rando molene-ouessant-sein
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jluc29
rando molene-ouessant-sein
Juste pour vous donner un avant gout. Film et photos sont en préparation
Bilan: des étapes de 30km de moyenne pour un total de 180km parcourus.
7 jours de pur bonheur avec des passages mythiques comme le Fromveur et le raz de Sein.
Bilan: des étapes de 30km de moyenne pour un total de 180km parcourus.
7 jours de pur bonheur avec des passages mythiques comme le Fromveur et le raz de Sein.
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
la suite.... et fin de cette belle aventure avec 10 kayakers et le CKB
Re : rando molene-ouessant-sein
Impatient de lire tout ca ....
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guillaume29
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- Localisation : Bretagne
Re : rando molene-ouessant-sein
Enorme ! ça laisse rêveur !
- Daniel29
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- Localisation : Cotes Bretonnes
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Re : rando molene-ouessant-sein
Même pas été dire bonjour à Tévénec!!!
Avec le DaP, nos soucis!!!
Avec le DaP, nos soucis!!!
if god had meant us to build fibre-glass boats he would have grown fibre-glass trees...
Kayak Marin
Kayak Marin
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
Daniel29 a écrit :Même pas été dire bonjour à Tévénec!!!
Avec le DaP, nos soucis!!!
Programme chargé... mais nous avons fais une "bise" à la Vieille.
Le compte rendu que prépare une des participantes explique bien tout celà .
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
Voici le résumé concocté par Katell R. qui a su retranscrire notre périple. S'il vous reste un "tenue de mer de retour de rando" n'hésitez pas à l'enfiler avec son odeur si particulière vous aurez ainsi l'impression d'être un peu avec nous....
Il ne manque que les photos qui devraient suivre très bientot.
Un grand merci à elle qui a su tout au long de ces jours passés en mer nous illuminé de sa gentillesse et de sa bonne humeur.
Bonne lecture........
RANDO-KAYAK EN MER D'IROISE"
SEPT JOURS DE RANDONNà‰ES ENTRE OUESSANT ET SEIN
Lundi 10 Août 2009 Le Conquet-Molène 17km
Il est 9 h ce matin et nous sommes sept kayakistes du club de Brest ainsi que trois kayakistes du club de Pornichet à nous préparer à partir de la plage de Porsliogan, entre Le Conquet et la pointe Saint-Mathieu.
Parmi nous, notre moniteur, Dap, Grand Sage des Courants en mer d'Iroise, nous fait le topo de départ : nous allons vivre ensemble une semaine de randonnée nautique, le programme est alléchant ; les îles Molène, Ouessant et Sein que nous devons relier à coups de pagaie en passant par les hauts lieux balayés par nos tempêtes d'hiver, le chenal du Four, le passage du Fromveur, la pointe Saint-Mathieu, la pointe de Pen-Hir, le Cap de la Chèvre, la Pointe du Van, la Baie des trépassés.
Nous sommes perplexes : la météo nous laissera-t-elle réaliser ce programme qui nous semble aussi copieux qu'ambitieux ?
La mer est là , elle n'attend plus que nous. Dans nos kayaks sont rangés les tentes pour les bivouacs, les duvets, les matelas, les vêtements de rechange, les vivres pour le groupe, la bouteille de gaz, les gamelles,...
Tout le monde est prêt vers 11 h et nous commençons notre périple à marée descendante. La mer est calme. Il fait gris mais notre enthousiasme est inattaquable.
Notre première étape est Béniguet. Là , nous pique-niquons après avoir traversé le chenal du Four. Nous remontons d'île en île (Quemenes, Litiriy, Morgol, Ledenez, Trielen) vers Molène qui est notre étape de ce soir. Tous nos sens sont en éveil : l'air est parfumé d'odeurs de goémon, les phoques nous font l'honneur de leur curiosité et les huitriers-pies manifestent leur mécontentement d'être dérangés à notre passage. Où que l'on regarde, tout est beau : nous naviguons dans le silence sur un aquarium exceptionnel ; le décor est minimaliste : du sable, de l'eau salée, de la lumière, et des couleurs dont les nuances feraient pâlir un peintre. Dap nous explique que le mâle dominant chez les phoques émet parfois le cri du loup. C'est assez rare nous explique-t-il. Pour le contredire, un cri du loup se fait entendre du groupe de phoques que nous dépassons. Notre moniteur est aux anges.
Nous atteignons Molène en fin d'après-midi après avoir pagayé 17 kilomètres et nous montons les tentes. Cette première journée nous a vraiment ouvert l'appétit. A notre grand plaisir, nous découvrons que notre moniteur, Grand Sage des Courants est aussi un excellent cuisinier.
Mardi 11 Août Molène-Ouessant 23km
Après une première nuit de repos, c'est Ouessant qui nous attend aujourd'hui. Mais attention..., Ouessant se mérite : en effet, nous devons affronter le courant du Fromveur, dont la réputation n'est plus à faire. Nos légères embarcations munies de nos muscles pour tout moteur vont-elles être à la hauteur de ce défi ? Notre Grand Sage des Courants nous rassurre : nous allons passer juste avant la renverse de marée, quand le courant sera à son minimum. Plein d'enthousiasme, nous quittons Molène par l'Est et visons l'île de Balannec, puis l'île de Bannec qui nous acceuille pour le pique-nique de midi. Entre ces îles, nous pagayons sur de véritables tapis roulants : nous voyons défiler les galets du fond de l'eau à une vitesse vertigineuse ; les coups de pagaie doivent être puissants, énergiques. Nous sommes encore en vives-eaux, le courant est fort et nous ne devons pas nous laisser embarquer. Après le pique-nique de midi sur Bannec, vient le moment d'affrontter le Fromveur : c'est parti pour un tour de manège, comme le dit si bien Rémi. Le courant est à son minimum ; le phare de Kéréon nous surveille, il est à portée de main ; nous vivons un instant magique. Ensuite la mer se creuse ; nous sommes vigilants quant à notre équilibre dans notre kayak ; Sylvie, Marie-Françoise et Katell s'encouragent mutuellement. Nous gouttons aux sensations de glisse que nous offrent nos kayaks. Et voilà , les montagnes russes, c'est fini. Nous l'avons passé ce Fromveur qui rime quand même avec peur. Notre Grand Sage des Courants, Dap, nous mène en baie de Lampaul. Nous établissons notre bivouac en face de la roche Youc'h Korz. La bruine se met à tomber, la corne de brume se réveille mais cela n'entame pas notre bonne humeur : notre moniteur nous a concocté un petit plat qui nous permet de faire contre mauvaise fortune bon coeur, alors... . Demain, nous devons repasser le Fromveur. C'est donc lui qui décide de notre horaire de réveil : ce sera 6h . Aucun retard ne sera permis : le courant ne nous autorise à passer qu'à certaines heures.
Mercredi 12 Août Ouessant-Le Conquet 27 km
Nous sommes donc tous " sur le pont " à 6h ce matin. Tout le monde s'active : il faut déjeuner, s'équiper pour la journée, démonter les tentes, charger les kayaks. Nous embarquons à 8h et pagayons pour retraverser le Fromveur. Nous quittons la baie de Lampaul et nous voilà dans les remous autour des caillous. Une vague surprend deux d'entre nous qui se retrouvent " sur le toit ". Une sortie de route sans gravité. Nous profitons de ce compte rendu pour lancer un avis de recherche : la gamelle de Marie-Françoise est portée disparue à cet endroit précis. Avis aux courageux. Pendant que nos aventurières se changent sur la plage et vident l'eau de leur kayak, un phoque curieux vient nous saluer. Ce matin, la mer est d'huile et le Fromveur fait preuve de clémence : pas de tour de manège comme hier. Nous passons le phare de Kéréon à nouveau et la marée s'inverse. Il nous faut accélérer la cadence si nous ne voulons pas perdre trop d'énergie à pagayer. L'objectif aujourd'hui est de rejoindre le continent, notre plage de départ Porsliogan. Nous devons donc retraverser le chenal du Four. Nous rencontrons de temps à autre, un phoque ou deux. Nous sommes si accoutumés à ces rencontres que Katell, une blonde du groupe, croit voir en chaque bouée de plastique une tête de phoque ! Nous pique-niquons à midi sur Ledenez-Molène et mettons le cap sur Le Conquet. En chemin, nous croisons un vieux gréement aux voiles brunes, la Belle à‰toile de Camaret. Vers 15h, nous débarquons sur la plage de Porsliogan, parmi les familles qui sont venues à la plage. Nous sentons l'intérêt et la bienveillance de la part de nos congénères, nous voilà un peu revenus à la civilisation ! Nous profitons nous aussi de la plage. Autour de nos bateaux, nous étalons tous nos vêtements mouillés pour les faire sécher. " On se croirait à Naples, nous fait remarquer Jean-Luc. Rires. Certains d'entre nous ne résistent pas à l'appel de la douche chaude au club de Brest. Notre moniteur doit faire un complément de courses pour assurrer l'intendance des jours à venir. Bientôt, tous les plagistes sont partis et il est alors temps de monter les tentes pour la nuit. Pour le repas de ce soir, nous avons du poisson. Un goéland surveille la cuisson du repas : c'est un peu la vie sauvage ... . Nous savons que demain, il faudra pagayer sur une longue distance : le parcours nous mènera du Conquet au Cap de la Chèvre. Une bonne nuit s'impose donc. Je ne vous l'ai pas dit mais Dap, notre Grand Chef, dort à côté de son kayak, sous son auvent. Une copine lui a proposé ce soir de dormir dans un vrai lit. Le sens du devoir lui a fait refuser cette proposition et un acte manqué lui a fait monter son auvent à l'envers. Nous compatissons !
.........
à suivre
Il ne manque que les photos qui devraient suivre très bientot.
Un grand merci à elle qui a su tout au long de ces jours passés en mer nous illuminé de sa gentillesse et de sa bonne humeur.
Bonne lecture........
RANDO-KAYAK EN MER D'IROISE"
SEPT JOURS DE RANDONNà‰ES ENTRE OUESSANT ET SEIN
Lundi 10 Août 2009 Le Conquet-Molène 17km
Il est 9 h ce matin et nous sommes sept kayakistes du club de Brest ainsi que trois kayakistes du club de Pornichet à nous préparer à partir de la plage de Porsliogan, entre Le Conquet et la pointe Saint-Mathieu.
Parmi nous, notre moniteur, Dap, Grand Sage des Courants en mer d'Iroise, nous fait le topo de départ : nous allons vivre ensemble une semaine de randonnée nautique, le programme est alléchant ; les îles Molène, Ouessant et Sein que nous devons relier à coups de pagaie en passant par les hauts lieux balayés par nos tempêtes d'hiver, le chenal du Four, le passage du Fromveur, la pointe Saint-Mathieu, la pointe de Pen-Hir, le Cap de la Chèvre, la Pointe du Van, la Baie des trépassés.
Nous sommes perplexes : la météo nous laissera-t-elle réaliser ce programme qui nous semble aussi copieux qu'ambitieux ?
La mer est là , elle n'attend plus que nous. Dans nos kayaks sont rangés les tentes pour les bivouacs, les duvets, les matelas, les vêtements de rechange, les vivres pour le groupe, la bouteille de gaz, les gamelles,...
Tout le monde est prêt vers 11 h et nous commençons notre périple à marée descendante. La mer est calme. Il fait gris mais notre enthousiasme est inattaquable.
Notre première étape est Béniguet. Là , nous pique-niquons après avoir traversé le chenal du Four. Nous remontons d'île en île (Quemenes, Litiriy, Morgol, Ledenez, Trielen) vers Molène qui est notre étape de ce soir. Tous nos sens sont en éveil : l'air est parfumé d'odeurs de goémon, les phoques nous font l'honneur de leur curiosité et les huitriers-pies manifestent leur mécontentement d'être dérangés à notre passage. Où que l'on regarde, tout est beau : nous naviguons dans le silence sur un aquarium exceptionnel ; le décor est minimaliste : du sable, de l'eau salée, de la lumière, et des couleurs dont les nuances feraient pâlir un peintre. Dap nous explique que le mâle dominant chez les phoques émet parfois le cri du loup. C'est assez rare nous explique-t-il. Pour le contredire, un cri du loup se fait entendre du groupe de phoques que nous dépassons. Notre moniteur est aux anges.
Nous atteignons Molène en fin d'après-midi après avoir pagayé 17 kilomètres et nous montons les tentes. Cette première journée nous a vraiment ouvert l'appétit. A notre grand plaisir, nous découvrons que notre moniteur, Grand Sage des Courants est aussi un excellent cuisinier.
Mardi 11 Août Molène-Ouessant 23km
Après une première nuit de repos, c'est Ouessant qui nous attend aujourd'hui. Mais attention..., Ouessant se mérite : en effet, nous devons affronter le courant du Fromveur, dont la réputation n'est plus à faire. Nos légères embarcations munies de nos muscles pour tout moteur vont-elles être à la hauteur de ce défi ? Notre Grand Sage des Courants nous rassurre : nous allons passer juste avant la renverse de marée, quand le courant sera à son minimum. Plein d'enthousiasme, nous quittons Molène par l'Est et visons l'île de Balannec, puis l'île de Bannec qui nous acceuille pour le pique-nique de midi. Entre ces îles, nous pagayons sur de véritables tapis roulants : nous voyons défiler les galets du fond de l'eau à une vitesse vertigineuse ; les coups de pagaie doivent être puissants, énergiques. Nous sommes encore en vives-eaux, le courant est fort et nous ne devons pas nous laisser embarquer. Après le pique-nique de midi sur Bannec, vient le moment d'affrontter le Fromveur : c'est parti pour un tour de manège, comme le dit si bien Rémi. Le courant est à son minimum ; le phare de Kéréon nous surveille, il est à portée de main ; nous vivons un instant magique. Ensuite la mer se creuse ; nous sommes vigilants quant à notre équilibre dans notre kayak ; Sylvie, Marie-Françoise et Katell s'encouragent mutuellement. Nous gouttons aux sensations de glisse que nous offrent nos kayaks. Et voilà , les montagnes russes, c'est fini. Nous l'avons passé ce Fromveur qui rime quand même avec peur. Notre Grand Sage des Courants, Dap, nous mène en baie de Lampaul. Nous établissons notre bivouac en face de la roche Youc'h Korz. La bruine se met à tomber, la corne de brume se réveille mais cela n'entame pas notre bonne humeur : notre moniteur nous a concocté un petit plat qui nous permet de faire contre mauvaise fortune bon coeur, alors... . Demain, nous devons repasser le Fromveur. C'est donc lui qui décide de notre horaire de réveil : ce sera 6h . Aucun retard ne sera permis : le courant ne nous autorise à passer qu'à certaines heures.
Mercredi 12 Août Ouessant-Le Conquet 27 km
Nous sommes donc tous " sur le pont " à 6h ce matin. Tout le monde s'active : il faut déjeuner, s'équiper pour la journée, démonter les tentes, charger les kayaks. Nous embarquons à 8h et pagayons pour retraverser le Fromveur. Nous quittons la baie de Lampaul et nous voilà dans les remous autour des caillous. Une vague surprend deux d'entre nous qui se retrouvent " sur le toit ". Une sortie de route sans gravité. Nous profitons de ce compte rendu pour lancer un avis de recherche : la gamelle de Marie-Françoise est portée disparue à cet endroit précis. Avis aux courageux. Pendant que nos aventurières se changent sur la plage et vident l'eau de leur kayak, un phoque curieux vient nous saluer. Ce matin, la mer est d'huile et le Fromveur fait preuve de clémence : pas de tour de manège comme hier. Nous passons le phare de Kéréon à nouveau et la marée s'inverse. Il nous faut accélérer la cadence si nous ne voulons pas perdre trop d'énergie à pagayer. L'objectif aujourd'hui est de rejoindre le continent, notre plage de départ Porsliogan. Nous devons donc retraverser le chenal du Four. Nous rencontrons de temps à autre, un phoque ou deux. Nous sommes si accoutumés à ces rencontres que Katell, une blonde du groupe, croit voir en chaque bouée de plastique une tête de phoque ! Nous pique-niquons à midi sur Ledenez-Molène et mettons le cap sur Le Conquet. En chemin, nous croisons un vieux gréement aux voiles brunes, la Belle à‰toile de Camaret. Vers 15h, nous débarquons sur la plage de Porsliogan, parmi les familles qui sont venues à la plage. Nous sentons l'intérêt et la bienveillance de la part de nos congénères, nous voilà un peu revenus à la civilisation ! Nous profitons nous aussi de la plage. Autour de nos bateaux, nous étalons tous nos vêtements mouillés pour les faire sécher. " On se croirait à Naples, nous fait remarquer Jean-Luc. Rires. Certains d'entre nous ne résistent pas à l'appel de la douche chaude au club de Brest. Notre moniteur doit faire un complément de courses pour assurrer l'intendance des jours à venir. Bientôt, tous les plagistes sont partis et il est alors temps de monter les tentes pour la nuit. Pour le repas de ce soir, nous avons du poisson. Un goéland surveille la cuisson du repas : c'est un peu la vie sauvage ... . Nous savons que demain, il faudra pagayer sur une longue distance : le parcours nous mènera du Conquet au Cap de la Chèvre. Une bonne nuit s'impose donc. Je ne vous l'ai pas dit mais Dap, notre Grand Chef, dort à côté de son kayak, sous son auvent. Une copine lui a proposé ce soir de dormir dans un vrai lit. Le sens du devoir lui a fait refuser cette proposition et un acte manqué lui a fait monter son auvent à l'envers. Nous compatissons !
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à suivre
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
la suite et fin.....
Jeudi 13 Août Le Conquet-Crozon 37km
C'est le quatrième jour de randonnée qui commence et les automatismes se sont mis en place : on se lève, on se lave, on prend le petit déjeuner, on démonte les tentes et on charge les kayaks. Ce matin, nous sommes sur l'eau vers 10 h et c'est un paysage magique qui s'offre à nous. Nous dépassons la pointe Saint-Mathieu sur une mer d'huile et nous repensons à toutes ces tempêtes d'hiver furieuses et pleines d'écume : est-ce vraiment le même décor ? La marée descend et nous porte vers le goulet de Brest que nous apercevons. Là -bas, c'est le phare du Minou, en face la pointe des Espagnols, la pointe du Toulinguet et la pointe de Pen-hir majestueuse avec ses tas de pois. La vue à 360° nous offre un panorama extraordinaire. Sensations de glisse, bonheur d'être sur l'eau. Rémi propose à notre Grand Sage des Courants de profiter de la marée descendante pour aligner le maximum de kilomètres. Proposition retenue par notre Grand Manitou. Nous pagayons tous de front et les discussions vont bon train : quel plaisir d'être sur l'eau. Et puis, quand les sujets de conversations s'épuisent, nous pagayons chacun dans notre bulle d'évasion, comme le dit si bien Dap, notre Grand Sorcier des Courants. La plage de Pen-hir accueille notre pique-nique du midi. Il est décidé que nous dormirons sur une petite plage près de Crozon ce soir. Nous reprenons donc la mer sur nos embarcations. Nous longeons la plage de La Palud : dans les vagues qui s'écrasent sur la plage flottent des surfeurs. Dap, caméra au poing, filme les facéties des plus téméraires d'entre nous et se sort des vagues avec la pagaie dans une main la caméra dans l'autre : belle performance ! Nous suivons la falaise du cap de la Chèvre, qui nous dévoile ses plus belles grottes. Plaisirs de la découverte et ambiances caverneuses ! Nous atteignons notre plage. Surprise numéro 1 ! Elle est couverte de galets. Quel sera le confort de la nuit ? Surprise numéro 2 ! Il n'y a presque plus de gaz dans notre bonbonne. Ce soir, ce sera pâtes chinoises pour tout le monde : une gamelle d'eau chaude suffira et nous laissera de quoi pour le petit déjeuner de demain matin. Trois ou quatre vedettes chargées de touristes en visite guidée s'arrêtent devant notre plage : Gilles propose de mimer les pingoins pour créer l'attraction. Nicolas se souviendra de sa nuit sur les galets : la plage offre une pente et il a fallu s'accrocher régulièrement dans la nuit pour ne pas glisser. Jouer à premier de cordée n'a pas été de tout repos !
Vendredi 14 Août Crozon-Baie des Trépassés 24km
Dap est parti de bonne heure voir ses amis au club nautique : la caméra doit être rechargée si on veut les images de la suite du périple. Il ne déjeune pas avec nous ce matin mais nous ramène ... des croissants. Nous quittons notre plage vers 11h en kayak, et succombons encore au charme de quelques grottes marines avant de prendre la direction de la baie des Trépassés. La balade est très agréable et nous décidons que le pique-nique du jour aura lieu sur la plage de la baie des Trépassés. La pointe du Van, grandiose, nous montre sa jolie chapelle. C'est à couper le souffle. Nous n'atteignons la plage que vers 16h. L'atterrissage est un peu délicat et quatre d'entre nous passeront à l'eau. Ce sont les risques du métier ! Nous voilà à nouveau entourés par les plagistes et par une nouvelle tribu, celle des surfers. Un peu fatigués, nous nous reposons près de nos kayaks, les yeux fermés. Une phrase fuse : « ça, c'est vraiment un sport de fainéant ! » Nous ouvrons les yeux et découvrons le sourire provocateur d'un surfeur. Tout va bien, l'honneur est sauf. La journée de plage s'achève pour les familles et les surfeurs. Il est temps pour nous d'établir le bivouac, de manger chaud (nous nous sommes fait ravitailler en gaz par une bonne âme, Jacqueline, qui fera avec nous, la traversée pour l'île de Sein aller et retour). Vient le moment de dormir. On ferme les yeux mais... ! Les rugissements des vagues qui s'écrasent passent en boucle. Le disque est rayé. Sans boules de cire dans les oreilles, point de repos ! La nuit pour certains ne sera pas réparatrice.
Samedi 15 Août Baie des Trépassés-Ile de Sein 10 km
L'île de Sein nous attend ce matin. Mais Sein, comme Ouessant, se mérite : nous devons affronter les courants du raz de Sein, dont la réputation n'est plus à faire. Notre Grand Chef des courants nous rassure : nous sommes en mortes eaux, les coefficients de marées sont maintenant faibles et nous devrions nous en sortir plutôt bien. Le départ de plage est un peu sport, bien comme il faut pour s'amuser un peu : un peu de rodéo et hop, nous voilà prêts à partir vers Sein sous l'oeil vigilant du phare de la Vielle, de la balise de la Plate et au loin du phare de Tévennec. La mer est calme. Comme le dit si bien Gilles, nous nous goinffrons de sensations mélangées : les paysages, le calme du matin, les souvenirs de naufrages, l'insondable de l'imaginaire. Sur un rocher, quelques cormorans nous souhaitent la bienvenue. Nous nous rapprochons de l'île aux maisons colorées et une haie d'honneur de goélands sur la digue nous regarde passer avec un air sévère. Le clocher de Sein sonne midi et nous accueille enfin. Aujourd'hui, c'est 15 Août, fête de Marie, donc fête de la mer et les bannières sont de sortie. Magique dans les yeux de Françoise ! Nous arrivons au fond du port et débarquons au Quai des Français Libres. Jean-Luc nous amuse : « Si quelqu'un me demande d'où je viens, je lui dis que je suis parti de New York ce matin et que j'ai profité de la marée ! » Rires. Pique-nique de midi sur la cale. Là encore, Jean-Luc se confie. Il a faim et transporte depuis quelques jours du jambon en boîte dans son caisson avant. « Les ânes ont droit à une carotte, moi j'ai du jambon dans mon caisson avant, je craque ! j'ai faim ! ». Après le pique-nique, nous vidons les kayaks et installons le camp. Vers quinze heure, nous décidons d'aller voir si le phare d'Armen accepte de se laisser approcher : il est loin et nous ne sommes pas sûrs de l'atteindre. Mais nous sommes tous partants pour l'aventure. Nous quittons le port de Sein et là ... un banc de dauphins nous attend. Comment résister ? La moitié du groupe se lance dans le jeu avec eux. Dap joue le caméraman L'autre partie du groupe n'a pas l'énergie de jouer et cède à l'envie de découvrir le phare de Sein et la Chaussée, habitée par un phoque. Nous nous retrouvons pour un tour de l'île (10km): tout est beau, du ciel aux fonds marins, sans oublier la lumière, les odeurs, le chant des huîtriers-pies que l'on dérange. De retour au port, un enfant interroge Dominique sur la cale « Et vos jambes, elles sont comment en dessous ? » Sourires attendris. On se détend un peu avant de se retrouver au restaurant : c'est notre dernier soir ensemble et nous gouttons au plaisir du partage, conscients de vivre des moments inoubliables.
Dimanche 16 Août Ile de Sein-Baie des Trépassés 10km
La nuit n'a pas été reposante pour tout le monde : des fêtards ont un peu trop animé le camping. Sans boules de cire dans les oreilles, point de salut ! C'est notre dernier jour. Il nous reste à retraverser le raz de Sein : sera-t-il clément ? Nous auront droit à un tour de manège. Sensations enivrantes pour un kayakistes : des sensations de glisse, des surfs, des vagues qui arrivent dans tous les sens. Les creux d'un mètre nous autoriseront à passer sans trop de frissons. Le phare de la Vieille nous indique que nous arrivons bientôt sur la plage de la baie des Trépassés, parmi les baigneurs et les surfeurs. Prudence, il ne faut blesser pesonne. Michel nous attend avec la remorque du club et beaucoup de curiosité. Filou est là aussi pour nous accueillir. Nous pique-niquons tous ensemble à côté de nos kayaks. A regrets, on charge la remorque, on ramasse toutes nos affaires dans le coffre des voitures et nous rentrons à Brest où nous attend un debriefing au Tourdum avec Dap comme Maître de cérémonie. D'après lui, nous avons entre 160 et 180 km au compteur cette semaine, si l'on compte les tours et les détours. Comme le souligne Rémi, une partie de la distance s'affiche en faux kilomètres puisque nous étions assistés par les courants et bénis par une météo clémente. Il fallait tout de même les avaler.
Chacun dira autour d'un verre ce qu'il a ressenti. Tous, nous remercierons notre Grand Chef des Courants sans qui nous n'aurions pas pu vivre cette grande aventure. Merci Dap. Merci au Club de Kayak de Brest. Merci à Thierry Quillevic de Bekayak pour avoir fourni le kayak performant de notre Grand Sorcier.
Pari gagné. Nous sommes prêts à repartir pour de nouvelles aventures nautiques !
Jeudi 13 Août Le Conquet-Crozon 37km
C'est le quatrième jour de randonnée qui commence et les automatismes se sont mis en place : on se lève, on se lave, on prend le petit déjeuner, on démonte les tentes et on charge les kayaks. Ce matin, nous sommes sur l'eau vers 10 h et c'est un paysage magique qui s'offre à nous. Nous dépassons la pointe Saint-Mathieu sur une mer d'huile et nous repensons à toutes ces tempêtes d'hiver furieuses et pleines d'écume : est-ce vraiment le même décor ? La marée descend et nous porte vers le goulet de Brest que nous apercevons. Là -bas, c'est le phare du Minou, en face la pointe des Espagnols, la pointe du Toulinguet et la pointe de Pen-hir majestueuse avec ses tas de pois. La vue à 360° nous offre un panorama extraordinaire. Sensations de glisse, bonheur d'être sur l'eau. Rémi propose à notre Grand Sage des Courants de profiter de la marée descendante pour aligner le maximum de kilomètres. Proposition retenue par notre Grand Manitou. Nous pagayons tous de front et les discussions vont bon train : quel plaisir d'être sur l'eau. Et puis, quand les sujets de conversations s'épuisent, nous pagayons chacun dans notre bulle d'évasion, comme le dit si bien Dap, notre Grand Sorcier des Courants. La plage de Pen-hir accueille notre pique-nique du midi. Il est décidé que nous dormirons sur une petite plage près de Crozon ce soir. Nous reprenons donc la mer sur nos embarcations. Nous longeons la plage de La Palud : dans les vagues qui s'écrasent sur la plage flottent des surfeurs. Dap, caméra au poing, filme les facéties des plus téméraires d'entre nous et se sort des vagues avec la pagaie dans une main la caméra dans l'autre : belle performance ! Nous suivons la falaise du cap de la Chèvre, qui nous dévoile ses plus belles grottes. Plaisirs de la découverte et ambiances caverneuses ! Nous atteignons notre plage. Surprise numéro 1 ! Elle est couverte de galets. Quel sera le confort de la nuit ? Surprise numéro 2 ! Il n'y a presque plus de gaz dans notre bonbonne. Ce soir, ce sera pâtes chinoises pour tout le monde : une gamelle d'eau chaude suffira et nous laissera de quoi pour le petit déjeuner de demain matin. Trois ou quatre vedettes chargées de touristes en visite guidée s'arrêtent devant notre plage : Gilles propose de mimer les pingoins pour créer l'attraction. Nicolas se souviendra de sa nuit sur les galets : la plage offre une pente et il a fallu s'accrocher régulièrement dans la nuit pour ne pas glisser. Jouer à premier de cordée n'a pas été de tout repos !
Vendredi 14 Août Crozon-Baie des Trépassés 24km
Dap est parti de bonne heure voir ses amis au club nautique : la caméra doit être rechargée si on veut les images de la suite du périple. Il ne déjeune pas avec nous ce matin mais nous ramène ... des croissants. Nous quittons notre plage vers 11h en kayak, et succombons encore au charme de quelques grottes marines avant de prendre la direction de la baie des Trépassés. La balade est très agréable et nous décidons que le pique-nique du jour aura lieu sur la plage de la baie des Trépassés. La pointe du Van, grandiose, nous montre sa jolie chapelle. C'est à couper le souffle. Nous n'atteignons la plage que vers 16h. L'atterrissage est un peu délicat et quatre d'entre nous passeront à l'eau. Ce sont les risques du métier ! Nous voilà à nouveau entourés par les plagistes et par une nouvelle tribu, celle des surfers. Un peu fatigués, nous nous reposons près de nos kayaks, les yeux fermés. Une phrase fuse : « ça, c'est vraiment un sport de fainéant ! » Nous ouvrons les yeux et découvrons le sourire provocateur d'un surfeur. Tout va bien, l'honneur est sauf. La journée de plage s'achève pour les familles et les surfeurs. Il est temps pour nous d'établir le bivouac, de manger chaud (nous nous sommes fait ravitailler en gaz par une bonne âme, Jacqueline, qui fera avec nous, la traversée pour l'île de Sein aller et retour). Vient le moment de dormir. On ferme les yeux mais... ! Les rugissements des vagues qui s'écrasent passent en boucle. Le disque est rayé. Sans boules de cire dans les oreilles, point de repos ! La nuit pour certains ne sera pas réparatrice.
Samedi 15 Août Baie des Trépassés-Ile de Sein 10 km
L'île de Sein nous attend ce matin. Mais Sein, comme Ouessant, se mérite : nous devons affronter les courants du raz de Sein, dont la réputation n'est plus à faire. Notre Grand Chef des courants nous rassure : nous sommes en mortes eaux, les coefficients de marées sont maintenant faibles et nous devrions nous en sortir plutôt bien. Le départ de plage est un peu sport, bien comme il faut pour s'amuser un peu : un peu de rodéo et hop, nous voilà prêts à partir vers Sein sous l'oeil vigilant du phare de la Vielle, de la balise de la Plate et au loin du phare de Tévennec. La mer est calme. Comme le dit si bien Gilles, nous nous goinffrons de sensations mélangées : les paysages, le calme du matin, les souvenirs de naufrages, l'insondable de l'imaginaire. Sur un rocher, quelques cormorans nous souhaitent la bienvenue. Nous nous rapprochons de l'île aux maisons colorées et une haie d'honneur de goélands sur la digue nous regarde passer avec un air sévère. Le clocher de Sein sonne midi et nous accueille enfin. Aujourd'hui, c'est 15 Août, fête de Marie, donc fête de la mer et les bannières sont de sortie. Magique dans les yeux de Françoise ! Nous arrivons au fond du port et débarquons au Quai des Français Libres. Jean-Luc nous amuse : « Si quelqu'un me demande d'où je viens, je lui dis que je suis parti de New York ce matin et que j'ai profité de la marée ! » Rires. Pique-nique de midi sur la cale. Là encore, Jean-Luc se confie. Il a faim et transporte depuis quelques jours du jambon en boîte dans son caisson avant. « Les ânes ont droit à une carotte, moi j'ai du jambon dans mon caisson avant, je craque ! j'ai faim ! ». Après le pique-nique, nous vidons les kayaks et installons le camp. Vers quinze heure, nous décidons d'aller voir si le phare d'Armen accepte de se laisser approcher : il est loin et nous ne sommes pas sûrs de l'atteindre. Mais nous sommes tous partants pour l'aventure. Nous quittons le port de Sein et là ... un banc de dauphins nous attend. Comment résister ? La moitié du groupe se lance dans le jeu avec eux. Dap joue le caméraman L'autre partie du groupe n'a pas l'énergie de jouer et cède à l'envie de découvrir le phare de Sein et la Chaussée, habitée par un phoque. Nous nous retrouvons pour un tour de l'île (10km): tout est beau, du ciel aux fonds marins, sans oublier la lumière, les odeurs, le chant des huîtriers-pies que l'on dérange. De retour au port, un enfant interroge Dominique sur la cale « Et vos jambes, elles sont comment en dessous ? » Sourires attendris. On se détend un peu avant de se retrouver au restaurant : c'est notre dernier soir ensemble et nous gouttons au plaisir du partage, conscients de vivre des moments inoubliables.
Dimanche 16 Août Ile de Sein-Baie des Trépassés 10km
La nuit n'a pas été reposante pour tout le monde : des fêtards ont un peu trop animé le camping. Sans boules de cire dans les oreilles, point de salut ! C'est notre dernier jour. Il nous reste à retraverser le raz de Sein : sera-t-il clément ? Nous auront droit à un tour de manège. Sensations enivrantes pour un kayakistes : des sensations de glisse, des surfs, des vagues qui arrivent dans tous les sens. Les creux d'un mètre nous autoriseront à passer sans trop de frissons. Le phare de la Vieille nous indique que nous arrivons bientôt sur la plage de la baie des Trépassés, parmi les baigneurs et les surfeurs. Prudence, il ne faut blesser pesonne. Michel nous attend avec la remorque du club et beaucoup de curiosité. Filou est là aussi pour nous accueillir. Nous pique-niquons tous ensemble à côté de nos kayaks. A regrets, on charge la remorque, on ramasse toutes nos affaires dans le coffre des voitures et nous rentrons à Brest où nous attend un debriefing au Tourdum avec Dap comme Maître de cérémonie. D'après lui, nous avons entre 160 et 180 km au compteur cette semaine, si l'on compte les tours et les détours. Comme le souligne Rémi, une partie de la distance s'affiche en faux kilomètres puisque nous étions assistés par les courants et bénis par une météo clémente. Il fallait tout de même les avaler.
Chacun dira autour d'un verre ce qu'il a ressenti. Tous, nous remercierons notre Grand Chef des Courants sans qui nous n'aurions pas pu vivre cette grande aventure. Merci Dap. Merci au Club de Kayak de Brest. Merci à Thierry Quillevic de Bekayak pour avoir fourni le kayak performant de notre Grand Sorcier.
Pari gagné. Nous sommes prêts à repartir pour de nouvelles aventures nautiques !
Re : rando molene-ouessant-sein
Merci beaucoup ! Un régal de lecture et un plaisir des sens .... on s'y croirai !
Encore merci et bravo à tous mais également à l'écrivain pour ces textes.
Léo
Encore merci et bravo à tous mais également à l'écrivain pour ces textes.
Léo
- Jean-Pierre56
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- Inscription : mer. août 22, 2007 6:32 pm
- Localisation : Bretagne nord et sud
Re : rando molene-ouessant-sein
Super rando et beau compte-rendu.
Un grand merci de nous avoir fait partager votre aventure.
Les photos ! Les photos ! Les photos !
Un grand merci de nous avoir fait partager votre aventure.
Les photos ! Les photos ! Les photos !
[email="Je@n-π56"]Je@n-π56[/email]
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
je vous invite à lire aussi la première partie du compte rendu de mimi l'otarie sur cette rando
http://www.kayak-brest.com/index.php/Or ... .html#1758
http://www.kayak-brest.com/index.php/Or ... .html#1758
Re : rando molene-ouessant-sein
Très sympa, mignon comme tout :pjluc29 a écrit :je vous invite à lire aussi la première partie du compte rendu de mimi l'otarie sur cette rando
http://www.kayak-brest.com/index.php/Or ... .html#1758
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DAP_Fou de KayaK
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Re : rando molene-ouessant-sein
je viens de pondre un essai vidéo, si vous voulez la voir, c'est dans les vidéo!
- untelosa66
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- Inscription : lun. mars 23, 2009 12:23 pm
- Localisation : sud france espagne
Re : rando molene-ouessant-sein
sympa!!!!!
vous pouvez peut être nous préter quelques phoques à nous méditerranéen !!! on vous enverra nos requins!!!! et oui il parait que certains en ont vu au large de canet ça a fait la une. Panique chez les touristes---------hi hi hi
vous pouvez peut être nous préter quelques phoques à nous méditerranéen !!! on vous enverra nos requins!!!! et oui il parait que certains en ont vu au large de canet ça a fait la une. Panique chez les touristes---------hi hi hi
scorpion rugissant
-
jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
Mimi l'otarie nous a suivi dans notre périple et voici son compte rendu...
nous attendons la suite avec impatience
Carnets de voyage de Mimi L'Otarie
Molène-Ouessant-Sein
JOURS J-X
Mon cousin Polo le Phoque, souverain de Molène, Iroise et autres lieux, mʼayant invitée à visiter son
royaume, je quittai mes mers australes au solstice dʼété. Jʼavais bien étudié lʼitinéraire à suivre, la
géographie du royaume de Polo, et pris soin dʼacheter auprès de lʼagence Merzhin un pass-Merveil. Je mis
la clé sous la roche, sautai de courants en courants, fis quelques étapes sur bancs de harengs et abordai
tranquille les rivages bretons.
Polo mʼavait incitée à visiter la célèbre rade de Brest avant notre rendez-vous du Conquet.
Il y avait là , mʼavait-il télépathé, une drôle dʼéquipe de rigolos se permettant régulièrement dʼenvahir son
territoire. Ces Bipèdes, jouant à contre-sens le mythe de la petite Sirène, se transforment parait-il en demi-
poissons singeant les queues de nos amies en sʼintroduisant dans un étrange engin tellement rigide quʼils
sont obligés dʼagiter frénétiquement leurs nageoires antérieures collées sur un drôle de bâton pour avancer.
Comme je suis coquette et soucieuse de cacher mes mignonnes petites oreilles pour voyager incognito,
jʼavais fait en cours de route provision de jolis chapeaux : des trucs ronds de toutes les couleurs que les
humains laissent traîner sur la mer. Aussi je pu mʼapprocher discrètement du port du Moulin-Blanc où les
Rigolos ont double repaire. Devant celui dit CKB un chevelu-barbu que je reconnus pour leur chef- le
Chevalier blanc- dʼaprès les descriptions de Polo, sʼagitait, enfournant des tas de paquets dans une grosse
caisse à hublots posée sur quatre bouées de sauvetage verticales que je vis plus tard se déplacer dans tous
les sens et à toute vitesse . Le Chef avait lʼair plus épuisé que rigolard. Grâce à mon ouà¯e fine, je lʼentendis
dire quʼil avait passé des heures à faire les magasins pour pouvoir nourrir son escorte. Drôle dʼidée... Mais
cʼest vrai que les poissons, faut savoir les attraper....
Un peu plus tard, -était-ce le même jour?, ma mémoire parfois me joue des tours,-je le vis entouré de
quelques autres manipulant leurs substituts de queues de poissons: rouges, jaunes, orange, et les empilant
sur une caisse roulante mais sans hublot cette fois. Ils répétaient "kayak, kayak" on eut dit des goélands.
Je dus me cacher ensuite entre les voiliers amarrés pour les entendre, de leur repaire du Tour duʼ M,
organiser les navettes de voitures (jʼai pas tout compris mais je répète) entre Le Conquet et la baie des
Trépassés où ils avaient la prétention de se rendre. Les mots volant bas sur lʼeau et le vent étant favorable,
jʼavais en arrivant surpris une conversation entre deux de leurs copains riant de cette prétention et faisant
des paris sur le nombre dʼacharnés qui arriveraient au bout.
Je devinai que leur week-end allait être chargé, et pendant quʼils préparaient leur voyage, jʼavertis mon
cousin de cette prochaine incursion sur son territoire. Je sentis quʼil les trouvait plutôt sympathiques et
courageux depuis quʼil avait vu certains dʼentre eux affronter les éléments déchaînés peu avant le solstice
dʼété, et quʼil avait discrètement empêché dʼautres, quelques jours plus tard, de se perdre dans la brume. Il
me dit quʼil allait leur organiser un comité dʼaccueil spécial.
Nous convînmes dʼun rendez-vous le lundi suivant, 10 août 2009 au calendrier des Bipèdes, devant le phare
du Conquet.
Je traînai tout le week-end autour de Brest, me reposant dʼune semaine maussade, pluvieuse, venteuse et
dʼune mer agitée et étudiant de loin le comportement des Humains et leur vocabulaire : jʼai vécu jusquʼici loin
de ce quʼils appellent la civilisation, mot qui rime avec pollution, consommation, compétition, confrontation,
déforestation, disparition etc, et pas du tout avec sagesse.
JOUR J: Départ vers Molène
Je mʼélançai le lundi aux aurores vers le lieu de mes retrouvailles familiales.
Jʼétais en vue du phare du Conquet lorsque jʼentendis un charivari sur la plage de Porz-Liogan. Je reconnus
le Chevalier et son escorte, 10 bipèdes en tout, arrivés dans des voitures chapeautées de kayaks. Il était
neuf heures à la montre que jʼavais trouvée sur une des plages où jʼavais réchauffé ma fourrure.
Ils descendirent leurs embarcations et mirent beaucoup dʼénergie à les bourrer de tas de sacs qui nʼavaient
pas lʼair tous décidés à faire le voyage. Puis après sʼêtre longuement concertés et avoir écouté
religieusement le Chevalier David dit Dap, ils les descendirent sur la plage, bizarrement affublés et
brandissant chacun une sorte de lance élargie aux extrémités. Ils prirent le départ vers 11H, à mi-marée
descendante. Le ciel était bleuté et la mer calme, mais il y avait un fort courant (coeff 83 pour les initiés) qui
inclinait les balises.
Dʼaprès les descriptions du Service de renseignement de Mer dʼIroise que mʼavait transmises Polo, je
reconnus trois des vétérans des îles Lofoten : la brune Sylvie juchée sur un Eski jaune et blanc, sa copine
Marie-Françoise en Magellan rouge, et le barbu Rémi sur un vénérable kayak jaune en polyeth. Françoise
dite Framboise, la baigneuse obstinée de lʼépisode rock nʼ roll Molène-Le Conquet, était là aussi, sur son fin
bateau tout neuf aux pointes relevées. Il y avait également les acteurs de Perdus dans la brume : la blonde
Katell sur son shore-line orange et Jean-Luc, marseillais de Martigues en Artica rouge. Restaient trois
inconnus que les autres appelaient "les Indiens de Pornichet" : Dominique et Gilles en tenues jaune-coques
blanche faites main et Nicolas sur son Ysak couleur soleil. Cinq mâles et cinq femelles bien respectée la
parité !
Dap, dit le Chevalier Blanc (dʼailleurs sur monture orange cette fois, couleur des sages dʼOrient)), que je sais
Grand Druide dʼIroise, Maître des Marées, des Courants et de la Météo, traînait un peu en arrière ayant des
démêlés avec sa ligne de traîne dont la planchette cassa et qui finit par sʼemmêler. Exit donc, dès le départ
les espoirs de nourrir sa troupe de poissons frais pêchés. Jean-Luc avait pris les devants pour poser un
casier dans lʼespoir de régaler ses copains au retour.
Après avoir salué Le Conquet et son phare ils mirent le cap sur Béniguet (veuillez prononcer Béniguette si
vous voulez avoir lʼair au courant et passer pour un indigène! Tiens donc... et pourquoi pas Le Conquette?)
et atterrirent sur la plage au pied de la maison du Service ornithologique où ils furent salués par un des
gardes juché sur un tracteur.
Ils déballèrent gamelles et bidons et se régalèrent dʼun super-salade préparée par Dap qui reçut là ses
premiers galons de chef-cuistot. Le ciel sʼétait habillé de gris et il fallait bien ce savoureux intermède pour
garder le soleil en-dedans. Dʼailleurs je me serais bien invitée à la fête, mais je suis timide et comme la
marée était descendante je du mʼéloigner quelque peu, pour les observer discrètement sans avoir à marcher
sur mes nageoires bien que les galets soient jolis et dʼétonnantes nuances. Je respirais à pleines narines les
odeurs neuves de ces lieux inconnus si riches en goémons et grouillants de vie végétale et animale, et me
remplis les yeux de ces paysages sauvages, authentiques et puissants, gardant dans les ruines des
maisons couronnant les îles le témoignage de vies humaines rudes et soumises aux éléments.
Après leur repas, et une petite balade de lʼautre côté de lʼîle, vite traversée, pour voir les couleurs et les
humeurs de la mer en son Ouest, jʼassistai à la deuxième séance de portage du jour... et à la première de
traînage-pataugeage dans les cailloux et les algues car il y avait très peu dʼeau sur des dizaines et des
dizaines de mètres et lʼoptimiste qui montait dans son kayak était obligé dʼen sortir un peu plus loin, échoué.
Enfin tout le monde fut embarqué et ils mirent cap au Nord.
Polo ayant eu des affaires urgentes à traiter, mʼavait fait prévenir quʼil mʼattendrait finalement quelque part
dans lʼarchipel et je suivis donc ces drôles dʼhybrides dont le chef avait lʼair de bien connaître les lieux.
La marée descendante transformait les passages entre les îles en rivières quʼil fallait remonter et traverser le
nez dans le courant. Moi je trouvais ça plutôt drôle, la plupart des Rigolos aussi, tandis que dʼautres avaient
lʼair de peiner et que dʼaucuns faillirent faire un brutal demi-tour (horizontal et vertical...) surpris par un
contre-courant facétieux.
Cʼest sur un des îlots que Polo et ses sujets guettaient notre arrivée.
Imaginez les Rigolos en train de "faire des bacs", slalomant entre les îlots, rochers gris sous ciel gris. A leurs
yeux incrédules de gros rochers bien ronds et dodus semblent sʼagiter et certains glisser dans la mer. Des
phoques crient-ils ! Un grand nombre à gauche un peu à lʼécart, et un isolé à droite quʼils vont frôler: les voici
cernés!!! Une photo vite ! mais le courant qui les emporte dissuade les photographes amateurs et les soude
à leur pagaie. Dap est en train dʼexpliquer quelque chose à un de ses équipiers, et comme pour confirmer
ses dires retentit un cri puissant, prolongé, inconnu, étrange.... "Le cri du loup!!!!" dit Dap. Instant rare,
précieux, inattendu, véritable cadeau du ciel et de mon cousin Polo. Le cri du mâle dominant qui avertit sa
troupe dʼun danger, ou la salutation du Roi dʼIroise à ses visiteurs (et à sa cousine) ? Avertissement ou
bienvenue ? Qui sait ? Hé, hé...
Je visitai donc à la suite des Bipèdes (bipèdes, bipèdes, jʼen douterais si je ne les avais vu sortir de leurs
kayaks, lesquels leur donnent des allures de culs-de jatte...) et à leur insu, lʼarchipel de Molène dans son
entièreté et sa splendeur, frôlant Morgol et Litiri, saluant de loin Trielen et lîle aux Chrétiens, et croisant au
détour dʼun rocher un neveu, une cousine, une amie.
Finalement, après avoir vu lʼéolienne de Quéménes sous tous les angles, ils mirent enfin, à partir de
Ledenez-Queménes, le cap à lʼouest et, après un grand bac, atteignirent juste après la renverse et vers 15h,
la jetée de Molène au pied du camping et de la SNSM, accueillis par quelques pêcheurs souriants (mais oui,
ça existe!) qui leur laissèrent bien volontiers la place, saluant cette traversée et le programme énoncé.
En avant pour le troisième portage du jour ! Hisser les kayaks sur la jetée, grimper la jetée, tourner sur le
chemin, arriver au camping et poser les kayaks sur la pelouse. Je vis de drôles dʼéquipages : le chariot de
Dap partir chargé et revenir vide chercher le kayak suivant, mais aussi des kayaks posés tour à tour sur une
brouette trouvée là esseulée et errante, et enfin dʼautres portés par équipes de 2, de 3, de 4. Bravo lʼentraide
et pas de tire-aux-flancs !
Je me tordis le cou, au pied de la dune, pour les voir se mettre au sec et monter les tentes. Il pleuvait une
petite pluie fine qui ne les empêcha pas de dresser de bizarres totems avec des pagaies et des bouts pour
réaliser des fils à linge sur lesquels les plus optimistes posèrent gilets, jupes, blousons.... Et...attention...
patatras!!!... tout par-terre et on recommence !
La pluie cessait par intermittence, laissant espérer un séchage, tandis quʼaprès un goûter puis un apéro bien
réconfortants pour ces sportifs, Dap, qui avait été faire quelques courses, leur mitonna un frichti odorant fait
de pommes de terre cuites avec des saucisses de Molène. Les étoiles sʼaccrochèrent à sa toque tandis que
le prestige du restaurateur local fondait comme beurre au soleil.
Le tarp de Dap, bien tendu au-dessus de son kayak, servait de carré aux navigateurs, les plus costauds y
ayant traîné la table et les bancs de bois que devait regretter le couple voisin qui en avait précédemment
lʼusage et qui dînait couché sur lʼherbe et sous le crachin. La loi du plus fort...
Quelques-uns se dévouèrent pour la corvée de vaisselle sous lʼunique robinet crachotant du camping
(NDLA : camping de Molène = un robinet et un wc sans chasse ce jour-là ) et en revinrent copieusement
arrosés. Ils ne savaient pas encore quʼils ne retrouveraient pas dʼeau douce avant bien longtemps...
Tandis que Katell plongeait dans un sommeil réparateur le reste de la troupe rallia "lʼArchipel" haut-lieu de
restauration locale (enfin...avant la prestation culinaire de Dap) pour se réchauffer avec une petite bière, un
café ou une tisane et deviser gaiement.
Ils retrouvèrent au camping les vêtements trempés par lʼhumidité du soir... et se couchèrent à une heure
raisonnable car il fallait le lendemain respecter des impératifs horaires stricts pour passer le Fromveur.
La nuit fut agitée par quelques noctambules braillards et Dap copieusement "brumisé" sous son tarp, tandis
que les équipements et les tentes étaient rincés à lʼeau de pluie.
Carnets de voyage de Mimi LʼOtarie

(à suivre)
nous attendons la suite avec impatience
Carnets de voyage de Mimi L'Otarie
Molène-Ouessant-Sein
JOURS J-X
Mon cousin Polo le Phoque, souverain de Molène, Iroise et autres lieux, mʼayant invitée à visiter son
royaume, je quittai mes mers australes au solstice dʼété. Jʼavais bien étudié lʼitinéraire à suivre, la
géographie du royaume de Polo, et pris soin dʼacheter auprès de lʼagence Merzhin un pass-Merveil. Je mis
la clé sous la roche, sautai de courants en courants, fis quelques étapes sur bancs de harengs et abordai
tranquille les rivages bretons.
Polo mʼavait incitée à visiter la célèbre rade de Brest avant notre rendez-vous du Conquet.
Il y avait là , mʼavait-il télépathé, une drôle dʼéquipe de rigolos se permettant régulièrement dʼenvahir son
territoire. Ces Bipèdes, jouant à contre-sens le mythe de la petite Sirène, se transforment parait-il en demi-
poissons singeant les queues de nos amies en sʼintroduisant dans un étrange engin tellement rigide quʼils
sont obligés dʼagiter frénétiquement leurs nageoires antérieures collées sur un drôle de bâton pour avancer.
Comme je suis coquette et soucieuse de cacher mes mignonnes petites oreilles pour voyager incognito,
jʼavais fait en cours de route provision de jolis chapeaux : des trucs ronds de toutes les couleurs que les
humains laissent traîner sur la mer. Aussi je pu mʼapprocher discrètement du port du Moulin-Blanc où les
Rigolos ont double repaire. Devant celui dit CKB un chevelu-barbu que je reconnus pour leur chef- le
Chevalier blanc- dʼaprès les descriptions de Polo, sʼagitait, enfournant des tas de paquets dans une grosse
caisse à hublots posée sur quatre bouées de sauvetage verticales que je vis plus tard se déplacer dans tous
les sens et à toute vitesse . Le Chef avait lʼair plus épuisé que rigolard. Grâce à mon ouà¯e fine, je lʼentendis
dire quʼil avait passé des heures à faire les magasins pour pouvoir nourrir son escorte. Drôle dʼidée... Mais
cʼest vrai que les poissons, faut savoir les attraper....
Un peu plus tard, -était-ce le même jour?, ma mémoire parfois me joue des tours,-je le vis entouré de
quelques autres manipulant leurs substituts de queues de poissons: rouges, jaunes, orange, et les empilant
sur une caisse roulante mais sans hublot cette fois. Ils répétaient "kayak, kayak" on eut dit des goélands.
Je dus me cacher ensuite entre les voiliers amarrés pour les entendre, de leur repaire du Tour duʼ M,
organiser les navettes de voitures (jʼai pas tout compris mais je répète) entre Le Conquet et la baie des
Trépassés où ils avaient la prétention de se rendre. Les mots volant bas sur lʼeau et le vent étant favorable,
jʼavais en arrivant surpris une conversation entre deux de leurs copains riant de cette prétention et faisant
des paris sur le nombre dʼacharnés qui arriveraient au bout.
Je devinai que leur week-end allait être chargé, et pendant quʼils préparaient leur voyage, jʼavertis mon
cousin de cette prochaine incursion sur son territoire. Je sentis quʼil les trouvait plutôt sympathiques et
courageux depuis quʼil avait vu certains dʼentre eux affronter les éléments déchaînés peu avant le solstice
dʼété, et quʼil avait discrètement empêché dʼautres, quelques jours plus tard, de se perdre dans la brume. Il
me dit quʼil allait leur organiser un comité dʼaccueil spécial.
Nous convînmes dʼun rendez-vous le lundi suivant, 10 août 2009 au calendrier des Bipèdes, devant le phare
du Conquet.
Je traînai tout le week-end autour de Brest, me reposant dʼune semaine maussade, pluvieuse, venteuse et
dʼune mer agitée et étudiant de loin le comportement des Humains et leur vocabulaire : jʼai vécu jusquʼici loin
de ce quʼils appellent la civilisation, mot qui rime avec pollution, consommation, compétition, confrontation,
déforestation, disparition etc, et pas du tout avec sagesse.
JOUR J: Départ vers Molène
Je mʼélançai le lundi aux aurores vers le lieu de mes retrouvailles familiales.
Jʼétais en vue du phare du Conquet lorsque jʼentendis un charivari sur la plage de Porz-Liogan. Je reconnus
le Chevalier et son escorte, 10 bipèdes en tout, arrivés dans des voitures chapeautées de kayaks. Il était
neuf heures à la montre que jʼavais trouvée sur une des plages où jʼavais réchauffé ma fourrure.
Ils descendirent leurs embarcations et mirent beaucoup dʼénergie à les bourrer de tas de sacs qui nʼavaient
pas lʼair tous décidés à faire le voyage. Puis après sʼêtre longuement concertés et avoir écouté
religieusement le Chevalier David dit Dap, ils les descendirent sur la plage, bizarrement affublés et
brandissant chacun une sorte de lance élargie aux extrémités. Ils prirent le départ vers 11H, à mi-marée
descendante. Le ciel était bleuté et la mer calme, mais il y avait un fort courant (coeff 83 pour les initiés) qui
inclinait les balises.
Dʼaprès les descriptions du Service de renseignement de Mer dʼIroise que mʼavait transmises Polo, je
reconnus trois des vétérans des îles Lofoten : la brune Sylvie juchée sur un Eski jaune et blanc, sa copine
Marie-Françoise en Magellan rouge, et le barbu Rémi sur un vénérable kayak jaune en polyeth. Françoise
dite Framboise, la baigneuse obstinée de lʼépisode rock nʼ roll Molène-Le Conquet, était là aussi, sur son fin
bateau tout neuf aux pointes relevées. Il y avait également les acteurs de Perdus dans la brume : la blonde
Katell sur son shore-line orange et Jean-Luc, marseillais de Martigues en Artica rouge. Restaient trois
inconnus que les autres appelaient "les Indiens de Pornichet" : Dominique et Gilles en tenues jaune-coques
blanche faites main et Nicolas sur son Ysak couleur soleil. Cinq mâles et cinq femelles bien respectée la
parité !
Dap, dit le Chevalier Blanc (dʼailleurs sur monture orange cette fois, couleur des sages dʼOrient)), que je sais
Grand Druide dʼIroise, Maître des Marées, des Courants et de la Météo, traînait un peu en arrière ayant des
démêlés avec sa ligne de traîne dont la planchette cassa et qui finit par sʼemmêler. Exit donc, dès le départ
les espoirs de nourrir sa troupe de poissons frais pêchés. Jean-Luc avait pris les devants pour poser un
casier dans lʼespoir de régaler ses copains au retour.
Après avoir salué Le Conquet et son phare ils mirent le cap sur Béniguet (veuillez prononcer Béniguette si
vous voulez avoir lʼair au courant et passer pour un indigène! Tiens donc... et pourquoi pas Le Conquette?)
et atterrirent sur la plage au pied de la maison du Service ornithologique où ils furent salués par un des
gardes juché sur un tracteur.
Ils déballèrent gamelles et bidons et se régalèrent dʼun super-salade préparée par Dap qui reçut là ses
premiers galons de chef-cuistot. Le ciel sʼétait habillé de gris et il fallait bien ce savoureux intermède pour
garder le soleil en-dedans. Dʼailleurs je me serais bien invitée à la fête, mais je suis timide et comme la
marée était descendante je du mʼéloigner quelque peu, pour les observer discrètement sans avoir à marcher
sur mes nageoires bien que les galets soient jolis et dʼétonnantes nuances. Je respirais à pleines narines les
odeurs neuves de ces lieux inconnus si riches en goémons et grouillants de vie végétale et animale, et me
remplis les yeux de ces paysages sauvages, authentiques et puissants, gardant dans les ruines des
maisons couronnant les îles le témoignage de vies humaines rudes et soumises aux éléments.
Après leur repas, et une petite balade de lʼautre côté de lʼîle, vite traversée, pour voir les couleurs et les
humeurs de la mer en son Ouest, jʼassistai à la deuxième séance de portage du jour... et à la première de
traînage-pataugeage dans les cailloux et les algues car il y avait très peu dʼeau sur des dizaines et des
dizaines de mètres et lʼoptimiste qui montait dans son kayak était obligé dʼen sortir un peu plus loin, échoué.
Enfin tout le monde fut embarqué et ils mirent cap au Nord.
Polo ayant eu des affaires urgentes à traiter, mʼavait fait prévenir quʼil mʼattendrait finalement quelque part
dans lʼarchipel et je suivis donc ces drôles dʼhybrides dont le chef avait lʼair de bien connaître les lieux.
La marée descendante transformait les passages entre les îles en rivières quʼil fallait remonter et traverser le
nez dans le courant. Moi je trouvais ça plutôt drôle, la plupart des Rigolos aussi, tandis que dʼautres avaient
lʼair de peiner et que dʼaucuns faillirent faire un brutal demi-tour (horizontal et vertical...) surpris par un
contre-courant facétieux.
Cʼest sur un des îlots que Polo et ses sujets guettaient notre arrivée.
Imaginez les Rigolos en train de "faire des bacs", slalomant entre les îlots, rochers gris sous ciel gris. A leurs
yeux incrédules de gros rochers bien ronds et dodus semblent sʼagiter et certains glisser dans la mer. Des
phoques crient-ils ! Un grand nombre à gauche un peu à lʼécart, et un isolé à droite quʼils vont frôler: les voici
cernés!!! Une photo vite ! mais le courant qui les emporte dissuade les photographes amateurs et les soude
à leur pagaie. Dap est en train dʼexpliquer quelque chose à un de ses équipiers, et comme pour confirmer
ses dires retentit un cri puissant, prolongé, inconnu, étrange.... "Le cri du loup!!!!" dit Dap. Instant rare,
précieux, inattendu, véritable cadeau du ciel et de mon cousin Polo. Le cri du mâle dominant qui avertit sa
troupe dʼun danger, ou la salutation du Roi dʼIroise à ses visiteurs (et à sa cousine) ? Avertissement ou
bienvenue ? Qui sait ? Hé, hé...
Je visitai donc à la suite des Bipèdes (bipèdes, bipèdes, jʼen douterais si je ne les avais vu sortir de leurs
kayaks, lesquels leur donnent des allures de culs-de jatte...) et à leur insu, lʼarchipel de Molène dans son
entièreté et sa splendeur, frôlant Morgol et Litiri, saluant de loin Trielen et lîle aux Chrétiens, et croisant au
détour dʼun rocher un neveu, une cousine, une amie.
Finalement, après avoir vu lʼéolienne de Quéménes sous tous les angles, ils mirent enfin, à partir de
Ledenez-Queménes, le cap à lʼouest et, après un grand bac, atteignirent juste après la renverse et vers 15h,
la jetée de Molène au pied du camping et de la SNSM, accueillis par quelques pêcheurs souriants (mais oui,
ça existe!) qui leur laissèrent bien volontiers la place, saluant cette traversée et le programme énoncé.
En avant pour le troisième portage du jour ! Hisser les kayaks sur la jetée, grimper la jetée, tourner sur le
chemin, arriver au camping et poser les kayaks sur la pelouse. Je vis de drôles dʼéquipages : le chariot de
Dap partir chargé et revenir vide chercher le kayak suivant, mais aussi des kayaks posés tour à tour sur une
brouette trouvée là esseulée et errante, et enfin dʼautres portés par équipes de 2, de 3, de 4. Bravo lʼentraide
et pas de tire-aux-flancs !
Je me tordis le cou, au pied de la dune, pour les voir se mettre au sec et monter les tentes. Il pleuvait une
petite pluie fine qui ne les empêcha pas de dresser de bizarres totems avec des pagaies et des bouts pour
réaliser des fils à linge sur lesquels les plus optimistes posèrent gilets, jupes, blousons.... Et...attention...
patatras!!!... tout par-terre et on recommence !
La pluie cessait par intermittence, laissant espérer un séchage, tandis quʼaprès un goûter puis un apéro bien
réconfortants pour ces sportifs, Dap, qui avait été faire quelques courses, leur mitonna un frichti odorant fait
de pommes de terre cuites avec des saucisses de Molène. Les étoiles sʼaccrochèrent à sa toque tandis que
le prestige du restaurateur local fondait comme beurre au soleil.
Le tarp de Dap, bien tendu au-dessus de son kayak, servait de carré aux navigateurs, les plus costauds y
ayant traîné la table et les bancs de bois que devait regretter le couple voisin qui en avait précédemment
lʼusage et qui dînait couché sur lʼherbe et sous le crachin. La loi du plus fort...
Quelques-uns se dévouèrent pour la corvée de vaisselle sous lʼunique robinet crachotant du camping
(NDLA : camping de Molène = un robinet et un wc sans chasse ce jour-là ) et en revinrent copieusement
arrosés. Ils ne savaient pas encore quʼils ne retrouveraient pas dʼeau douce avant bien longtemps...
Tandis que Katell plongeait dans un sommeil réparateur le reste de la troupe rallia "lʼArchipel" haut-lieu de
restauration locale (enfin...avant la prestation culinaire de Dap) pour se réchauffer avec une petite bière, un
café ou une tisane et deviser gaiement.
Ils retrouvèrent au camping les vêtements trempés par lʼhumidité du soir... et se couchèrent à une heure
raisonnable car il fallait le lendemain respecter des impératifs horaires stricts pour passer le Fromveur.
La nuit fut agitée par quelques noctambules braillards et Dap copieusement "brumisé" sous son tarp, tandis
que les équipements et les tentes étaient rincés à lʼeau de pluie.
Carnets de voyage de Mimi LʼOtarie
(à suivre)
- Daniel29
- Messages : 1641
- Inscription : jeu. août 10, 2006 12:39 pm
- Localisation : Cotes Bretonnes
- Contact :
Re : rando molene-ouessant-sein
Pas mal du tout le récit!!!
il manque des photos des moments clé du périple!!!
il manque des photos des moments clé du périple!!!
if god had meant us to build fibre-glass boats he would have grown fibre-glass trees...
Kayak Marin
Kayak Marin
-
jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
j'ai commencé à mettre des photos dans mes albums. il y en a une trentaine sur cette rando
mais j'ai un bug car je ne peux plus créer d'album pour le moment ou en compléter un ... à suivre
mais j'ai un bug car je ne peux plus créer d'album pour le moment ou en compléter un ... à suivre
- Daniel29
- Messages : 1641
- Inscription : jeu. août 10, 2006 12:39 pm
- Localisation : Cotes Bretonnes
- Contact :
Re : rando molene-ouessant-sein
Diminue le poids de tes photos.jluc29 a écrit :j'ai commencé à mettre des photos dans mes albums. il y en a une trentaine sur cette rando
mais j'ai un bug car je ne peux plus créer d'album pour le moment ou en compléter un ... à suivre
taux de compression!
Quelques photos a même le texte c'est encore mieux puisque l'on ne peut pas lire et regarder les photos simultanément sauf dans deux onglets différents.
a+
if god had meant us to build fibre-glass boats he would have grown fibre-glass trees...
Kayak Marin
Kayak Marin
-
jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
la suite du compte rendu de Mimi l'otarie
J2 : Molène-Ouessant
Mardi, petit matin gris, mais pas de pluie. Après un petit-déjeuner de harengs frais surpris au saut du lit, je
lissais ma fourrure au pied de la dune. La mer était haute, aux dernières heures de la marée montante, et
tapait la cale au pied du camping. Les Rigolos jaillirent de leur tente avec lʼaube et commencèrent à sʼagiter.
Bientôt une odeur de café me chatouilla les narines; thé, pain, crêpes, confiture, compote, jus de fruit
sʼoffraient aussi à leur appétit (aà¯e mon cou: quelle gymnastique pour voir tout ça!). Jʼassistai au pliage des
tentes mouillées et au rangement. Mais je pris la mesure du dépouillement de mes compagnons de voyage
quand je les vis renfiler gilets, blousons, jupes -voire combinaisons, T-shirts, pantalons- et chaussures
détrempés. Vraiment Dame-nature ne les a pas gâtés ! Mais quelle idée aussi de vouloir évoluer hors de son
milieu nʼest-ce pas? Enfin, ptêtre que leurs arrières, arrières, arrières (arrières...) petits-enfants auront un
jour une fourrure ou des écailles : retour à lʼenfance du monde et vive Darwin!
Et hop, premier portage du jour ! Hélas la brouette sʼest fait la malle. Reste le chariot et les bras pour aller
reposer les kayaks remplis jusquʼaux trappes sur la cale. Entraide encore pour embarquer tandis que
Nicolas, qui semble sʼêtre désigné photographe-reporter prend des photos et que le Chef installe et démarre
la caméra, Gilles et Rémi assurent lʼarrière-garde. Et moi je suis, avec des airs de bouée à la dérive. Nous
laissons Molène sur notre gauche, traversons le port et contournons la digue dʼembarquement des navettes.
Ouessant est posée sur lʼhorizon, comme une invite ou un défi. Ouessant, Enez Eussa, lʼIle Extrême, fière
et réputée peu accessible, défendue par un fort courant, le Fromveur, encore plus redoutable en ces jours
de vives-eaux. Nous avons rendez-vous à 14h15 précise au phare de Kéréon avec la dernière demi-heure
de la marée descendante, moment ou le courant sera le moins fort et nous portera à la pointe sud. Mais aux
avants-postes se dressent Banalec et Banec et tout plein de "cailloux" .
On glisse entre Molène et Ledenez et on fait des bacs de rochers en rochers pour passer à lʼEst de Balanec.
Puis on vise Banec.
Les Indiens de Pornichet peuvent continuer de sʼextasier sur la transparence de lʼeau : les forêts dʼalgues et
les galets glissent sous les kayaks à la vitesse dʼun tapis roulant à en donner le tournis! Certains
sʼabstiennent de regarder de crainte dʼêtre aspirés par ce manège. Et pas question de lambiner sous peine
de finir "à Dreuz".
Dap peut être fier de sa troupe : tous les bacs sont parfaitement réussis et les objectifs atteints sans avoir
recours aux positions de repli. On sʼextasie même, dans une accalmie, devant de véritables "sapins de
Noël" : des algues constellées de minuscules coquillages roses tout brillants, qui se balancent doucement
dans lʼeau limpide.
Et voilà ! On atteint la plage du pique-nique sur Banec largement dans les temps. Le paysage est différent,,
les rochers plus aigus, déchiquetés. Impression de solitude, dʼisolement, dʼune beauté sauvage,
authentique, qui semble à chaque instant renouvelée dans les jeux de la lumière glissant sur ces paysages.
Le passage de la navette dʼOuessant a quelque chose dʼirréel, dʼincongru, de déplacé et pour tout dire, de
lointain. Nos voyageurs glisseraient-ils tout doucement dans une autre dimension?
Les kayaks bien posés sur les cailloux (rien à craindre, la mer descend), et leurs "moteurs" occupés à faire
le plein, je mʼéloigne pour ne pas écorcher mes nageoires sur les cailloux bien acérés : rien à voir avec les
jolis galets ronds et lisses de Béniguet (Béniguette vous dis-je!). De la mer, la plage semble posée dans une
crique rétrécie et gardée par des sentinelles rocheuses couronnées de vols dʼoiseaux. Une petite maison
déserte posée sur la dune comme un jouet oublié constitue le seul rappel de la civilisation. Le ciel est dʼun
gris pâle et tandis que les voyageurs se reposent, des trouées de bleu commencent à apparaître. Et puis
soudain cʼest la surprise, le ciel sʼouvre, devient dʼun bleu intense et le soleil resplendit. Magie de lʼinstant.
Les Veilleurs dʼOuessant nous signifieraient-ils notre laissez-passer ?
Vaisselle au sable et à lʼeau de mer, rangement, remise des jupes et des gilets et petit portage pour remettre
les kayaks à lʼeau. Comme on a le temps il y a un petit supplément au programme: le tour de Banec pour
voir les roches cyclopéennes que les tempêtes lancent au sommet des rochers. Eh oui, ici la mer en ses
colères joue à "Volez, balles!" avec des "cailloux" de plusieurs tonnes ! Mais non, ce nʼest pas une blague :
les scores sont authentifiés par des photos prises à différents époques.
En silence on salue la performance et la puissance de cette eau qui, sur la côte Est de lʼîle, est aujourdʼhui
lisse comme un tissu satiné.... qui commence à gondoler quand on passe à lʼOuest. Là -bas au nord le phare
de Kéréon nous fait signe et on lʼatteint en progressant contre le courant puis on se glisse dans le contre.
Les appareils photos immortalisent lʼinstant.
Prochain objectif : Ouessant, étalée devant nous sur toute sa longueur, de la Jument, petit point sur lʼhorizon
sud, au Stiff ,à la pointe nord, dont on prend le sémaphore pour cap afin de ne pas se laisser entraîner par le
courant.... et rater lʼîle ! On a une demi-heure pour traverser alors on y va ! Le groupe sʼouvre en éventail,
certains tenant trop bien leur cap. Gilles et Framboise sont loin devant, et comme la mer se creuse, on ne
les voit plus. Heureusement ils guettent la progression des autres et sʼen rapprochent en recalant leur
direction sur la Jument. Les kayaks dansent sur le Fromveur, leurs cavaliers sʼencouragent mutuellement.
Ouf, ça y est, passage réussi, et à lʼendroit. Cʼétait vraiment pas le moment ni le lieu de mesurer la
température de lʼeau.
Lʼavant-garde a atteint lʼîle et progresse en regardant le paysage et en faisant du rase-cailloux. Rien à voir
avec une arrivée avec la navette. En kayak (ou en otarie...) on peut raser lʼîle qui nous domine de toute sa
hauteur et déroule ses falaises, ses criques, ses plages, avec force et retenue. Quelques groupes de
maisons, puis plus rien : la pointe Sud est sauvage et déserte, passages rocheux et arches de pierre.
Le groupe se rassemble, Dap filme. La Jument est à portée de pagaie mais on oblique vers Nividic et ses
colonnes étranges ourlées de belles déferlantes. Il faut se méfier des "patates", ces rochers affleurants. Le
Créacʼh domine un paysage déchiqueté de sa silhouette rayée entourée de monstres pétrifiés. On imagine
les lieux par jours de tempête... Sur la dune quelques promeneurs assistent à notre arrivée.
Entrée victorieuse dans la baie de Lampaul, un arc-de-cercle peuplé de petites maisons qui sʼétalent, bien
concentrées au pied du clocher et de plus en plus rares en sʼen éloignant. Un gros rocher creusé dʼune
grotte marque le milieu de la baie. Le groupe se scinde : trois rallient la plage de Porz-Goret, lieu du bivouac,
et les autres continuent et abordent dans le petit port au pied de lʼéglise. Il est 15h, la renverse a eu lieu et il
leur faut hisser les kayaks hors de portée de la montante. Cailloux aigus et glissants couverts dʼalgues...Je
me cache derrière un bateau pendant que mes compagnons font un petit passage à la supérette pour
acheter de lʼeau et du poisson (si je nʼétais pas voyageuse clandestine ils auraient pu me demander, je leur
en aurait fourni moi du beau poisson bien frais et pas du congelé! Si cʼest pas malheureux de voir ça....). Les
voici au bar qui domine les kayaks quʼils peuvent surveiller en faisant quelques pas. La terrasse est pleine
de monde et il faut une certain détachement pour y circuler en tenue de kayakiste défraîchi. Il fait beau et
chaud, ça donne soif, mais Framboise ne verra jamais venir la glace demandée à plusieurs reprises.
Il est temps de repartir, la mer atteint les kayaks et jʼallais être obligée de mʼen mêler. Des curieux observent
lʼembarquement. Jean-Luc passe sa pagaie bois groenlandaise à Framboise.... qui manque de se retourner
à la première tentative. Un coup de genou redresse le kayak et empêche la baignade. On sait quʼelle aime
lʼeau mais en public faut savoir se tenir.
Arrivée à Porz-Goret au milieu de paquets dʼalgues, des fucus et leurs flotteurs en forme de grosses perles,
qui recouvrent et rendent glissant de gros cailloux à sʼen fouler les nageoires. On commence par mettre les
kayaks hors de portée de la montante, puis Dap décide quʼil faut les monter sur la dune. Et là jʼassiste au
portage le plus casse-g... de la rando. Par groupes de quatre au moins, nos voyageurs se saisissent dʼun
kayak, se tordent les pieds et progressent péniblement sur lʼestran. Parfois lʼun deux glisse et se retrouve
par-terre, tandis que les autres empêchent le kayak de sʼécraser au sol. Il faut grimper sur la dune, aidés par
un cinquième qui se saisit de la proue pour soulager lʼalpiniste de tête. Quelques mètres encore sur un
chemin de terre et voici le kayak posé sur un sol qui parait bien doux à sa coque après lʼatterrissage sur
cette plage. Et dʼun, et de deux, et de trois.... et de neuf... Rémi a attaché son kayak en polyeth au pied de la
dune à un anneau de fer qui garantit toute tentative dʼévasion (des fois quʼil en ait marre ce kayak de cette
rando...)
17h ont sonné au clocher de Lampaul. Les plus courageux vont se baigner. Difficile dʼatteindre lʼeau, il faut
franchir le barrage dʼalgues. Toilette au savon marin. Des promeneurs observent les activités de ces Rigolos
qui déballent leurs affaires dans un joyeux désordre, montent les tentes et répandent leurs équipements
mouillés sur leurs drôles de totems (il y eut bien encore quelques chavirages de vêtements, jupes, gilets,
par-terre...).
Le tarp de Dap accueille le groupe pour lʼapéro et le breefing. Mais pas de table, ni de bancs cette fois. Les
randonautes novices apprennent à leurs dépends quʼil vaut mieux se munir dʼun trépied, parce que ça suffit
bien de jouer les culs-de-jatte en mer, mais sur terre cʼest lassant et on a vite les fesses mouillées et des
fourmillements dans les jambes.
Moi qui nʼai pas ce problème jʼobserve le paysage, bien planquée derrière une haie de bruyère (jʼai failli être
découverte par dʼaucuns qui cherchaient les toilettes...). Hum, on dirait que le temps va changer. Le sentier
fait le dos rond en serpentant vers Lampaul, flirtant avec un gros rocher pointu dressé sur lʼherbe rase, qui
marque la limite nord de Porz-Goret. Les champs où se dressent les tentes sʼétirent de la dune à quelques
maisons. La lande, douce et fleurie, teintée de roses et de mauves, coupée de haies de fougères et de
bruyères mêlées, sʼaplatit en chemins qui relient les maisons à la dune et plus au sud à une plage de sable
et à une arche de pierre. Le bivouac est dans lʼalignement du Créacʼh et du gros rocher du milieu de la baie.
Enfin, il mʼa semblé, car tout à coup la brume a tout recouvert. On ne voit plus les maisons ni la mer. Les
voyageurs se restaurent (riz et poisson, bravo Dap!) dans cette atmosphère irréelle avec le sentiment dʼêtre
coupés du monde. Le temps est rythmé par la corne de brume. Bouououh... Puis le rideau se déchire, la
lumière revient... jusquʼau retour de la brume, par vagues.
Il faut renoncer à la balade du soir: obscurité + brume= danger sur ces rivages déchiquetés. Alors au dodo :
demain cʼest lever à 6 heures.
Dans la nuit, le Créach balaie les tentes de son faisceau, le Nividic, la Jument, se joignent à cette symphonie
de lumière. Les étoiles scintillent dans un ciel magnifique mais, entre brume et sommeil, bien peu les
contempleront.

à suivre.................
J2 : Molène-Ouessant
Mardi, petit matin gris, mais pas de pluie. Après un petit-déjeuner de harengs frais surpris au saut du lit, je
lissais ma fourrure au pied de la dune. La mer était haute, aux dernières heures de la marée montante, et
tapait la cale au pied du camping. Les Rigolos jaillirent de leur tente avec lʼaube et commencèrent à sʼagiter.
Bientôt une odeur de café me chatouilla les narines; thé, pain, crêpes, confiture, compote, jus de fruit
sʼoffraient aussi à leur appétit (aà¯e mon cou: quelle gymnastique pour voir tout ça!). Jʼassistai au pliage des
tentes mouillées et au rangement. Mais je pris la mesure du dépouillement de mes compagnons de voyage
quand je les vis renfiler gilets, blousons, jupes -voire combinaisons, T-shirts, pantalons- et chaussures
détrempés. Vraiment Dame-nature ne les a pas gâtés ! Mais quelle idée aussi de vouloir évoluer hors de son
milieu nʼest-ce pas? Enfin, ptêtre que leurs arrières, arrières, arrières (arrières...) petits-enfants auront un
jour une fourrure ou des écailles : retour à lʼenfance du monde et vive Darwin!
Et hop, premier portage du jour ! Hélas la brouette sʼest fait la malle. Reste le chariot et les bras pour aller
reposer les kayaks remplis jusquʼaux trappes sur la cale. Entraide encore pour embarquer tandis que
Nicolas, qui semble sʼêtre désigné photographe-reporter prend des photos et que le Chef installe et démarre
la caméra, Gilles et Rémi assurent lʼarrière-garde. Et moi je suis, avec des airs de bouée à la dérive. Nous
laissons Molène sur notre gauche, traversons le port et contournons la digue dʼembarquement des navettes.
Ouessant est posée sur lʼhorizon, comme une invite ou un défi. Ouessant, Enez Eussa, lʼIle Extrême, fière
et réputée peu accessible, défendue par un fort courant, le Fromveur, encore plus redoutable en ces jours
de vives-eaux. Nous avons rendez-vous à 14h15 précise au phare de Kéréon avec la dernière demi-heure
de la marée descendante, moment ou le courant sera le moins fort et nous portera à la pointe sud. Mais aux
avants-postes se dressent Banalec et Banec et tout plein de "cailloux" .
On glisse entre Molène et Ledenez et on fait des bacs de rochers en rochers pour passer à lʼEst de Balanec.
Puis on vise Banec.
Les Indiens de Pornichet peuvent continuer de sʼextasier sur la transparence de lʼeau : les forêts dʼalgues et
les galets glissent sous les kayaks à la vitesse dʼun tapis roulant à en donner le tournis! Certains
sʼabstiennent de regarder de crainte dʼêtre aspirés par ce manège. Et pas question de lambiner sous peine
de finir "à Dreuz".
Dap peut être fier de sa troupe : tous les bacs sont parfaitement réussis et les objectifs atteints sans avoir
recours aux positions de repli. On sʼextasie même, dans une accalmie, devant de véritables "sapins de
Noël" : des algues constellées de minuscules coquillages roses tout brillants, qui se balancent doucement
dans lʼeau limpide.
Et voilà ! On atteint la plage du pique-nique sur Banec largement dans les temps. Le paysage est différent,,
les rochers plus aigus, déchiquetés. Impression de solitude, dʼisolement, dʼune beauté sauvage,
authentique, qui semble à chaque instant renouvelée dans les jeux de la lumière glissant sur ces paysages.
Le passage de la navette dʼOuessant a quelque chose dʼirréel, dʼincongru, de déplacé et pour tout dire, de
lointain. Nos voyageurs glisseraient-ils tout doucement dans une autre dimension?
Les kayaks bien posés sur les cailloux (rien à craindre, la mer descend), et leurs "moteurs" occupés à faire
le plein, je mʼéloigne pour ne pas écorcher mes nageoires sur les cailloux bien acérés : rien à voir avec les
jolis galets ronds et lisses de Béniguet (Béniguette vous dis-je!). De la mer, la plage semble posée dans une
crique rétrécie et gardée par des sentinelles rocheuses couronnées de vols dʼoiseaux. Une petite maison
déserte posée sur la dune comme un jouet oublié constitue le seul rappel de la civilisation. Le ciel est dʼun
gris pâle et tandis que les voyageurs se reposent, des trouées de bleu commencent à apparaître. Et puis
soudain cʼest la surprise, le ciel sʼouvre, devient dʼun bleu intense et le soleil resplendit. Magie de lʼinstant.
Les Veilleurs dʼOuessant nous signifieraient-ils notre laissez-passer ?
Vaisselle au sable et à lʼeau de mer, rangement, remise des jupes et des gilets et petit portage pour remettre
les kayaks à lʼeau. Comme on a le temps il y a un petit supplément au programme: le tour de Banec pour
voir les roches cyclopéennes que les tempêtes lancent au sommet des rochers. Eh oui, ici la mer en ses
colères joue à "Volez, balles!" avec des "cailloux" de plusieurs tonnes ! Mais non, ce nʼest pas une blague :
les scores sont authentifiés par des photos prises à différents époques.
En silence on salue la performance et la puissance de cette eau qui, sur la côte Est de lʼîle, est aujourdʼhui
lisse comme un tissu satiné.... qui commence à gondoler quand on passe à lʼOuest. Là -bas au nord le phare
de Kéréon nous fait signe et on lʼatteint en progressant contre le courant puis on se glisse dans le contre.
Les appareils photos immortalisent lʼinstant.
Prochain objectif : Ouessant, étalée devant nous sur toute sa longueur, de la Jument, petit point sur lʼhorizon
sud, au Stiff ,à la pointe nord, dont on prend le sémaphore pour cap afin de ne pas se laisser entraîner par le
courant.... et rater lʼîle ! On a une demi-heure pour traverser alors on y va ! Le groupe sʼouvre en éventail,
certains tenant trop bien leur cap. Gilles et Framboise sont loin devant, et comme la mer se creuse, on ne
les voit plus. Heureusement ils guettent la progression des autres et sʼen rapprochent en recalant leur
direction sur la Jument. Les kayaks dansent sur le Fromveur, leurs cavaliers sʼencouragent mutuellement.
Ouf, ça y est, passage réussi, et à lʼendroit. Cʼétait vraiment pas le moment ni le lieu de mesurer la
température de lʼeau.
Lʼavant-garde a atteint lʼîle et progresse en regardant le paysage et en faisant du rase-cailloux. Rien à voir
avec une arrivée avec la navette. En kayak (ou en otarie...) on peut raser lʼîle qui nous domine de toute sa
hauteur et déroule ses falaises, ses criques, ses plages, avec force et retenue. Quelques groupes de
maisons, puis plus rien : la pointe Sud est sauvage et déserte, passages rocheux et arches de pierre.
Le groupe se rassemble, Dap filme. La Jument est à portée de pagaie mais on oblique vers Nividic et ses
colonnes étranges ourlées de belles déferlantes. Il faut se méfier des "patates", ces rochers affleurants. Le
Créacʼh domine un paysage déchiqueté de sa silhouette rayée entourée de monstres pétrifiés. On imagine
les lieux par jours de tempête... Sur la dune quelques promeneurs assistent à notre arrivée.
Entrée victorieuse dans la baie de Lampaul, un arc-de-cercle peuplé de petites maisons qui sʼétalent, bien
concentrées au pied du clocher et de plus en plus rares en sʼen éloignant. Un gros rocher creusé dʼune
grotte marque le milieu de la baie. Le groupe se scinde : trois rallient la plage de Porz-Goret, lieu du bivouac,
et les autres continuent et abordent dans le petit port au pied de lʼéglise. Il est 15h, la renverse a eu lieu et il
leur faut hisser les kayaks hors de portée de la montante. Cailloux aigus et glissants couverts dʼalgues...Je
me cache derrière un bateau pendant que mes compagnons font un petit passage à la supérette pour
acheter de lʼeau et du poisson (si je nʼétais pas voyageuse clandestine ils auraient pu me demander, je leur
en aurait fourni moi du beau poisson bien frais et pas du congelé! Si cʼest pas malheureux de voir ça....). Les
voici au bar qui domine les kayaks quʼils peuvent surveiller en faisant quelques pas. La terrasse est pleine
de monde et il faut une certain détachement pour y circuler en tenue de kayakiste défraîchi. Il fait beau et
chaud, ça donne soif, mais Framboise ne verra jamais venir la glace demandée à plusieurs reprises.
Il est temps de repartir, la mer atteint les kayaks et jʼallais être obligée de mʼen mêler. Des curieux observent
lʼembarquement. Jean-Luc passe sa pagaie bois groenlandaise à Framboise.... qui manque de se retourner
à la première tentative. Un coup de genou redresse le kayak et empêche la baignade. On sait quʼelle aime
lʼeau mais en public faut savoir se tenir.
Arrivée à Porz-Goret au milieu de paquets dʼalgues, des fucus et leurs flotteurs en forme de grosses perles,
qui recouvrent et rendent glissant de gros cailloux à sʼen fouler les nageoires. On commence par mettre les
kayaks hors de portée de la montante, puis Dap décide quʼil faut les monter sur la dune. Et là jʼassiste au
portage le plus casse-g... de la rando. Par groupes de quatre au moins, nos voyageurs se saisissent dʼun
kayak, se tordent les pieds et progressent péniblement sur lʼestran. Parfois lʼun deux glisse et se retrouve
par-terre, tandis que les autres empêchent le kayak de sʼécraser au sol. Il faut grimper sur la dune, aidés par
un cinquième qui se saisit de la proue pour soulager lʼalpiniste de tête. Quelques mètres encore sur un
chemin de terre et voici le kayak posé sur un sol qui parait bien doux à sa coque après lʼatterrissage sur
cette plage. Et dʼun, et de deux, et de trois.... et de neuf... Rémi a attaché son kayak en polyeth au pied de la
dune à un anneau de fer qui garantit toute tentative dʼévasion (des fois quʼil en ait marre ce kayak de cette
rando...)
17h ont sonné au clocher de Lampaul. Les plus courageux vont se baigner. Difficile dʼatteindre lʼeau, il faut
franchir le barrage dʼalgues. Toilette au savon marin. Des promeneurs observent les activités de ces Rigolos
qui déballent leurs affaires dans un joyeux désordre, montent les tentes et répandent leurs équipements
mouillés sur leurs drôles de totems (il y eut bien encore quelques chavirages de vêtements, jupes, gilets,
par-terre...).
Le tarp de Dap accueille le groupe pour lʼapéro et le breefing. Mais pas de table, ni de bancs cette fois. Les
randonautes novices apprennent à leurs dépends quʼil vaut mieux se munir dʼun trépied, parce que ça suffit
bien de jouer les culs-de-jatte en mer, mais sur terre cʼest lassant et on a vite les fesses mouillées et des
fourmillements dans les jambes.
Moi qui nʼai pas ce problème jʼobserve le paysage, bien planquée derrière une haie de bruyère (jʼai failli être
découverte par dʼaucuns qui cherchaient les toilettes...). Hum, on dirait que le temps va changer. Le sentier
fait le dos rond en serpentant vers Lampaul, flirtant avec un gros rocher pointu dressé sur lʼherbe rase, qui
marque la limite nord de Porz-Goret. Les champs où se dressent les tentes sʼétirent de la dune à quelques
maisons. La lande, douce et fleurie, teintée de roses et de mauves, coupée de haies de fougères et de
bruyères mêlées, sʼaplatit en chemins qui relient les maisons à la dune et plus au sud à une plage de sable
et à une arche de pierre. Le bivouac est dans lʼalignement du Créacʼh et du gros rocher du milieu de la baie.
Enfin, il mʼa semblé, car tout à coup la brume a tout recouvert. On ne voit plus les maisons ni la mer. Les
voyageurs se restaurent (riz et poisson, bravo Dap!) dans cette atmosphère irréelle avec le sentiment dʼêtre
coupés du monde. Le temps est rythmé par la corne de brume. Bouououh... Puis le rideau se déchire, la
lumière revient... jusquʼau retour de la brume, par vagues.
Il faut renoncer à la balade du soir: obscurité + brume= danger sur ces rivages déchiquetés. Alors au dodo :
demain cʼest lever à 6 heures.
Dans la nuit, le Créach balaie les tentes de son faisceau, le Nividic, la Jument, se joignent à cette symphonie
de lumière. Les étoiles scintillent dans un ciel magnifique mais, entre brume et sommeil, bien peu les
contempleront.
à suivre.................
- Oli
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Re : rando molene-ouessant-sein
Super !
J'attends la suite !
J'attends la suite !
-
jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
Mimi l'otarie ne nous a pas oublié pour ce nouveau chapitre
J3 : Ouessant-Le Conquet
C'est quoi ce raffut ? Ah oui, après une nuit paisible, voilà les Rigolos levés aux aurores; 6h... Oh la la, mes yeux sont embrumés comme le ciel. Rituel matinal déjà rodé : pti-déj, rangement, habillage, portage. Heureusement la mer est haute, ça évite quelques entorses. On glisse dans la baie de Lampaul le long de la pointe Sud qu'il nous faut contourner. Plein de passes, et de "patates" à éviter. Ca s'agite... Le Créac'h, le Nividic puis la Jument nous saluent.
Au milieu d'une passe une série de déferlantes scélérates met deux kayaks à l'envers. Pas de chance, leur Sainte commune devait regarder ailleurs à ce moment.... Heureusement que je suis là ! j'en saisis un par la poupe pour l'empêcher de se fracasser sur un rocher, sur lequel il se contente de s'échouer. Sa cavalière est en équilibre instable et n'arrive pas à décrocher malgré des coups de pagaie désespérés. Une autre vague venue d'une autre direction la fait basculer lentement. Plouf... Intervention du Chevalier pendant que d'autres récupèrent sa camarade. L'Homme du Sud a eu peur en voyant le kayak qui le précédait partir comme une fusée droit sur le rocher et a failli à son tour goûter à la baignade.
Zut, j'ai été repérée: j'ai perdu dans la bagarre mon joli camouflage. Heureusement ces ignares m'ont prise pour un phoque. Je voulais seulement rendre une assiette à sa propriétaire. Tant pis, je m'en ferai un joli chapeau, genre auréole. Après tout, j'ai fait mieux que la Sainte des deux baigneuses.
Sur la dune des lapins rigolent et un pêcheur, -bien élevé, lui-, fait semblant d'avoir rien vu.
Pas plus de peur que de mal. Une plage accueille les naufragées pour un changement de tenue. Gilles se dévoue pour qu'elles y posent pied et en repartent sans encombre. C'est beau la galanterie.
Cap sur Kéréon au pied duquel on se donne rendez-vous. La mer est lisse, c'est incroyable. Le groupe s'étire loin derrière Dap. Ca me paraît pas une bonne idée de batifoler dans le Fromveur et j'essaie d'en avertir les traînards mail ils ne savent que crier "phoque, phoque". Ah! les problèmes de communication... Et vas-y que je te prends en photo, la main sur le phare.
Que se passe-t-il? Dap fonce seul droit devant sans marquer le rendez-vous. Il a senti la renverse, arrivée plus tôt que prévue : un problème avec les références des horaires de marée. Plutôt que d'attendre les retardataires il marque l'urgence de se sortir de là avant que le courant devienne infranchissable.
Les pagaies s'agitent. Ouf, la barre est franchie et on se regroupe. Dap décide d'un changement de cap et on repart. Mais voici qu'apparaît à tribord la vedette d'Ouessant. Katell donne l'alerte: lors d'une précédente sortie elle a surgi de la brume un peu trop près, ça ne s'oublie pas. Cette fois elle semble vouloir passer derrière nous mais, pour atteindre le port du Stiff, elle incurve sa trajectoire visant alors le milieu du groupe. Energiques coups de pagaie en arrière pour les plus menacés. Elle passe finalement devant Dap qui met ensuite le cap à l'Est.
De bacs en bacs, passant au nord de Benec et Banalec, on oblique vers le sud de Ledenez-Molène. Une plage nous accueille. Une antenne et quelques baraques désertes occupent l'île. Molène, de l'autre côté de la dune est toute proche. Il n'est pas encore midi mais comme le petit-déjeuner est loin, le "taboulé magique" que Dap a concocté est vivement apprécié. J'en remplirais bien mon assiette...
Profitant des dernières heures de la descendante on repart. Le taboulé a de curieux effets : Katell est boostée, Nicolas dans le cirage. Passage au nord de Quéménes, puis de Morgol. On traverse le chenal du Four en visant les éoliennes du continent pour ne pas se laisser emporter par le courant. Les rescapés de la traversée rock n' roll n'en reviennent pas : on en est à espérer le passage de quelques bateaux pour avoir des vagues. On passe au sud de la Grande Minotière étrangement sereine cette fois, on ne sent même pas les hauts-fonds. Décor de carte postale : le vieux cotre "La Belle Etoile" de Camaret avec Le Conquet en arrière-plan sur calme plat et ciel bleu.
Cap sur Porz-Liogan. Les plus curieux (ou les plus gourmands ?) accompagnent Jean-Luc qui hélas ne retrouve pas sa palandre. Sans doute arrachée par les chaluts qui passent à fond les moteurs sans tenir compte de rien ni de personne. Pas de chance pour la pêche en kayak.
Atterrissage à 14h30 devant des estivants curieux, voire questionneurs et admiratifs qui se rôtissent au soleil. Portage... Baignade pour quelques-uns, repos pour tous. Sauf pour Dap qui part au ravitaillement.
Retrouvailles familiales pour certains et visite de Jacqueline.
Les Bipèdes semblent apprécier la simple présence des WC chimiques en bas du parking. Confort relatif mais confort quand même. Ils se débarrassent des choses jugées superflues dans leurs voitures dont certaines partent pour Brest : leurs passagers rêvent d'une douche au Moulin-Blanc. Après trois jours de mer et de bivouac c'est du bonheur en barre. Les autres n'ont pas envie de retrouver la civilisation.
En soirée je reviens d'une visite à mon cousin à qui j'ai raconté mes aventures. Je lui ai confié mon assiette : pas le temps de faire la modiste avec ces enragés de la pagaie. La plage désertée, ils ont monté les tentes. Pas facile sur le sable. Les kayaks servent d'arrimage aux tendeurs et les sardines sont coincées sous des pierres d'ailleurs bizarrement rares ici.
Tout ça rappelle des souvenirs à Katell qui campa là dans sa jeunesse et en famille. Photos donc.
Apéro, repas, dodo.
Des braillards gueulent en allemand en pleine nuit, les réveillés s'inquiètent pour les kayaks, mais les perturbateurs ne s'approchent pas. On se rendort.... Chut....

à suivre...........
J3 : Ouessant-Le Conquet
C'est quoi ce raffut ? Ah oui, après une nuit paisible, voilà les Rigolos levés aux aurores; 6h... Oh la la, mes yeux sont embrumés comme le ciel. Rituel matinal déjà rodé : pti-déj, rangement, habillage, portage. Heureusement la mer est haute, ça évite quelques entorses. On glisse dans la baie de Lampaul le long de la pointe Sud qu'il nous faut contourner. Plein de passes, et de "patates" à éviter. Ca s'agite... Le Créac'h, le Nividic puis la Jument nous saluent.
Au milieu d'une passe une série de déferlantes scélérates met deux kayaks à l'envers. Pas de chance, leur Sainte commune devait regarder ailleurs à ce moment.... Heureusement que je suis là ! j'en saisis un par la poupe pour l'empêcher de se fracasser sur un rocher, sur lequel il se contente de s'échouer. Sa cavalière est en équilibre instable et n'arrive pas à décrocher malgré des coups de pagaie désespérés. Une autre vague venue d'une autre direction la fait basculer lentement. Plouf... Intervention du Chevalier pendant que d'autres récupèrent sa camarade. L'Homme du Sud a eu peur en voyant le kayak qui le précédait partir comme une fusée droit sur le rocher et a failli à son tour goûter à la baignade.
Zut, j'ai été repérée: j'ai perdu dans la bagarre mon joli camouflage. Heureusement ces ignares m'ont prise pour un phoque. Je voulais seulement rendre une assiette à sa propriétaire. Tant pis, je m'en ferai un joli chapeau, genre auréole. Après tout, j'ai fait mieux que la Sainte des deux baigneuses.
Sur la dune des lapins rigolent et un pêcheur, -bien élevé, lui-, fait semblant d'avoir rien vu.
Pas plus de peur que de mal. Une plage accueille les naufragées pour un changement de tenue. Gilles se dévoue pour qu'elles y posent pied et en repartent sans encombre. C'est beau la galanterie.
Cap sur Kéréon au pied duquel on se donne rendez-vous. La mer est lisse, c'est incroyable. Le groupe s'étire loin derrière Dap. Ca me paraît pas une bonne idée de batifoler dans le Fromveur et j'essaie d'en avertir les traînards mail ils ne savent que crier "phoque, phoque". Ah! les problèmes de communication... Et vas-y que je te prends en photo, la main sur le phare.
Que se passe-t-il? Dap fonce seul droit devant sans marquer le rendez-vous. Il a senti la renverse, arrivée plus tôt que prévue : un problème avec les références des horaires de marée. Plutôt que d'attendre les retardataires il marque l'urgence de se sortir de là avant que le courant devienne infranchissable.
Les pagaies s'agitent. Ouf, la barre est franchie et on se regroupe. Dap décide d'un changement de cap et on repart. Mais voici qu'apparaît à tribord la vedette d'Ouessant. Katell donne l'alerte: lors d'une précédente sortie elle a surgi de la brume un peu trop près, ça ne s'oublie pas. Cette fois elle semble vouloir passer derrière nous mais, pour atteindre le port du Stiff, elle incurve sa trajectoire visant alors le milieu du groupe. Energiques coups de pagaie en arrière pour les plus menacés. Elle passe finalement devant Dap qui met ensuite le cap à l'Est.
De bacs en bacs, passant au nord de Benec et Banalec, on oblique vers le sud de Ledenez-Molène. Une plage nous accueille. Une antenne et quelques baraques désertes occupent l'île. Molène, de l'autre côté de la dune est toute proche. Il n'est pas encore midi mais comme le petit-déjeuner est loin, le "taboulé magique" que Dap a concocté est vivement apprécié. J'en remplirais bien mon assiette...
Profitant des dernières heures de la descendante on repart. Le taboulé a de curieux effets : Katell est boostée, Nicolas dans le cirage. Passage au nord de Quéménes, puis de Morgol. On traverse le chenal du Four en visant les éoliennes du continent pour ne pas se laisser emporter par le courant. Les rescapés de la traversée rock n' roll n'en reviennent pas : on en est à espérer le passage de quelques bateaux pour avoir des vagues. On passe au sud de la Grande Minotière étrangement sereine cette fois, on ne sent même pas les hauts-fonds. Décor de carte postale : le vieux cotre "La Belle Etoile" de Camaret avec Le Conquet en arrière-plan sur calme plat et ciel bleu.
Cap sur Porz-Liogan. Les plus curieux (ou les plus gourmands ?) accompagnent Jean-Luc qui hélas ne retrouve pas sa palandre. Sans doute arrachée par les chaluts qui passent à fond les moteurs sans tenir compte de rien ni de personne. Pas de chance pour la pêche en kayak.
Atterrissage à 14h30 devant des estivants curieux, voire questionneurs et admiratifs qui se rôtissent au soleil. Portage... Baignade pour quelques-uns, repos pour tous. Sauf pour Dap qui part au ravitaillement.
Retrouvailles familiales pour certains et visite de Jacqueline.
Les Bipèdes semblent apprécier la simple présence des WC chimiques en bas du parking. Confort relatif mais confort quand même. Ils se débarrassent des choses jugées superflues dans leurs voitures dont certaines partent pour Brest : leurs passagers rêvent d'une douche au Moulin-Blanc. Après trois jours de mer et de bivouac c'est du bonheur en barre. Les autres n'ont pas envie de retrouver la civilisation.
En soirée je reviens d'une visite à mon cousin à qui j'ai raconté mes aventures. Je lui ai confié mon assiette : pas le temps de faire la modiste avec ces enragés de la pagaie. La plage désertée, ils ont monté les tentes. Pas facile sur le sable. Les kayaks servent d'arrimage aux tendeurs et les sardines sont coincées sous des pierres d'ailleurs bizarrement rares ici.
Tout ça rappelle des souvenirs à Katell qui campa là dans sa jeunesse et en famille. Photos donc.
Apéro, repas, dodo.
Des braillards gueulent en allemand en pleine nuit, les réveillés s'inquiètent pour les kayaks, mais les perturbateurs ne s'approchent pas. On se rendort.... Chut....
à suivre...........
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
suite du périple vu par Mimi l'otarie
J4 : Le Conquet-Morgat
Ce matin c'est presque une grass'mat' on dirait. Les Rigolos sont à peine levés quand je rentre, un peu avant 8h, de ma pêche matinale. Ils sont, après le petit-déj, quelque peu crépis de sable mouillé (surtout ceux qu'ont pas de pliant hi, hi) et, après rangement, l'emplacement des tentes laisse des rectangles de sable sec.
Cool ce matin, on attend de partir vers 10h, peu avant la renverse, pour profiter ensuite du tapis roulant de la descendante. Mais, habitués maintenant à booster au petit matin, voici mes compagnons embarqués à 9h30. J'y crois pas! On peut même plus digérer tranquille et se sécher tranquillement la fourrure. Même l'intermède de Rémi sur le thème "où est donc passé mon sac étanche avec mes vêtements de rechange" (regard circulaire et inquisiteur -tous ont le même fournisseur de sacs étanches à vide d'air-, même les Allemands éméchés ont du se sentir visés, de loin) ne les a pas ralentis. Bon, d'accord, on y va..
Le kayak de Dap a changé d'allure, voyons... Ah! oui, il manque sur le pont arrière les espèces de bouées sur lesquelles il le posait, à terre, pour le déplacer. Dommage, ça aurait pu faire des flotteurs. "Chariot remballé" commente-t-il aux petits malins qui ont récupéré des sangles dans les voitures pour les prochains portages. Mais il a toujours la caméra sur le pont avant.
Tiens, ça n'appuie pas trop sur les pagaies. C'est cool-Raoul-relax-Max jusqu'à la pointe St Mathieu. Admirons donc le paysage, pour une fois que ça secoue pas trop dans les parages.
Magnifique et grandiose la pointe St-Mathieu vue d'en bas. Le monument aux morts, l'abbaye en ruine, le phare.... L'endroit impose le silence et fait sortir les appareils photos. Mais faudrait quand même pas trop lâcher les pagaies, d'autant que certains tout à coup semblent avoir pris le mors aux dents.
On aperçoit là -bas la pointe de Bertheaume mais on glisse doucement vers le large. Il est 10 h, c'est la renverse. Allons, soyons fous, la mer est belle, les pagayeurs aguerris et la presqu'île de Crozon nous fait de l'oeil. Laissons Brest à son goulet, ignorons la presqu'ile de Plougastel et visons Pen-Hir et Les Tas de Pois, tout schuss et en direct.
On croise quelques bateaux de la marine. Quelqu'un crie "là -bas, le Mont-St-Michel" ! Des naà¯fs, ignorant la géographie, s'extasient. Quelle luminosité, quelle visibilité aujourd'hui ! Tiens donc, à force d'être désensablé, le célèbre Mont aurait-il largué ses amarres et décidé de redevenir breton ? Hé non, ce n'est qu'un navire qui nous présente son plus beau profil.
Pagayons, pagayons, (eh! moi je nage...) ce qui n'empêche ni de causer ni de rire. Le rire de Sylvie glisse sur l'eau, ondule, cascade, rebondit, puissant et rassembleur : tant qu'on l'entend on est sûr d'être à portée de voix.
On dirait que les compas ne sont pas d'accord : certains glissent vers l'est avec Dap et d'autres, à l'écart et à l'avant-garde, gardent le cap au compas et Pen-Hir en figure de proue. C'est vrai que Dap trimballe les gamelles et que son bateau, lourdement chargé, enfourne. Laissons donc Pen-Hir un peu à tribord. Comme ça on peut admirer au passage, posées sur la falaise, une croix de Lorraine et la Maison du poète.
Un joli contre-courant freine l'avant-garde derrière l'Aiguille, le Pois le plus près de la pointe, impressionnant d'ailleurs en contre-plongée. Quelques petites déferlantes se glissent dans la passe, au-delà c'est le calme de l'anse de Dinant (mais non, on n'a pas mis le cap sur le Mont-St-Michel) qui prolonge celle de Pen-Hir, où se balance tranquille "La Belle Etoile" dont les passagers nous ignorent superbement. Bêcheurs va !
Cap sur la plage de Pen-Hir -sable, galets, falaise-, déserte à souhait. La plage voisine est coiffée d'un bar-crêperie, d'un parking, et pleine de monde (enfin, presque), boudons-la.
Il est 12h30, heure du pique-nique qui sonne le milieu de la semaine de rando, déjà .... Salade du jour, et Framboise qui essaie de "vendre" le Ptit Brie qu'elle trimballe depuis quatre jours et qui tend petit à petit, surtout après affinage au soleil de Porz-Liogan, à s'aplatir et à s'élargir, façon colmatage de la trappe avant. Mais il y a concurrence avec les camemberts qui courent encore plus vite.
Conseil de mer : on est en avance sur le programme puisqu'on devait bivouaquer sur la plage de Goulien, toute proche, alors que fait-on ? Dap appelle ses potes du coin pour savoir où pourrait-être le prochain bivouac. Ile de la Vierge près de Morgat.... Faut passer le Cap de la Chèvre et ce n'est pas tout près. Accord unanime de tous ces enragés de la pagaie. Moi, on ne m'a pas demandé mon avis. Mais je les aime bien ces fadas, alors...
Après le repas Dap et quelques autres se glissent le long de la falaise vers la plage voisine (merci à la marée descendante) pour un café et quelques douceurs civilisatrices. Pendant ce temps, à la lisière du sable (pour matelas) et des galets (pour oreillers), certains s'abandonnent à une petite sieste réparatrice.
Mais il tombe de gros cailloux à quelques centimètres des têtes des dormeurs, et ploc, un kayak est atteint. Pas de dégâts, mais des crétins qui, en haut de la falaise, essaient de se cacher. Nicolas se fâche. Dommage, personne n'a eu le réflexe d'appeler Dap (si réseau..) qui les aurait pris à revers, histoire de leur expliquer les bonnes manières. Faudra que j'apprenne à mes compagnons à dormir en mer, si un jour nous sommes officiellement présentés, car finalement c'est moins risqué.
Ré-embarquement. Le cap de la Chèvre se profile à l'horizon mais, histoire de s'amuser un peu, on vise la pointe de Dinant et on suit la courbe de la côte pour flirter avec les déferlantes de la plage de La Palud, bien connue des surfeurs et autres cascadeurs en wave-ski. Flirt plus ou moins appuyé selon l'humeur et l'intrépidité de chacun. Passage sans encombre et on continue, on continue....
Ici et là émergent des plongeurs, avec (les raisonnables) ou sans (les imprudents) bouée de repérage, que l‘on prend pour des phoques. Les plongeurs, pas les bouées. Enfin, pas encore. Car bientôt Katell crie: "un phoque, un phoque!" à chaque bouée rouge, verte, bleue, noire... Dap se moque : "Mais oui Katell, un phoque rouge, un phoque vert". Fais pas le malin Dap, elle a pas tort à tous les coups, la blonde, je suis en train de renouveler mon camouflage et m'accorde quelques essayages.
Impressionnant les paysages. Falaises, falaises, grottes, grottes, falaises.. Et les couches géologiques, en feuilletages colorés gravement inclinés, où s'inscrivent les millénaires, l'érosion et les bouleversements sismiques. Allô Alain... on aurait bien besoin de tes lumières pour être ce soir un peu moins idiots.
Dommage pour la Grotte du Charivari, aux abords du Cap de la Chèvre, à sec à marée basse, et que l'on ne visitera donc pas. On passe le cap et sa chaussée de rochers et on remonte au nord-est par l'anse de St-Nicolas.
Voici les grottes de Morgat, invitation à l'exploration, mais pas assez d'eau. Bonjour les nids de cormorans accrochés aux falaises, aux linteaux des grottes, et les oiseaux à la parade. Passages sous des arches et entre des pans de roches. Magique.
C'est pas tout ça, les milles commencent à s‘accumuler,. Encore un effort, les bateaux se font plus nombreux, on approche d'un port. Je risque une sortie, sourit à la kayakiste de tête "Copain, copain, viens, crie-t'elle". Je prends la pose, le temps d'une photo, mais un indiscret s'approche, je plonge.
Encore une pointe à passer, la dernière (qu'i disent). Dap a filé devant, laissant la consigne de s'arrêter à la plage de St-Herniot dite de La Vierge, que certains connaissent bien. Lui va jusqu'à Morgat, pourvoir au ravitaillement, recharger sa caméra et dire bonjour aux copains.
On dépasse de jolies plages de sable, et on vise une plage de gros galets. On ne va pas s'arrêter là ? Si, c'est la seule qui ne sera pas recouverte à marée haute. Pas large la plage, pentue et bordée d'une haute falaise qui la rend inaccessible par voie de terre.
Atterrissage, démonstration de portage avec sangles : une sangle à chaque bout, un porteur de chaque côté et à chaque extrémité, un de chaque côté de l'hiloire. A six, on court presque sur les galets (aà¯e les chevilles) et la pente avec un kayak chargé. Etalage des affaires mouillées sur des rochers gris comme des blocs d'aluminium. Les touristes qui longent la plage en vedette et les plaisanciers en voiliers contemplent un drôle de spectacle... Des kayakistes locaux passent, interpellent.
Première leçon aux néophytes : ne pas rester et/ou installer sa tente au pied de la falaise, au risque de se prendre une pierre sur le coin de la figure.
Et puis d'abord, comment on installe une tente sur des galets: leçon n°2. Et bien, un galet de taille adéquate sert d'ancre à un tendeur ou à un élastique, le dit galet est placé dans un trou creusé au milieu de ses congénères et recouvert par ceux-ci. Pour les sardines incontournables, on les glisse entre les galets et on les recouvre d'autres galets. Un ptit trou, un ptit trou, encore un ptit trou.... Résultat garanti.
Leçon n° 3 : Pour rendre sa couche un peu moins inconfortable et l'égaliser, prendre un bidon, le remplir de petits cailloux bien ronds (trouver une mine des dits petits cailloux d'abord), attention c'est lourd, et verser dans les interstices. Comme le fait remarquer Sylvie, heureusement que l'on a rapporté plein de sable du précédent bivouac. Optimiste va.
Résumons : on a une falaise, un espace raisonnable entre la falaise et les tentes, les kayaks près des tentes, parallèles à la mer, et la mer qui monte, qui monte jusqu'à lécher les kayaks. Alors où sont les toilettes ? Hum...
Dominique s'interroge sur le trajet parcouru, Framboise déballe ses cartes, un groupe se forme, on commente le parcours et on compte les milles : une vingtaine au premier regard. Pas mal... Katell note ses impressions en vue d'un compte-rendu.
Dap revient, il a oublié l'eau et en sera quitte pour un aller-retour demain matin. Il doit d'ailleurs récupérer sa caméra. (3 milles de plus en kayak, ça use, ça use...). Plus de gaz dans la bouteille non plus, faudra appeler Jacqueline à la rescousse, qui doit nous rejoindre à la prochaine étape. Repas froid donc.
Le coucher de soleil crée de drôles d'effets de lumière. La-bas un voilier passe, voile éclatante comme un soleil sur fond gris. D'autres voiliers sont à l'ancre, tout près, ce qui complique encore certains problèmes...mais il fait bientôt nuit.
Matelas auto-gonflant posés, on ne sent pas trop les galets, on va dormir... Mais...bruit assourdissant, proche et prolongé. Un hélico ! A-t-il décidé de se poser sur les tentes ? ou de s'offrir la falaise ? ouf, il s'éloigne.
La nuit, sous les tentes, certains font de la varape : dans la pente les sacs de couchage glissent sur les matelas. Pas pensé à s'encorder!.
à suivre......
J4 : Le Conquet-Morgat
Ce matin c'est presque une grass'mat' on dirait. Les Rigolos sont à peine levés quand je rentre, un peu avant 8h, de ma pêche matinale. Ils sont, après le petit-déj, quelque peu crépis de sable mouillé (surtout ceux qu'ont pas de pliant hi, hi) et, après rangement, l'emplacement des tentes laisse des rectangles de sable sec.
Cool ce matin, on attend de partir vers 10h, peu avant la renverse, pour profiter ensuite du tapis roulant de la descendante. Mais, habitués maintenant à booster au petit matin, voici mes compagnons embarqués à 9h30. J'y crois pas! On peut même plus digérer tranquille et se sécher tranquillement la fourrure. Même l'intermède de Rémi sur le thème "où est donc passé mon sac étanche avec mes vêtements de rechange" (regard circulaire et inquisiteur -tous ont le même fournisseur de sacs étanches à vide d'air-, même les Allemands éméchés ont du se sentir visés, de loin) ne les a pas ralentis. Bon, d'accord, on y va..
Le kayak de Dap a changé d'allure, voyons... Ah! oui, il manque sur le pont arrière les espèces de bouées sur lesquelles il le posait, à terre, pour le déplacer. Dommage, ça aurait pu faire des flotteurs. "Chariot remballé" commente-t-il aux petits malins qui ont récupéré des sangles dans les voitures pour les prochains portages. Mais il a toujours la caméra sur le pont avant.
Tiens, ça n'appuie pas trop sur les pagaies. C'est cool-Raoul-relax-Max jusqu'à la pointe St Mathieu. Admirons donc le paysage, pour une fois que ça secoue pas trop dans les parages.
Magnifique et grandiose la pointe St-Mathieu vue d'en bas. Le monument aux morts, l'abbaye en ruine, le phare.... L'endroit impose le silence et fait sortir les appareils photos. Mais faudrait quand même pas trop lâcher les pagaies, d'autant que certains tout à coup semblent avoir pris le mors aux dents.
On aperçoit là -bas la pointe de Bertheaume mais on glisse doucement vers le large. Il est 10 h, c'est la renverse. Allons, soyons fous, la mer est belle, les pagayeurs aguerris et la presqu'île de Crozon nous fait de l'oeil. Laissons Brest à son goulet, ignorons la presqu'ile de Plougastel et visons Pen-Hir et Les Tas de Pois, tout schuss et en direct.
On croise quelques bateaux de la marine. Quelqu'un crie "là -bas, le Mont-St-Michel" ! Des naà¯fs, ignorant la géographie, s'extasient. Quelle luminosité, quelle visibilité aujourd'hui ! Tiens donc, à force d'être désensablé, le célèbre Mont aurait-il largué ses amarres et décidé de redevenir breton ? Hé non, ce n'est qu'un navire qui nous présente son plus beau profil.
Pagayons, pagayons, (eh! moi je nage...) ce qui n'empêche ni de causer ni de rire. Le rire de Sylvie glisse sur l'eau, ondule, cascade, rebondit, puissant et rassembleur : tant qu'on l'entend on est sûr d'être à portée de voix.
On dirait que les compas ne sont pas d'accord : certains glissent vers l'est avec Dap et d'autres, à l'écart et à l'avant-garde, gardent le cap au compas et Pen-Hir en figure de proue. C'est vrai que Dap trimballe les gamelles et que son bateau, lourdement chargé, enfourne. Laissons donc Pen-Hir un peu à tribord. Comme ça on peut admirer au passage, posées sur la falaise, une croix de Lorraine et la Maison du poète.
Un joli contre-courant freine l'avant-garde derrière l'Aiguille, le Pois le plus près de la pointe, impressionnant d'ailleurs en contre-plongée. Quelques petites déferlantes se glissent dans la passe, au-delà c'est le calme de l'anse de Dinant (mais non, on n'a pas mis le cap sur le Mont-St-Michel) qui prolonge celle de Pen-Hir, où se balance tranquille "La Belle Etoile" dont les passagers nous ignorent superbement. Bêcheurs va !
Cap sur la plage de Pen-Hir -sable, galets, falaise-, déserte à souhait. La plage voisine est coiffée d'un bar-crêperie, d'un parking, et pleine de monde (enfin, presque), boudons-la.
Il est 12h30, heure du pique-nique qui sonne le milieu de la semaine de rando, déjà .... Salade du jour, et Framboise qui essaie de "vendre" le Ptit Brie qu'elle trimballe depuis quatre jours et qui tend petit à petit, surtout après affinage au soleil de Porz-Liogan, à s'aplatir et à s'élargir, façon colmatage de la trappe avant. Mais il y a concurrence avec les camemberts qui courent encore plus vite.
Conseil de mer : on est en avance sur le programme puisqu'on devait bivouaquer sur la plage de Goulien, toute proche, alors que fait-on ? Dap appelle ses potes du coin pour savoir où pourrait-être le prochain bivouac. Ile de la Vierge près de Morgat.... Faut passer le Cap de la Chèvre et ce n'est pas tout près. Accord unanime de tous ces enragés de la pagaie. Moi, on ne m'a pas demandé mon avis. Mais je les aime bien ces fadas, alors...
Après le repas Dap et quelques autres se glissent le long de la falaise vers la plage voisine (merci à la marée descendante) pour un café et quelques douceurs civilisatrices. Pendant ce temps, à la lisière du sable (pour matelas) et des galets (pour oreillers), certains s'abandonnent à une petite sieste réparatrice.
Mais il tombe de gros cailloux à quelques centimètres des têtes des dormeurs, et ploc, un kayak est atteint. Pas de dégâts, mais des crétins qui, en haut de la falaise, essaient de se cacher. Nicolas se fâche. Dommage, personne n'a eu le réflexe d'appeler Dap (si réseau..) qui les aurait pris à revers, histoire de leur expliquer les bonnes manières. Faudra que j'apprenne à mes compagnons à dormir en mer, si un jour nous sommes officiellement présentés, car finalement c'est moins risqué.
Ré-embarquement. Le cap de la Chèvre se profile à l'horizon mais, histoire de s'amuser un peu, on vise la pointe de Dinant et on suit la courbe de la côte pour flirter avec les déferlantes de la plage de La Palud, bien connue des surfeurs et autres cascadeurs en wave-ski. Flirt plus ou moins appuyé selon l'humeur et l'intrépidité de chacun. Passage sans encombre et on continue, on continue....
Ici et là émergent des plongeurs, avec (les raisonnables) ou sans (les imprudents) bouée de repérage, que l‘on prend pour des phoques. Les plongeurs, pas les bouées. Enfin, pas encore. Car bientôt Katell crie: "un phoque, un phoque!" à chaque bouée rouge, verte, bleue, noire... Dap se moque : "Mais oui Katell, un phoque rouge, un phoque vert". Fais pas le malin Dap, elle a pas tort à tous les coups, la blonde, je suis en train de renouveler mon camouflage et m'accorde quelques essayages.
Impressionnant les paysages. Falaises, falaises, grottes, grottes, falaises.. Et les couches géologiques, en feuilletages colorés gravement inclinés, où s'inscrivent les millénaires, l'érosion et les bouleversements sismiques. Allô Alain... on aurait bien besoin de tes lumières pour être ce soir un peu moins idiots.
Dommage pour la Grotte du Charivari, aux abords du Cap de la Chèvre, à sec à marée basse, et que l'on ne visitera donc pas. On passe le cap et sa chaussée de rochers et on remonte au nord-est par l'anse de St-Nicolas.
Voici les grottes de Morgat, invitation à l'exploration, mais pas assez d'eau. Bonjour les nids de cormorans accrochés aux falaises, aux linteaux des grottes, et les oiseaux à la parade. Passages sous des arches et entre des pans de roches. Magique.
C'est pas tout ça, les milles commencent à s‘accumuler,. Encore un effort, les bateaux se font plus nombreux, on approche d'un port. Je risque une sortie, sourit à la kayakiste de tête "Copain, copain, viens, crie-t'elle". Je prends la pose, le temps d'une photo, mais un indiscret s'approche, je plonge.
Encore une pointe à passer, la dernière (qu'i disent). Dap a filé devant, laissant la consigne de s'arrêter à la plage de St-Herniot dite de La Vierge, que certains connaissent bien. Lui va jusqu'à Morgat, pourvoir au ravitaillement, recharger sa caméra et dire bonjour aux copains.
On dépasse de jolies plages de sable, et on vise une plage de gros galets. On ne va pas s'arrêter là ? Si, c'est la seule qui ne sera pas recouverte à marée haute. Pas large la plage, pentue et bordée d'une haute falaise qui la rend inaccessible par voie de terre.
Atterrissage, démonstration de portage avec sangles : une sangle à chaque bout, un porteur de chaque côté et à chaque extrémité, un de chaque côté de l'hiloire. A six, on court presque sur les galets (aà¯e les chevilles) et la pente avec un kayak chargé. Etalage des affaires mouillées sur des rochers gris comme des blocs d'aluminium. Les touristes qui longent la plage en vedette et les plaisanciers en voiliers contemplent un drôle de spectacle... Des kayakistes locaux passent, interpellent.
Première leçon aux néophytes : ne pas rester et/ou installer sa tente au pied de la falaise, au risque de se prendre une pierre sur le coin de la figure.
Et puis d'abord, comment on installe une tente sur des galets: leçon n°2. Et bien, un galet de taille adéquate sert d'ancre à un tendeur ou à un élastique, le dit galet est placé dans un trou creusé au milieu de ses congénères et recouvert par ceux-ci. Pour les sardines incontournables, on les glisse entre les galets et on les recouvre d'autres galets. Un ptit trou, un ptit trou, encore un ptit trou.... Résultat garanti.
Leçon n° 3 : Pour rendre sa couche un peu moins inconfortable et l'égaliser, prendre un bidon, le remplir de petits cailloux bien ronds (trouver une mine des dits petits cailloux d'abord), attention c'est lourd, et verser dans les interstices. Comme le fait remarquer Sylvie, heureusement que l'on a rapporté plein de sable du précédent bivouac. Optimiste va.
Résumons : on a une falaise, un espace raisonnable entre la falaise et les tentes, les kayaks près des tentes, parallèles à la mer, et la mer qui monte, qui monte jusqu'à lécher les kayaks. Alors où sont les toilettes ? Hum...
Dominique s'interroge sur le trajet parcouru, Framboise déballe ses cartes, un groupe se forme, on commente le parcours et on compte les milles : une vingtaine au premier regard. Pas mal... Katell note ses impressions en vue d'un compte-rendu.
Dap revient, il a oublié l'eau et en sera quitte pour un aller-retour demain matin. Il doit d'ailleurs récupérer sa caméra. (3 milles de plus en kayak, ça use, ça use...). Plus de gaz dans la bouteille non plus, faudra appeler Jacqueline à la rescousse, qui doit nous rejoindre à la prochaine étape. Repas froid donc.
Le coucher de soleil crée de drôles d'effets de lumière. La-bas un voilier passe, voile éclatante comme un soleil sur fond gris. D'autres voiliers sont à l'ancre, tout près, ce qui complique encore certains problèmes...mais il fait bientôt nuit.
Matelas auto-gonflant posés, on ne sent pas trop les galets, on va dormir... Mais...bruit assourdissant, proche et prolongé. Un hélico ! A-t-il décidé de se poser sur les tentes ? ou de s'offrir la falaise ? ouf, il s'éloigne.
La nuit, sous les tentes, certains font de la varape : dans la pente les sacs de couchage glissent sur les matelas. Pas pensé à s'encorder!.
à suivre......
-
jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
Allez encore une étape que nous narre Mimi l'otarie....
J5: Morgat-Baie des Trépassés
Dur d'être le Chef des Rigolos. Du coin de plage où j'ai passé la nuit derrière un rocher, je vois Dap, premier levé, qui vide son kayak au petit matin pour le porter à flot et partir chercher sa caméra, de l'eau et du pain. Il fait beau. Quelques-uns sont réveillés car marcher sur les galets vaut réveil-matin; les autres...ont des boules-Quiès.
On peut traîner un peu, le départ est prévu pour 10H30, il faut attendre le retour de Dap qui s'offre un échauffement de 3 milles par dévouement chevaleresque.
Pour préparer le petit-déjeuner je les entends faire l'appel des dernières bouteilles d'eau, qu'ils essorent dans la marmite commune sur les derniers soupirs de la bouteille de gaz. Je crois bien aussi qu'il ne reste plus que des crêpes à manger. Ascétique la rando !
C'est alors qu'ils s'aperçoivent... que Dap a oublié la vache-à -eau ! Les pieds dans l'eau, le téléphone à la main, Framboise capte le réseau et prévient l'intéressé. Pas de panique, il reste quinze litres dans la douche solaire de Nicolas, on tiendra bien jusqu'au bar de la baie des Trépassés. Généreux, Nicolas remplit les poches-à -eau et bouteilles de ses camarades : ils ne mourront pas de soif la langue collée sur leur pagaie. Merci Nicolas !
Tout est remballé quand Dap apparaît un grand sac de croissants au chocolat à la main. Quelle prévenance! Pour se faire pardonner dit-il. On se demande bien de quoi. Celui-là , s'il n'existait pas, faudrait qu'ils l'inventent les Rigolos!
Départ tranquille, on fera moins de milles qu'hier. Alors en repartant vers le Cap de la Chèvre on visite à marée haute les grottes de Morgat. C'est pas large, alors je leur laisse la place : il y a risque de se racler le ventre ou la coque sur les rochers. Evidemment ça manque un peu de lumière mais ça n'en est pas moins grandiose. à€ un croisement de couloirs, le kayak de Jean-Luc grimpe sur celui de Sylvie, boum! Les voilà coincés sous l'oeil narquois de la caméra de Dap qui guette la chute. Mais une nageuse s'élance de la plage voisine pour venir en aide à ces touristes. Sacré Sylvie! elle en profite pour faire haut et clair une déclaration à Jean-Luc... Aurait-elle la nostalgie des usages ouessantins ? Eh ben! (t'as enregistré Dap,?)
Bon, il est midi et on s'amuse, on s'amuse, mais il reste à traverser toute la baie de Douarnenez. Les estomacs encore calés par les pains au chocolat, les Rigolos se mettent d'accord pour une traversée apéritive. Moi je m'en fiche, je peux déjeuner en mer à toute heure, et d'aliments de première fraîcheur..
Cap au sud-ouest vers la pointe tout là -bas au-delà de laquelle se niche la baie des Trépassés. Et ça repart en éventail. Je joue discrètement le chien de troupeau: j'en ai déjà le cri.
Le rire de Sylvie s'éteint aux oreilles de l'avant et de l'arrière-garde : chacun voyage selon ses goûts et ses humeurs, dans les bavardages ou dans un silence contemplatif. La traversée de la baie manque un peu... de relief. Ennuyeux pour ces amphibiens qui ne voient rien de ce qui se passe sous leurs coques.
Aux abords de la côte, après un certain nombre de coups de pagaie, les premiers arrivés font des zig-zag à la recherche d'une plage, chose rare dans le paysage. Le peloton arrive plus à l'est que prévu, à la pointe de Brézellec, ça permet de faire du tourisme côtier. 14h, les estomacs crient famine. Regroupement, conciliabule. On croit trouver une plage pour la pause pique-nique derrière la prochaine pointe et on repart, mais non, rien d'accessible. Alors essayons la suivante, celle de la Baie des Trépassés promet Dap. Est-ce pour tenir sa troupe en haleine, ou par manque de familiarité avec les lieux?
De barres de céréales en gorgées d'eau, de coups de pagaie en pauses photos, nos voyageurs avancent en silence et vers les 15H dans ces paysages grandioses. Le mot qui vient à l'esprit est : puissance. On se sent tout petit dans ce chaos de roches, sur cette mer qui se plisse et déferle contre les falaises creusées de grottes. Là -haut les couleurs estompées de la dune posent une note de douceur. Ciel bleu, mer saphir : quelle chance d'aborder cet endroit dans de telles conditions.
Voici la pointe du Van et ses géants de pierre, sévères Gardiens du Seuil-nord, qui nous toisent, nous jaugent et, après nous avoir un peu secoués, nous donnent droit de passage. La mer bruisse de mille présences, s'agite, rebondit contre les falaises : sont-ce les âmes des Trépassés qui hantent ces lieux ? elles semblent aujourd'hui apaisées, bienveillantes, voire accueillantes. Là -haut veille une petite chapelle...
Et puis là -bas, enfin, notre destination. Une plage dont les abords semblent calmes... de loin; de près, on se détrompe, et Dap se marre d'avance à l'idée des arrivées en shore-break, avec plein de milles dans les pagaies, les kayaks chargés à bloc et les estomacs vides. Qu'on lui laisse le temps d'aborder et de sortir sa caméra !
En avant pour le spectacle ! Jolies déferlantes, plein de surfeurs et de baigneurs, faut que je me planque pour ne pas voler la vedette à mes copains et pêcher mon repas tranquillement.
Dap aborde avec élégance, coup de sifflet de la SNSM pour dégager la scène. Voici, mesdames et messieurs, La Chevauchée fantastique. Un à un se présentent les acteurs avec, question de chance, derrière eux puis sous eux, de plus ou moins grosses déferlantes. Quatre, en enfourchant de belles, se dévouent pour le film et arrivent tête en bas, le nez dans le sable. Olé !
Il est 15h30. Portage... Longue et large est la plage, où l'estran s'étire jusqu'aux galets au pied d'une dune qui se gondole en cuvettes abritant hôtel, restaurant, bar et parkings. Tiens, la civilisation, telle qu'on l'avait oubliée. Mais il y a paraît-il des toilettes et même des lavabos: le grand luxe!
Nos artistes décorent la barrière au-delà des galets des affaires à sécher, jupes, gilets, blousons, et tous les vêtements humides qui traînent dans les caissons. Puis ils vont se baigner, se changent, et enfin se restaurent; déjeuner ou goûter?
Et les voilà écroulés sur le sable, pour une sieste au soleil bien méritée. Passe pendant cet entracte celui que l'on désignera sous le nom de "surfeur fou" et qui, ayant raté les premiers actes, déclare haut et fort devant ce spectacle : "le kayak c'est vraiment un sport de fainéants !". Bien... après tous ces milles accumulés et cette étape non-stop, qui se lève pour lui casser la figure? Chuuuuut, on dort...
Les heures s'avancent, cap sur le bar de la Pointe du Van et sur l'apéro; de là -haut ils peuvent surveiller les kayaks et guetter l'arrivée de Jacqueline, que l'on repère vite avec son Excite S orange quand elle arrive sur le parking avec dans le coffre, ô bonheur, une bouteille de gaz et de l'eau.
Voici l'heure de monter les tentes; sable et galets = pas de problèmes. Les affaires n'ont pas vraiment séché : tout est poisseux de sel.
Un bon et solide repas chaud vient caler les estomacs. Quant à moi, il y a longtemps que, rassasiée, je me prélasse un peu à l'écart après avoir été jouer et bavarder avec des cousins de passage, auxquels j'ai raconté mon voyage.
Nuit pleine d'étoiles bercée par le grondement continu des déferlantes qui s'avancent jusqu'au ras des tentes. Pour moi une chouette thalasso, pour mes copains un nouveau moyen de tester le "sommeil du juste" ou les boules-Quiès...
On rêve à l'ultime étape et à la conquête de la dernière île...

à suivre
J5: Morgat-Baie des Trépassés
Dur d'être le Chef des Rigolos. Du coin de plage où j'ai passé la nuit derrière un rocher, je vois Dap, premier levé, qui vide son kayak au petit matin pour le porter à flot et partir chercher sa caméra, de l'eau et du pain. Il fait beau. Quelques-uns sont réveillés car marcher sur les galets vaut réveil-matin; les autres...ont des boules-Quiès.
On peut traîner un peu, le départ est prévu pour 10H30, il faut attendre le retour de Dap qui s'offre un échauffement de 3 milles par dévouement chevaleresque.
Pour préparer le petit-déjeuner je les entends faire l'appel des dernières bouteilles d'eau, qu'ils essorent dans la marmite commune sur les derniers soupirs de la bouteille de gaz. Je crois bien aussi qu'il ne reste plus que des crêpes à manger. Ascétique la rando !
C'est alors qu'ils s'aperçoivent... que Dap a oublié la vache-à -eau ! Les pieds dans l'eau, le téléphone à la main, Framboise capte le réseau et prévient l'intéressé. Pas de panique, il reste quinze litres dans la douche solaire de Nicolas, on tiendra bien jusqu'au bar de la baie des Trépassés. Généreux, Nicolas remplit les poches-à -eau et bouteilles de ses camarades : ils ne mourront pas de soif la langue collée sur leur pagaie. Merci Nicolas !
Tout est remballé quand Dap apparaît un grand sac de croissants au chocolat à la main. Quelle prévenance! Pour se faire pardonner dit-il. On se demande bien de quoi. Celui-là , s'il n'existait pas, faudrait qu'ils l'inventent les Rigolos!
Départ tranquille, on fera moins de milles qu'hier. Alors en repartant vers le Cap de la Chèvre on visite à marée haute les grottes de Morgat. C'est pas large, alors je leur laisse la place : il y a risque de se racler le ventre ou la coque sur les rochers. Evidemment ça manque un peu de lumière mais ça n'en est pas moins grandiose. à€ un croisement de couloirs, le kayak de Jean-Luc grimpe sur celui de Sylvie, boum! Les voilà coincés sous l'oeil narquois de la caméra de Dap qui guette la chute. Mais une nageuse s'élance de la plage voisine pour venir en aide à ces touristes. Sacré Sylvie! elle en profite pour faire haut et clair une déclaration à Jean-Luc... Aurait-elle la nostalgie des usages ouessantins ? Eh ben! (t'as enregistré Dap,?)
Bon, il est midi et on s'amuse, on s'amuse, mais il reste à traverser toute la baie de Douarnenez. Les estomacs encore calés par les pains au chocolat, les Rigolos se mettent d'accord pour une traversée apéritive. Moi je m'en fiche, je peux déjeuner en mer à toute heure, et d'aliments de première fraîcheur..
Cap au sud-ouest vers la pointe tout là -bas au-delà de laquelle se niche la baie des Trépassés. Et ça repart en éventail. Je joue discrètement le chien de troupeau: j'en ai déjà le cri.
Le rire de Sylvie s'éteint aux oreilles de l'avant et de l'arrière-garde : chacun voyage selon ses goûts et ses humeurs, dans les bavardages ou dans un silence contemplatif. La traversée de la baie manque un peu... de relief. Ennuyeux pour ces amphibiens qui ne voient rien de ce qui se passe sous leurs coques.
Aux abords de la côte, après un certain nombre de coups de pagaie, les premiers arrivés font des zig-zag à la recherche d'une plage, chose rare dans le paysage. Le peloton arrive plus à l'est que prévu, à la pointe de Brézellec, ça permet de faire du tourisme côtier. 14h, les estomacs crient famine. Regroupement, conciliabule. On croit trouver une plage pour la pause pique-nique derrière la prochaine pointe et on repart, mais non, rien d'accessible. Alors essayons la suivante, celle de la Baie des Trépassés promet Dap. Est-ce pour tenir sa troupe en haleine, ou par manque de familiarité avec les lieux?
De barres de céréales en gorgées d'eau, de coups de pagaie en pauses photos, nos voyageurs avancent en silence et vers les 15H dans ces paysages grandioses. Le mot qui vient à l'esprit est : puissance. On se sent tout petit dans ce chaos de roches, sur cette mer qui se plisse et déferle contre les falaises creusées de grottes. Là -haut les couleurs estompées de la dune posent une note de douceur. Ciel bleu, mer saphir : quelle chance d'aborder cet endroit dans de telles conditions.
Voici la pointe du Van et ses géants de pierre, sévères Gardiens du Seuil-nord, qui nous toisent, nous jaugent et, après nous avoir un peu secoués, nous donnent droit de passage. La mer bruisse de mille présences, s'agite, rebondit contre les falaises : sont-ce les âmes des Trépassés qui hantent ces lieux ? elles semblent aujourd'hui apaisées, bienveillantes, voire accueillantes. Là -haut veille une petite chapelle...
Et puis là -bas, enfin, notre destination. Une plage dont les abords semblent calmes... de loin; de près, on se détrompe, et Dap se marre d'avance à l'idée des arrivées en shore-break, avec plein de milles dans les pagaies, les kayaks chargés à bloc et les estomacs vides. Qu'on lui laisse le temps d'aborder et de sortir sa caméra !
En avant pour le spectacle ! Jolies déferlantes, plein de surfeurs et de baigneurs, faut que je me planque pour ne pas voler la vedette à mes copains et pêcher mon repas tranquillement.
Dap aborde avec élégance, coup de sifflet de la SNSM pour dégager la scène. Voici, mesdames et messieurs, La Chevauchée fantastique. Un à un se présentent les acteurs avec, question de chance, derrière eux puis sous eux, de plus ou moins grosses déferlantes. Quatre, en enfourchant de belles, se dévouent pour le film et arrivent tête en bas, le nez dans le sable. Olé !
Il est 15h30. Portage... Longue et large est la plage, où l'estran s'étire jusqu'aux galets au pied d'une dune qui se gondole en cuvettes abritant hôtel, restaurant, bar et parkings. Tiens, la civilisation, telle qu'on l'avait oubliée. Mais il y a paraît-il des toilettes et même des lavabos: le grand luxe!
Nos artistes décorent la barrière au-delà des galets des affaires à sécher, jupes, gilets, blousons, et tous les vêtements humides qui traînent dans les caissons. Puis ils vont se baigner, se changent, et enfin se restaurent; déjeuner ou goûter?
Et les voilà écroulés sur le sable, pour une sieste au soleil bien méritée. Passe pendant cet entracte celui que l'on désignera sous le nom de "surfeur fou" et qui, ayant raté les premiers actes, déclare haut et fort devant ce spectacle : "le kayak c'est vraiment un sport de fainéants !". Bien... après tous ces milles accumulés et cette étape non-stop, qui se lève pour lui casser la figure? Chuuuuut, on dort...
Les heures s'avancent, cap sur le bar de la Pointe du Van et sur l'apéro; de là -haut ils peuvent surveiller les kayaks et guetter l'arrivée de Jacqueline, que l'on repère vite avec son Excite S orange quand elle arrive sur le parking avec dans le coffre, ô bonheur, une bouteille de gaz et de l'eau.
Voici l'heure de monter les tentes; sable et galets = pas de problèmes. Les affaires n'ont pas vraiment séché : tout est poisseux de sel.
Un bon et solide repas chaud vient caler les estomacs. Quant à moi, il y a longtemps que, rassasiée, je me prélasse un peu à l'écart après avoir été jouer et bavarder avec des cousins de passage, auxquels j'ai raconté mon voyage.
Nuit pleine d'étoiles bercée par le grondement continu des déferlantes qui s'avancent jusqu'au ras des tentes. Pour moi une chouette thalasso, pour mes copains un nouveau moyen de tester le "sommeil du juste" ou les boules-Quiès...
On rêve à l'ultime étape et à la conquête de la dernière île...
à suivre
- Daniel29
- Messages : 1641
- Inscription : jeu. août 10, 2006 12:39 pm
- Localisation : Cotes Bretonnes
- Contact :
Re : rando molene-ouessant-sein
La suite, on a faim!!!
if god had meant us to build fibre-glass boats he would have grown fibre-glass trees...
Kayak Marin
Kayak Marin
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
la suite arrive nous mettons une pression terrible à notre otarie écrivain.
Il reste deux étapes à raconter.
Après je ferais une compilation avec des photos insérées que je posterais.
Nous ne savons toujours pas qui est Mimi l'otarie dans notre groupe. L'anonymat reste dur à lever. Déjà une certitude ce n'est pas moi.
Il reste deux étapes à raconter.
Après je ferais une compilation avec des photos insérées que je posterais.
Nous ne savons toujours pas qui est Mimi l'otarie dans notre groupe. L'anonymat reste dur à lever. Déjà une certitude ce n'est pas moi.
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
L'étape 6 encore une et c'est la fin du périple
J6 : Baie des Trépassés-Ile de Sein
Tiens, les Rigolos n'ont pas traîné ce matin: la mer montant au ras des kayaks et son bruit d'essoreuse a sonné le réveil. Ils se frottent les yeux et pensent, qu'à voir les déferlantes, ça va être sport le départ de plage... Au-delà , la mer semble calme donc "il faut et il suffit"... de passer la barre en restant à l'endroit, et ensuite, comme on dit, "ça devrait le faire".
Magnifique le spectacle qui s'offre aux yeux éblouis au sortir des tentes : la baie sertie entre la Pointe du Raz et celle du Van, la mer haute qui déroule ses déferlantes en rouleaux gris-bleu ourlés d'écume sous un ciel estompé de brume. Et puis les phares là -bas que l'on devine: Tévennec, touchante maison blanche sur son rocher, et la Vieille, fière et sévère en sa tour sur le sien.
On se prépare tranquillement selon le rituel matinal: l'étape sera courte, 11 kms seulement, même pas la moitié de celle d'hier et un quart de celle d'avant-hier.
Le Raz-de-Sein, ses courants, sa Chaussée, ses hauts-fonds ont fort mauvaise réputation. "Qui voit Sein voit sa fin" dit le dicton, et ce nom de "Baie des Trépassés", où les courants ramèneraient les noyés, en dit plus long encore.
Mais aujourd'hui c'est mortes-eaux avec un coeff de 45, pas de quoi se courbaturer les nageoires. Et puis les dieux sont avec nous: c'est quasiment le calme plat. La fin programmée, pour nos pagayeurs, c'est celle de la rando ! Sein: dernière étape avant retour.
Vers 9h30 on est sur le départ. Moi je me balance sur la barre, me préparant à suivre le convoi. Pas simple pour eux de me rejoindre secs! Dès que les kayaks sont à l'eau, une vague risque de les remplir et de les rejeter à la plage avant que leur conducteur ait le temps d'embarquer et de mettre sa jupe. Ensuite il faut essayer de passer entre les séries de déferlantes qui sont hautes et puissantes au point de déséquilibrer cavalier et monture. Pour l'embarquement les premiers sont aidés par les suivants, ensuite à Dieu-va.
Tant pis pour le caméraman, tout le monde passe la barre avec brio en forçant sur les pagaies, mais les moins chanceux, qui ont affronté les plus grosses vagues, sont trempés jusqu'au chapeau. Sprint au départ plus douches toniques et revigorantes, les voici bien réveillés!!!
Le moniteur, lui, est fier de ses élèves : un départ de plage bien propre, bien réussi.
On longe la Pointe du Raz et on s'en va saluer la Vieille, une dame-phare un peu guindée posée sur un lac presque lisse, qui se laisse aborder, toucher. Incroyable.
C'est la bascule qui donne le signal de la traversée. Il s'agit de faire un grand bac, c'est à dire viser le phare à droite, et rendez-vous au port, pour ne pas risquer que le courant nous déporte au-delà de la pointe-sud à gauche. Sinon après c'est l'aventure. L'île est posée comme un trait de fusain sur l'horizon avec, en figure de proue, le trait blanc de son phare dont on craint un moment qu'il ne disparaisse dans la brume. Mais les dieux veillent, et Merzhin aussi.
Alors c'est parti, et le groupe s'ouvre en éventail comme d'habitude, faudra se mettre d'accord une bonne fois sur le sens des mots droite et gauche, j'en ai marre de faire chien de berger: depuis que j'ai sauvé, à Ouessant, un bateau et une assiette, je me sens des responsabilités envers ces aventuriers d'Iroise.
On glisse sans encombre sur une mer lisse, et puis il y a comme une frissonnement de l'eau, bien visible, bien limité, qui donne tout à coup l'impression de ne plus avancer, des hauts-fonds sans doute.
Jacqueline et Framboise font équipe au nord avec un des Indiens mais, aux abords du chenal, des navettes sortent du port et Jacqueline, pour s'en dégager, oblique brutalement vers le sud et suit l'Indien vers le gros du groupe. Framboise suit sereinement sa route au ras du chenal, faudrait savoir que sur une si petite île il y a trois ports ! Bon, celle-là vaut mieux que je l'accompagne.
L'île se dessine tout doucement, rien à voir avec Ouessant, elle est beaucoup plus petite, basse sur l'eau et paraît très habitée.
De près, Sein apparaît toute pimpante, avec ses petites maisons colorées alignées le long de ses flancs découpés qui s'étirent en arrondis, sa digue et ses jolis bateaux.
N'en déplaise aux parieurs, les vainqueurs du rallye Molène-Ouessant-Sein sont en vue de la cale
sud pendant que la pagayeuse solitaire arrive tranquillement face à l'église, juste au moment où en sortent procession et bannières qui s'arrêtent face à la mer. Sur l'eau glissent les chants particuliers à ce jour: c'est le 15 août, la Sainte-Marie et la bénédiction de la mer. Tout un symbole.
Longer Sein est un délice pour les yeux auquel participe les bateaux aux amarres et d'autres qui prennent doucement le large. Ici le temps semble arrêté. Un spectacle intemporel.
Il est presque 11h30, le groupe s'est reconstitué, sauf Jacqueline qui a débarqué on ne sait où et que l'on retrouvera plus tard. On a laissé à droite la mairie et la criée, et on atterrit au plus près du camping. Pas facile pour moi tout ce monde, heureusement il y a là une jolie collection de corps-morts, entre les bateaux et sous ces déguisements, ou avec une perruque d'algues, je peux continuer mon reportage.
A peine dépliés, nos Rigolos s'étalent... Le muret sert de séchoir et la cale de pause pique-nique. Les touristes et les autochtones regardent, questionnent, s'étonnent, admiratifs. Eh oui, on a relié en six jours les trois îles mythiques d'Iroise! Les héros réalisent à peine, oubliés les efforts, après tout ce n'était pas si difficile. Quand même, faut le faire.
Un enfant demande : "Vos jambes, elles sont bien dans les kayaks?"... Sûr que chacun pense tout bas : "Non, on les laisse à la consigne", mais ne le dit pas.
Dap est parti à la recherche du maire qui lui a donné rendez-vous, un quinze août tu parles. Introuvable l'élu. Isabelle, une familière de l'île et charmante grand-mère veillant sur de jeunes pataugeurs, donne son blanc-seing. Nos héros vident les kayaks et prennent la direction du camping. Pas facile pour moi de les suivre, heureusement le chemin longe la rive ouest de l'île, j'en suis quitte pour quelques contorsions, quel métier !
Ca un camping? Ca a des airs de dépotoir... mais le mérite d'exister. Evidemment il n'y a aucune "commodité". Difficile de se trouver une place et beaucoup choisissent le milieu, plus plat. Erreur...
Montage des tentes, et on décide, pourquoi pas, d'aller saluer Ar Men, là -bas à l'ouest et que l'on voit à peine. A combien de distance ? Impossible de le savoir, il n'est pas sur la carte. Quelle hauteur ? on pourrait calculer (vite, retrouver la formule...), on sait pas non plus (ouf!). Hum..., vaudrait mieux se méfier, il est presque 15 heures. Mais, rappelle Rémi, "tout ce qu'on voit avec les yeux n'est pas loin". T'es sûr?
Les kayaks allégés, on part vers le nord de l'île et son phare. On navigue sur calme plat dans une belle lumière et de magnifiques paysages marins semés de rochers. Au loin, Ar-Men, petit point flou sur l'horizon, et Tévennec, bien net sur le satin bleu de la mer.
Tout à coup des ailerons, "dauphins" crie-t-on. Les voici qui se mettent à sauter, jouer, tout en poursuivant leur chemin. Le groupe se scinde en deux. Le premier, qui les poursuit, a la chance de voir les dauphins se rapprocher, si près que l'on voit les dessins de leur peau, et jouer avec les kayaks,. Sauts, pirouettes se succèdent comme un ballet. La caméra tombe en panne de batterie; pas de chance. Le second groupe a rencontré des cousins à moi et leur fait la conversation, pendant que je vais des uns aux autres sous ma perruque "haricots de mer"". J'en aurai fait des milles!
Enfin les deux groupes fusionnent pour continuer le tour de l'île, car le temps a passé et aller à Ar-Men semble imprudent. On apprendra le lendemain qu'il est à 11 kms, et, quand on y est, faut en revenir. Rémi, c'est quoi "loin" ? Merci les dauphins.
Joli le tour de l'île, mais pas bien long. Pendant que je fais la planche, face au large, les Rigolos abordent de nouveau la cale, hissent les kayaks sur la route et les alignent deux par deux contre la digue, sur le flanc, totalement dépouillés de leur accastillage. Ici la nuit du 15 août est prétexte à beuverie et dégradations et, après tous ces milles, mieux vaut éviter de tenter le diable qui pourrait bien être énervé par l'eau bénite de ce matin. Pas envie de rentrer avec la navette!
Le goûter traîne vers l'apéro. Douches municipales là -bas sur le quai (chaudes, très chaudes) ou toilette sommaire, vêtements sortis des sacs, et voici nos Bipèdes tout à fait présentables. Ce faisant ils assistent aux bruyantes prouesses de leurs voisins qui cassent des palettes pour préparer un feu. Prudent, Jean-Luc planque ses pagaies bois sous son tapis de sol; on ne sait jamais. D'autres dormiront cette nuit près de leur pagaie, comme en d'autres temps les chevaliers et leurs épées: parés à toute éventualité. Des fois que la mer monte plus haut que prévu?
Dap a fait les comptes et réservé sur le port une table pour régaler son équipage. Assis sur la digue face au restau les premiers arrivés attendent les retardataires. Les quais sont pleins de monde : 2000 personnes sur l'île en ce moment contre 100 en hiver.
Les traînards arrivent après avoir tenté, en vain, de se perdre dans ce microcosme et ces ruelles filiformes qui serpentent et s'emmêlent entre les maisons et où ne passerait pas une voiture; d'ailleurs il n'y en pas sur l'île.
Framboise, par un heureux hasard, a retrouvé devant ce restau des amis. Ils proposent une charrette pour transporter le lendemain tout le matériel du camping aux kayaks et, pour la prochaine rando, un coin plus accueillant que le camping. Super, on reviendra.
Zut, on est tombé sur le seul restau breton qui ignore le beurre salé !!!! En réponse aux convives étonnés, le serveur, fils de la maison, apporte une salière avec quelque arrogance. Le repas, de toute évidence a été préparé par Picard et Findus. Compris, là on ne reviendra pas. Faudrait pas prendre les continentaux pour des poires.
Le repas se traîne, on est bien au bord de l'eau. Rares sont ceux qui regagnent les tentes avant le feu d'artifice tiré du port et dont les lumières se reflètent sur la mer en bouquets somptueux. Cela ferait-il partie du comité d'accueil réservé à nos héros? Allons, soyons modestes.
C'est l'heure de se coucher. Moi je suis peinarde sur l'estran, et j'en connais qui regrettent vite d'avoir planté leur tente au milieu du camping. Des fêtards les bousculent, s'emmêlent les pieds dans celle de Jacqueline et la baptise "grosse verrue"; elle est pourtant minuscule cette tente.
Un braillard, carburant à l'alcool, s'est mis en tête de sonoriser le camping tout la nuit. Décidément, faudra se faire sponsoriser par Quiès
Dernière nuit en plein air avant retour sur le continent. La météo annonce un changement de temps...

à suivre....
J6 : Baie des Trépassés-Ile de Sein
Tiens, les Rigolos n'ont pas traîné ce matin: la mer montant au ras des kayaks et son bruit d'essoreuse a sonné le réveil. Ils se frottent les yeux et pensent, qu'à voir les déferlantes, ça va être sport le départ de plage... Au-delà , la mer semble calme donc "il faut et il suffit"... de passer la barre en restant à l'endroit, et ensuite, comme on dit, "ça devrait le faire".
Magnifique le spectacle qui s'offre aux yeux éblouis au sortir des tentes : la baie sertie entre la Pointe du Raz et celle du Van, la mer haute qui déroule ses déferlantes en rouleaux gris-bleu ourlés d'écume sous un ciel estompé de brume. Et puis les phares là -bas que l'on devine: Tévennec, touchante maison blanche sur son rocher, et la Vieille, fière et sévère en sa tour sur le sien.
On se prépare tranquillement selon le rituel matinal: l'étape sera courte, 11 kms seulement, même pas la moitié de celle d'hier et un quart de celle d'avant-hier.
Le Raz-de-Sein, ses courants, sa Chaussée, ses hauts-fonds ont fort mauvaise réputation. "Qui voit Sein voit sa fin" dit le dicton, et ce nom de "Baie des Trépassés", où les courants ramèneraient les noyés, en dit plus long encore.
Mais aujourd'hui c'est mortes-eaux avec un coeff de 45, pas de quoi se courbaturer les nageoires. Et puis les dieux sont avec nous: c'est quasiment le calme plat. La fin programmée, pour nos pagayeurs, c'est celle de la rando ! Sein: dernière étape avant retour.
Vers 9h30 on est sur le départ. Moi je me balance sur la barre, me préparant à suivre le convoi. Pas simple pour eux de me rejoindre secs! Dès que les kayaks sont à l'eau, une vague risque de les remplir et de les rejeter à la plage avant que leur conducteur ait le temps d'embarquer et de mettre sa jupe. Ensuite il faut essayer de passer entre les séries de déferlantes qui sont hautes et puissantes au point de déséquilibrer cavalier et monture. Pour l'embarquement les premiers sont aidés par les suivants, ensuite à Dieu-va.
Tant pis pour le caméraman, tout le monde passe la barre avec brio en forçant sur les pagaies, mais les moins chanceux, qui ont affronté les plus grosses vagues, sont trempés jusqu'au chapeau. Sprint au départ plus douches toniques et revigorantes, les voici bien réveillés!!!
Le moniteur, lui, est fier de ses élèves : un départ de plage bien propre, bien réussi.
On longe la Pointe du Raz et on s'en va saluer la Vieille, une dame-phare un peu guindée posée sur un lac presque lisse, qui se laisse aborder, toucher. Incroyable.
C'est la bascule qui donne le signal de la traversée. Il s'agit de faire un grand bac, c'est à dire viser le phare à droite, et rendez-vous au port, pour ne pas risquer que le courant nous déporte au-delà de la pointe-sud à gauche. Sinon après c'est l'aventure. L'île est posée comme un trait de fusain sur l'horizon avec, en figure de proue, le trait blanc de son phare dont on craint un moment qu'il ne disparaisse dans la brume. Mais les dieux veillent, et Merzhin aussi.
Alors c'est parti, et le groupe s'ouvre en éventail comme d'habitude, faudra se mettre d'accord une bonne fois sur le sens des mots droite et gauche, j'en ai marre de faire chien de berger: depuis que j'ai sauvé, à Ouessant, un bateau et une assiette, je me sens des responsabilités envers ces aventuriers d'Iroise.
On glisse sans encombre sur une mer lisse, et puis il y a comme une frissonnement de l'eau, bien visible, bien limité, qui donne tout à coup l'impression de ne plus avancer, des hauts-fonds sans doute.
Jacqueline et Framboise font équipe au nord avec un des Indiens mais, aux abords du chenal, des navettes sortent du port et Jacqueline, pour s'en dégager, oblique brutalement vers le sud et suit l'Indien vers le gros du groupe. Framboise suit sereinement sa route au ras du chenal, faudrait savoir que sur une si petite île il y a trois ports ! Bon, celle-là vaut mieux que je l'accompagne.
L'île se dessine tout doucement, rien à voir avec Ouessant, elle est beaucoup plus petite, basse sur l'eau et paraît très habitée.
De près, Sein apparaît toute pimpante, avec ses petites maisons colorées alignées le long de ses flancs découpés qui s'étirent en arrondis, sa digue et ses jolis bateaux.
N'en déplaise aux parieurs, les vainqueurs du rallye Molène-Ouessant-Sein sont en vue de la cale
sud pendant que la pagayeuse solitaire arrive tranquillement face à l'église, juste au moment où en sortent procession et bannières qui s'arrêtent face à la mer. Sur l'eau glissent les chants particuliers à ce jour: c'est le 15 août, la Sainte-Marie et la bénédiction de la mer. Tout un symbole.
Longer Sein est un délice pour les yeux auquel participe les bateaux aux amarres et d'autres qui prennent doucement le large. Ici le temps semble arrêté. Un spectacle intemporel.
Il est presque 11h30, le groupe s'est reconstitué, sauf Jacqueline qui a débarqué on ne sait où et que l'on retrouvera plus tard. On a laissé à droite la mairie et la criée, et on atterrit au plus près du camping. Pas facile pour moi tout ce monde, heureusement il y a là une jolie collection de corps-morts, entre les bateaux et sous ces déguisements, ou avec une perruque d'algues, je peux continuer mon reportage.
A peine dépliés, nos Rigolos s'étalent... Le muret sert de séchoir et la cale de pause pique-nique. Les touristes et les autochtones regardent, questionnent, s'étonnent, admiratifs. Eh oui, on a relié en six jours les trois îles mythiques d'Iroise! Les héros réalisent à peine, oubliés les efforts, après tout ce n'était pas si difficile. Quand même, faut le faire.
Un enfant demande : "Vos jambes, elles sont bien dans les kayaks?"... Sûr que chacun pense tout bas : "Non, on les laisse à la consigne", mais ne le dit pas.
Dap est parti à la recherche du maire qui lui a donné rendez-vous, un quinze août tu parles. Introuvable l'élu. Isabelle, une familière de l'île et charmante grand-mère veillant sur de jeunes pataugeurs, donne son blanc-seing. Nos héros vident les kayaks et prennent la direction du camping. Pas facile pour moi de les suivre, heureusement le chemin longe la rive ouest de l'île, j'en suis quitte pour quelques contorsions, quel métier !
Ca un camping? Ca a des airs de dépotoir... mais le mérite d'exister. Evidemment il n'y a aucune "commodité". Difficile de se trouver une place et beaucoup choisissent le milieu, plus plat. Erreur...
Montage des tentes, et on décide, pourquoi pas, d'aller saluer Ar Men, là -bas à l'ouest et que l'on voit à peine. A combien de distance ? Impossible de le savoir, il n'est pas sur la carte. Quelle hauteur ? on pourrait calculer (vite, retrouver la formule...), on sait pas non plus (ouf!). Hum..., vaudrait mieux se méfier, il est presque 15 heures. Mais, rappelle Rémi, "tout ce qu'on voit avec les yeux n'est pas loin". T'es sûr?
Les kayaks allégés, on part vers le nord de l'île et son phare. On navigue sur calme plat dans une belle lumière et de magnifiques paysages marins semés de rochers. Au loin, Ar-Men, petit point flou sur l'horizon, et Tévennec, bien net sur le satin bleu de la mer.
Tout à coup des ailerons, "dauphins" crie-t-on. Les voici qui se mettent à sauter, jouer, tout en poursuivant leur chemin. Le groupe se scinde en deux. Le premier, qui les poursuit, a la chance de voir les dauphins se rapprocher, si près que l'on voit les dessins de leur peau, et jouer avec les kayaks,. Sauts, pirouettes se succèdent comme un ballet. La caméra tombe en panne de batterie; pas de chance. Le second groupe a rencontré des cousins à moi et leur fait la conversation, pendant que je vais des uns aux autres sous ma perruque "haricots de mer"". J'en aurai fait des milles!
Enfin les deux groupes fusionnent pour continuer le tour de l'île, car le temps a passé et aller à Ar-Men semble imprudent. On apprendra le lendemain qu'il est à 11 kms, et, quand on y est, faut en revenir. Rémi, c'est quoi "loin" ? Merci les dauphins.
Joli le tour de l'île, mais pas bien long. Pendant que je fais la planche, face au large, les Rigolos abordent de nouveau la cale, hissent les kayaks sur la route et les alignent deux par deux contre la digue, sur le flanc, totalement dépouillés de leur accastillage. Ici la nuit du 15 août est prétexte à beuverie et dégradations et, après tous ces milles, mieux vaut éviter de tenter le diable qui pourrait bien être énervé par l'eau bénite de ce matin. Pas envie de rentrer avec la navette!
Le goûter traîne vers l'apéro. Douches municipales là -bas sur le quai (chaudes, très chaudes) ou toilette sommaire, vêtements sortis des sacs, et voici nos Bipèdes tout à fait présentables. Ce faisant ils assistent aux bruyantes prouesses de leurs voisins qui cassent des palettes pour préparer un feu. Prudent, Jean-Luc planque ses pagaies bois sous son tapis de sol; on ne sait jamais. D'autres dormiront cette nuit près de leur pagaie, comme en d'autres temps les chevaliers et leurs épées: parés à toute éventualité. Des fois que la mer monte plus haut que prévu?
Dap a fait les comptes et réservé sur le port une table pour régaler son équipage. Assis sur la digue face au restau les premiers arrivés attendent les retardataires. Les quais sont pleins de monde : 2000 personnes sur l'île en ce moment contre 100 en hiver.
Les traînards arrivent après avoir tenté, en vain, de se perdre dans ce microcosme et ces ruelles filiformes qui serpentent et s'emmêlent entre les maisons et où ne passerait pas une voiture; d'ailleurs il n'y en pas sur l'île.
Framboise, par un heureux hasard, a retrouvé devant ce restau des amis. Ils proposent une charrette pour transporter le lendemain tout le matériel du camping aux kayaks et, pour la prochaine rando, un coin plus accueillant que le camping. Super, on reviendra.
Zut, on est tombé sur le seul restau breton qui ignore le beurre salé !!!! En réponse aux convives étonnés, le serveur, fils de la maison, apporte une salière avec quelque arrogance. Le repas, de toute évidence a été préparé par Picard et Findus. Compris, là on ne reviendra pas. Faudrait pas prendre les continentaux pour des poires.
Le repas se traîne, on est bien au bord de l'eau. Rares sont ceux qui regagnent les tentes avant le feu d'artifice tiré du port et dont les lumières se reflètent sur la mer en bouquets somptueux. Cela ferait-il partie du comité d'accueil réservé à nos héros? Allons, soyons modestes.
C'est l'heure de se coucher. Moi je suis peinarde sur l'estran, et j'en connais qui regrettent vite d'avoir planté leur tente au milieu du camping. Des fêtards les bousculent, s'emmêlent les pieds dans celle de Jacqueline et la baptise "grosse verrue"; elle est pourtant minuscule cette tente.
Un braillard, carburant à l'alcool, s'est mis en tête de sonoriser le camping tout la nuit. Décidément, faudra se faire sponsoriser par Quiès
Dernière nuit en plein air avant retour sur le continent. La météo annonce un changement de temps...
à suivre....
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jluc29
Re : rando molene-ouessant-sein
Voici le dernier épisode de notre périple vu par Mimi l'otarie.
J7 : Sein-Baie des Trépassés-Le Tour du M'
J'ai à peine le temps de rentrer de ma balade matinale que je vois, en me tordant le cou, tous les Rigolos levés. Beaucoup ont des cernes sous les yeux et peu d'heures de sommeil derrière eux. Merci le braiillard !celui-là même qui a dit ce matin à ses enfants quand tout le mode était levé : "Chut, il y a des gens qui dorment". Restons zen...
Le petit-déjeuner ne traîne pas, on finit les paquets de crêpes, les compotes, on se partage les barres de céréales. Demain on aura retrouvé son chez-soi et ses habitudes.
On remballe les tentes mouillées par la pluie du matin, on porte les sacs à pied ou sur la charrette jusqu'aux kayaks que l'on retrouve intacts, ouf.
J'ai pas eu le temps de souffler que les voilà pagaies en mains, quittant l'île en avance sur l'horaire prévu, un peu avant 10h. Le vent s'est levé, il ne peut que forcir et la mer se gondole ... Désolé les copains, j'ai usé tous les tickets météo de mon pass-Merveil et ce matin j'ai passé mon temps à essayer de convaincre Eole et Neptune de se retenir un peu. Heureusement que Merzhin passait par-là , il m'a promis qu'en cas de besoin il lèverait les bras pour apaiser la mer.
Départ serein, avec la montante le vent nous poussera bien jusqu'à notre destination. Les navettes passent, frôlent notre route, nous escortent, pas forcément rassurantes, j'en vois qui pagaient les yeux dans les coins. Certains prétendent que les passagers guettent à la jumelle les prochaines baignades. Humour...
Cap sur la Vieille qui veille sur le Raz de Sein. On pagaie, on pagaie et sur les hauts-fond ça commence à danser sérieusement. Prudence, l'éventail se resserre, quelques fesses aussi, et moi je fais serre-file. Y en a qui se régalent, d'autres qui sont un peu crispés sur les pagaies. Bah, si j'en crois Polo, ça vaut pas la traversée rock n' roll de juin et c'est moins long, ça finira bien.
Voilà que les vagues se croisent, oh la la, faut laisser la Vieille à tribord et passer au loin. Aujourd'hui elle a ses humeurs, pas peur, ça finira bien...
Allô Merzhin ? Ne baisse pas les bras!
Chanson, sur le rythme des pagaies :
Eh Jacqueline-petit navire, sourire, ça finira bien.
Eh Framboise-baigneuse d'Iroise, t'angoisses?
-sur mon destrier dompté, oyé, je m'amuse bien.
Y en a qui se démènent et peinent, ça finira bien
Et d'autres qui caracolent, les fols, et s'amusent bien
La Vieille dépassée, calme relatif. Reste l'abordage aux Trépassés qui risque d'être acrobatique.
Les prudents abordent la plage en marche-arrière, face aux vagues. Framboise semble faire durer le plaisir, peut-être pour retarder un peu ce moment fatidique qui met oied à terre et point final à la rando.
Philippe est là pour accueillir Katell et donner un coup de main aux arrivées. Et tout finit bien...
J'observe de loin le dernier portage. Vont me manquer les Rigolos. Faut que je me trouve un moyen, bateau ou téléportation, de les rejoindre au Moulin-Blanc, voyons... Et si je me glissais dans un caisson? un peu sèche cette éventualité.
Les Rigolos ont vidé les kayaks, et Nicolas a retrouvé les bouteilles qui manquaient à l'appel et qui ont fait toute la rando dans les pointes de son bateau.
Voici Michel, qui a amené la remorque du club et du pain et semble avide d'entendre le récit de la rando à laquelle il n'a pu participer.
Pique-nique de sandwichs-pâté et de tous les restes des agapes précédentes. Aggravée sans doute par le manque de sommeil l'ambiance est nostalgique, la belle aventure est finie.
Changement de tenue et chargement des kayaks sur la remorque et les voitures. Cap sur Brest, la tête pleine d'images et de souvenirs.
Merci Merzhin pour le coup de main: j'arrive au Moulin-Blanc en même temps que les copains ! Y en a qui se bronzent au soleil au pied du CKB tandis que d'autres déchargent ou chargent les kayaks. Les Indiens de Pornichet ont réussi à caser leurs trois kayaks sur une seule voiture, et à l'endroit, chapeau les bricoleurs!
C'est à pied que les Rigolos mettent le cap sur le Tour du M' pour le debreefing. Coincée entre les bateaux je me tords le cou pour les entendre. Rassemblés autour d'une table, les voici penchés sur la carte de leur parcours. Dap rappelle le trajet et les étapes, puis c'est le tour de chacun de prendre la parole. Les héros sont fatigués et les commentaires ont du mal à démarrer. C'est simple, tous confirment la formule en usage au CKB: que du bonheur!!!
Le Chevalier reçoit les hommages et ovations de ses vassaux avec dignité. Il a mené sa troupe avec une grande efficacité, une belle sérénité, et a fait preuve dans ses décisions de beaucoup de sagesse et d'une brillante stratégie. Et en plus il les a régalés. Bravo Dap !!!
Attention que les Indiens de Pornichet ne l'enlèvent pas aux Brestois. Une guerre entre les Bretons du nord, et les Bretons(?) du sud (mais si, mais si, saluons au passage la Duchesse Anne et sa capitale) en résulterait !
A son tour le Chevalier félicite ses compagnons pour l'ambiance, l'entraide et la cohésion. "Tous pour un, un pour tous" pourrait-être leur devise.
On évoque d'autres projets, on bâtit d'autres rêves.
Et puis chacun repart vers sa vie ordinaire; moi aussi.
Eh les copains, prévenez-moi pour la prochaine rando.! Le tour de Bretagne en cinq jours? avec Dap, rien d'impossible!
Faudra qu'on se mette d'accord pour la météo (n'est-ce pas Rémi?)
A bientôt sur l'eau (ou dans l'eau...) pour écrire, ensemble, de nouvelles aventures !


Mimi L'Otarie
J7 : Sein-Baie des Trépassés-Le Tour du M'
J'ai à peine le temps de rentrer de ma balade matinale que je vois, en me tordant le cou, tous les Rigolos levés. Beaucoup ont des cernes sous les yeux et peu d'heures de sommeil derrière eux. Merci le braiillard !celui-là même qui a dit ce matin à ses enfants quand tout le mode était levé : "Chut, il y a des gens qui dorment". Restons zen...
Le petit-déjeuner ne traîne pas, on finit les paquets de crêpes, les compotes, on se partage les barres de céréales. Demain on aura retrouvé son chez-soi et ses habitudes.
On remballe les tentes mouillées par la pluie du matin, on porte les sacs à pied ou sur la charrette jusqu'aux kayaks que l'on retrouve intacts, ouf.
J'ai pas eu le temps de souffler que les voilà pagaies en mains, quittant l'île en avance sur l'horaire prévu, un peu avant 10h. Le vent s'est levé, il ne peut que forcir et la mer se gondole ... Désolé les copains, j'ai usé tous les tickets météo de mon pass-Merveil et ce matin j'ai passé mon temps à essayer de convaincre Eole et Neptune de se retenir un peu. Heureusement que Merzhin passait par-là , il m'a promis qu'en cas de besoin il lèverait les bras pour apaiser la mer.
Départ serein, avec la montante le vent nous poussera bien jusqu'à notre destination. Les navettes passent, frôlent notre route, nous escortent, pas forcément rassurantes, j'en vois qui pagaient les yeux dans les coins. Certains prétendent que les passagers guettent à la jumelle les prochaines baignades. Humour...
Cap sur la Vieille qui veille sur le Raz de Sein. On pagaie, on pagaie et sur les hauts-fond ça commence à danser sérieusement. Prudence, l'éventail se resserre, quelques fesses aussi, et moi je fais serre-file. Y en a qui se régalent, d'autres qui sont un peu crispés sur les pagaies. Bah, si j'en crois Polo, ça vaut pas la traversée rock n' roll de juin et c'est moins long, ça finira bien.
Voilà que les vagues se croisent, oh la la, faut laisser la Vieille à tribord et passer au loin. Aujourd'hui elle a ses humeurs, pas peur, ça finira bien...
Allô Merzhin ? Ne baisse pas les bras!
Chanson, sur le rythme des pagaies :
Eh Jacqueline-petit navire, sourire, ça finira bien.
Eh Framboise-baigneuse d'Iroise, t'angoisses?
-sur mon destrier dompté, oyé, je m'amuse bien.
Y en a qui se démènent et peinent, ça finira bien
Et d'autres qui caracolent, les fols, et s'amusent bien
La Vieille dépassée, calme relatif. Reste l'abordage aux Trépassés qui risque d'être acrobatique.
Les prudents abordent la plage en marche-arrière, face aux vagues. Framboise semble faire durer le plaisir, peut-être pour retarder un peu ce moment fatidique qui met oied à terre et point final à la rando.
Philippe est là pour accueillir Katell et donner un coup de main aux arrivées. Et tout finit bien...
J'observe de loin le dernier portage. Vont me manquer les Rigolos. Faut que je me trouve un moyen, bateau ou téléportation, de les rejoindre au Moulin-Blanc, voyons... Et si je me glissais dans un caisson? un peu sèche cette éventualité.
Les Rigolos ont vidé les kayaks, et Nicolas a retrouvé les bouteilles qui manquaient à l'appel et qui ont fait toute la rando dans les pointes de son bateau.
Voici Michel, qui a amené la remorque du club et du pain et semble avide d'entendre le récit de la rando à laquelle il n'a pu participer.
Pique-nique de sandwichs-pâté et de tous les restes des agapes précédentes. Aggravée sans doute par le manque de sommeil l'ambiance est nostalgique, la belle aventure est finie.
Changement de tenue et chargement des kayaks sur la remorque et les voitures. Cap sur Brest, la tête pleine d'images et de souvenirs.
Merci Merzhin pour le coup de main: j'arrive au Moulin-Blanc en même temps que les copains ! Y en a qui se bronzent au soleil au pied du CKB tandis que d'autres déchargent ou chargent les kayaks. Les Indiens de Pornichet ont réussi à caser leurs trois kayaks sur une seule voiture, et à l'endroit, chapeau les bricoleurs!
C'est à pied que les Rigolos mettent le cap sur le Tour du M' pour le debreefing. Coincée entre les bateaux je me tords le cou pour les entendre. Rassemblés autour d'une table, les voici penchés sur la carte de leur parcours. Dap rappelle le trajet et les étapes, puis c'est le tour de chacun de prendre la parole. Les héros sont fatigués et les commentaires ont du mal à démarrer. C'est simple, tous confirment la formule en usage au CKB: que du bonheur!!!
Le Chevalier reçoit les hommages et ovations de ses vassaux avec dignité. Il a mené sa troupe avec une grande efficacité, une belle sérénité, et a fait preuve dans ses décisions de beaucoup de sagesse et d'une brillante stratégie. Et en plus il les a régalés. Bravo Dap !!!
Attention que les Indiens de Pornichet ne l'enlèvent pas aux Brestois. Une guerre entre les Bretons du nord, et les Bretons(?) du sud (mais si, mais si, saluons au passage la Duchesse Anne et sa capitale) en résulterait !
A son tour le Chevalier félicite ses compagnons pour l'ambiance, l'entraide et la cohésion. "Tous pour un, un pour tous" pourrait-être leur devise.
On évoque d'autres projets, on bâtit d'autres rêves.
Et puis chacun repart vers sa vie ordinaire; moi aussi.
Eh les copains, prévenez-moi pour la prochaine rando.! Le tour de Bretagne en cinq jours? avec Dap, rien d'impossible!
Faudra qu'on se mette d'accord pour la météo (n'est-ce pas Rémi?)
A bientôt sur l'eau (ou dans l'eau...) pour écrire, ensemble, de nouvelles aventures !
Mimi L'Otarie
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DAP_Fou de KayaK
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Re : rando molene-ouessant-sein
bravo! quelle beau compte rendu! j'étais impassient d'en arrivé au bout. toute mes félicitations à l'auteur qui a sut transmettre l'univers de cette randonnée.
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