, soi même) et des moments…
C'est aussi le lien avec le passé, avec la mémoire bien vivante d'un ami qui par delà sa mort continue à nous donner envie à ouvrir des portes…
Suivre les petits cailloux…
Sinon, je me suis inscrit ici pour « profiter » de l'expérience des autres…
Apprendre… toujours apprendre… et explorer (car si tout a été découvert, je considère qu'individuellement, presque tout reste à explorer)…
Suivre les petits cailloux...
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- bruno.jullien
- Messages : 282
- Inscription : dim. avr. 01, 2007 12:01 pm
- Localisation : PACA
- Contact :
Re : Suivre les petits cailloux...
Le fait que tu réalises tous ces périples me fait plaisir — je ne fais que quelques ronds dans l'eau à la journée.
De savoir que certains vont au bout de leurs rêves et projets me remplit de joie.
Un bonheur par procuration en quelque sorte.
Donc en ce qui concerne le partage d'expérience, je fais partie de ceux qui auront beaucoup à apprendre de toi en suivant tes petits cailloux.
De savoir que certains vont au bout de leurs rêves et projets me remplit de joie.
Un bonheur par procuration en quelque sorte.
Donc en ce qui concerne le partage d'expérience, je fais partie de ceux qui auront beaucoup à apprendre de toi en suivant tes petits cailloux.
- Oli
- Messages : 1419
- Inscription : lun. juil. 10, 2006 6:42 pm
- Localisation : Finistère Nord, Iroise
- Contact :
Re : Suivre les petits cailloux...
Bienvenue Pascal,
Moi aussi je suis des près cette expé en Patagonie.
Je préfère aussi l'expérience intérieure et amicale que procure une expédition que l'exploit purement sportif.
J'espère que nous te lirons sur ce forum.
Moi aussi je suis des près cette expé en Patagonie.
Je préfère aussi l'expérience intérieure et amicale que procure une expédition que l'exploit purement sportif.
J'espère que nous te lirons sur ce forum.
-
pascal94
- Messages : 3
- Inscription : lun. mars 30, 2009 3:16 pm
- Localisation : marne ; bretagne ; spitzberg
Re : Suivre les petits cailloux...
Merci Oli (et merci également à Bruno pour son message),
Je suis allé sur ton site, et j'y est découvert l'histoire de Andrew Mc Auley... J'ai téléchargé via torrents (oups !) le documentaire entier. J'ai été profondément touché, par cette personne, son histoire.
J'ai eu le sentiment que lui-même, presque dès le départ, a su qu'il entreprenait un voyage au-dessus de lui. Sans pourtant pouvoir s'en empêcher. J'aime sa réponse, autant synthétique qu'allusive à la question " pourquoi ce voyage ? : " parce que j'aime pagayer !". Il y a bien sûr plus que cela, mais beaucoup de cela. Et ce qui m'a frappé le plus, c'est tout ce qui concerne la peur, sa peur. C'est un sentiment que, comme chacun de nous je pense, j'ai bien rencontré durant mon expé solo au Spitzberg. Ma peur étant liée, d'une part à ma faible expérience, mais surtout à la température de l'eau (malgré la combinaison étanche, la perspective de se retrouver dans une eau à 2 / 4 degrés dans une mer mauvaise et seul, m'a fait vraiment peur). En dehors d'un moment, où j'ai été terrifié (car devant me dépêtrer dans une mauvaise mer à cause de vents catabatiques m'ayant surpris dans une zone où je ne pouvais aborder), hors ce moment donc, la peur qui m'a accompagné était plutôt douce et stimulante, invitant à la vigilance permanente et mettant tous les sens en éveil...
Dans le cas de Mac Auley, on ressent une véritable terreur, à plusieurs moments de sa traversée. Et on se dit, qu'il n'a pas voulu cela. Mais peut être n'a-t-il pas su non plus écouter cette sensation au point d'en tirer des conséquences et appeler les secours avant d'être en péril.
Je trouve en tout cas que ce type d'expérience, même tragique, et même s'il s'agit de grands aventuriers, nous aide à notre humble niveau à réfléchir, à penser des questions assez fondamentales du type : pourquoi ? Et jusqu'où ?
Merci de me l'avoir fait découvrir...
Pascal
PS : étant moi-même féru de vélo, je rejoins le commentaire, également sur ton site, concernant les pagaies et la façon de pagayer : lorsque l'on est sur du 3 à 5 heures par jours, qui plus est pendant une longue période, " mouliner " est une façon à la fois douce pour le corps et néanmoins très efficace de pagayer...
Je suis allé sur ton site, et j'y est découvert l'histoire de Andrew Mc Auley... J'ai téléchargé via torrents (oups !) le documentaire entier. J'ai été profondément touché, par cette personne, son histoire.
J'ai eu le sentiment que lui-même, presque dès le départ, a su qu'il entreprenait un voyage au-dessus de lui. Sans pourtant pouvoir s'en empêcher. J'aime sa réponse, autant synthétique qu'allusive à la question " pourquoi ce voyage ? : " parce que j'aime pagayer !". Il y a bien sûr plus que cela, mais beaucoup de cela. Et ce qui m'a frappé le plus, c'est tout ce qui concerne la peur, sa peur. C'est un sentiment que, comme chacun de nous je pense, j'ai bien rencontré durant mon expé solo au Spitzberg. Ma peur étant liée, d'une part à ma faible expérience, mais surtout à la température de l'eau (malgré la combinaison étanche, la perspective de se retrouver dans une eau à 2 / 4 degrés dans une mer mauvaise et seul, m'a fait vraiment peur). En dehors d'un moment, où j'ai été terrifié (car devant me dépêtrer dans une mauvaise mer à cause de vents catabatiques m'ayant surpris dans une zone où je ne pouvais aborder), hors ce moment donc, la peur qui m'a accompagné était plutôt douce et stimulante, invitant à la vigilance permanente et mettant tous les sens en éveil...
Dans le cas de Mac Auley, on ressent une véritable terreur, à plusieurs moments de sa traversée. Et on se dit, qu'il n'a pas voulu cela. Mais peut être n'a-t-il pas su non plus écouter cette sensation au point d'en tirer des conséquences et appeler les secours avant d'être en péril.
Je trouve en tout cas que ce type d'expérience, même tragique, et même s'il s'agit de grands aventuriers, nous aide à notre humble niveau à réfléchir, à penser des questions assez fondamentales du type : pourquoi ? Et jusqu'où ?
Merci de me l'avoir fait découvrir...
Pascal
PS : étant moi-même féru de vélo, je rejoins le commentaire, également sur ton site, concernant les pagaies et la façon de pagayer : lorsque l'on est sur du 3 à 5 heures par jours, qui plus est pendant une longue période, " mouliner " est une façon à la fois douce pour le corps et néanmoins très efficace de pagayer...
- Guillaume-14
- Administrateur
- Messages : 3591
- Inscription : mar. févr. 05, 2008 10:48 am
- Localisation : Normandie, Bretagne, etc.
Re : Suivre les petits cailloux...
Bonjour,
Amateur de Montagne, je ne peux qu'être sensible à la tonalité de ton discours.
Beaucoup de parallèles entre ces deux disciplines, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer...
Bienvenue ici, et à bientot sur l'eau !
Amateur de Montagne, je ne peux qu'être sensible à la tonalité de ton discours.
Beaucoup de parallèles entre ces deux disciplines, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer...
Bienvenue ici, et à bientot sur l'eau !
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pascal94
- Messages : 3
- Inscription : lun. mars 30, 2009 3:16 pm
- Localisation : marne ; bretagne ; spitzberg
Re : Suivre les petits cailloux...
Bonsoir,
Le " maître " (terme que je veux à la fois respectueux et affectueux) qui m'a emmené pour la première fois dans l'artic a souvent fait, comme toi, au cours de notre parcours, le parallèle entre la montagne et le kayak. Sa découverte du kayak l'a amené néanmoins à noter une différence importante. En montagne, même dans des conditions difficiles, il est selon lui (moi je n'y connais rien) possible de se poser, voir même de monter un camp, quand bien même il serait de fortune.
Par contre, quand on est pris en mer à plusieurs kilomètres de la côte dans des conditions qui nous dépassent, il n'est pas possible de faire cette halte. Pas possible de se poser, ni de se reposer, de faire le point à l'arrêt.
De son expérience de montagne, il a émis un principe dont j'ai également depuis fait une règle : il vaut mieux pouvoir dire " j'aurais pu " plutôt que " je n'aurais pas dû ". Ce repère guide chacun de mes départs quotidiens, au moins dans le grand nord : peut-on partir ou non dans les conditions qui se présentent ? Et là il faut savoir résister, entre autres, à l'envie d'avancer.
Là où le kayak et la montagne se rejoignent aussi, c'est dans les glaciers, que l'on côtoie en kayak. Et pour ne pas se contenter des morènes pour les approcher, il faut connaître cet univers très particulier. J'aimerai bien apprendre
A bientôt,
Pascal
Le " maître " (terme que je veux à la fois respectueux et affectueux) qui m'a emmené pour la première fois dans l'artic a souvent fait, comme toi, au cours de notre parcours, le parallèle entre la montagne et le kayak. Sa découverte du kayak l'a amené néanmoins à noter une différence importante. En montagne, même dans des conditions difficiles, il est selon lui (moi je n'y connais rien) possible de se poser, voir même de monter un camp, quand bien même il serait de fortune.
Par contre, quand on est pris en mer à plusieurs kilomètres de la côte dans des conditions qui nous dépassent, il n'est pas possible de faire cette halte. Pas possible de se poser, ni de se reposer, de faire le point à l'arrêt.
De son expérience de montagne, il a émis un principe dont j'ai également depuis fait une règle : il vaut mieux pouvoir dire " j'aurais pu " plutôt que " je n'aurais pas dû ". Ce repère guide chacun de mes départs quotidiens, au moins dans le grand nord : peut-on partir ou non dans les conditions qui se présentent ? Et là il faut savoir résister, entre autres, à l'envie d'avancer.
Là où le kayak et la montagne se rejoignent aussi, c'est dans les glaciers, que l'on côtoie en kayak. Et pour ne pas se contenter des morènes pour les approcher, il faut connaître cet univers très particulier. J'aimerai bien apprendre
A bientôt,
Pascal