http://www.ouest-france.fr/actu/actuLoc ... d_actu.Htm
Actualité dans le Finistère
Un projet de refuge de mer sur un îlot de Molène

Le Lédénès de Molène compte sept anciennes cabanes de goémoniers, toutes plus ou moins délabrées (en médaillon).
Les anciennes cabanes de goémoniers du Lédénès seraient restaurées. Pas d'eau ni d'électricité, mais un toit, des matelas et des toilettes sèches.
C'est à gauche en entrant dans le port. Le Lédénès de Molène est un morceau de terre de quelques centaines de mètres, accroché à l'île par un sillon, comme pour ne pas partir à la dérive dans les courants violents de la mer d'Iroise. Enfer ou paradis, c'est selon les goûts. Mais l'endroit est très original, isolé du monde, sauvage, vallonné, avec un étang central, peuplé de quelques oiseaux marins.
Surtout, il accueille de belles cabanes noires. Belles mais délabrées. Traces d'une histoire goémonière typique de l'Iroise. Ici, depuis les années 1930 se sont succédé chaque été des familles de pêcheurs de laminaires. Le goémon, arraché par bateau à proximité était ainsi rincé au crachin et séché au soleil près des cabanes, avant d'être vendu aux usines de transformation.
Deux des cinq cabanes en bois sont même des vestiges de l'après-guerre brestoise. Deux de ces « baraques » dans lesquelles des milliers de familles ont vécu et qui étaient ainsi passées d'un champ de ruines à un champ d'algues.
Ce patrimoine, la mairie de Molène compte bien le sauvegarder et le valoriser. Le maire, Jean-François Rocher, lui-même ancien goémonier, évoque un projet « genre gîte de haute montagne pour les kayakistes et les voileux à la recherche de logement en dur ». L'île compte bien un hôtel, mais pas vraiment de camping. Celui-ci est toléré, mais sur un espace très exposé aux intempéries, à dégoûter le dernier des inventeurs de sardines chez Quechua.
Ouverture en 2011
Rien à voir avec des chambres d'hôtes. Le Lédénès, c'est l'éloge de la rusticité. Dans chaque cabane, une pièce unique, avec six matelas. Pas d'électricité ni d'eau courante. Des toilettes sèches et un récupérateur d'eau de pluie. Point barre. « Chacun viendra avec ses victuailles et son réchaud. » Il est aussi prévu de reconstituer un abri des années 1930 : des murets de pierres couverts d'une coque de bateau retournée.
Une première étude de l'architecte Hervé Le Bot porte sur la réfection de trois cabanes, pour un coût estimé à 60 000 €. Mais le maire vise plus grand et espère bien une réhabilitation des sept bâtiments (cinq en bois et deux en béton) pour un montant d'environ 200 000 €. Le projet, porté par la commune de Molène (300 habitants), intéresse déjà bon nombre de partenaires : conseil général, parc naturel régional d'Armorique, parc naturel marin d'Iroise, Bretagne vivante, Conservatoire du littoral...
L'ouverture, prévue pour 2011, pourrait générer un demi-emploi saisonnier, pour l'entretien, l'encaissement des nuitées et des visites guidées de l'îlot.
Longtemps dans l'ombre d'Ouessant, l'archipel de Molène goûte peu à peu au tourisme. En 2008, le Conservatoire du littoral a installé un couple sur l'îlot de Quéménès pour faire revivre l'ancienne ferme, sous forme de ferme-auberge. Ouverte d'avril à octobre, celle-ci affiche souvent complet.