Pas le moindre moustique. Dormir entre des murs améliore tout de même le confort, la détente.
RANDO Pà‰DESTRE
Premier couché, premier levé; je déjeune à la plage près de ma valise que la grande marée a respecté. La matinée est très radieuse. Ensuite je pars visiter l'île du nord à pied. En chemin, je traverse le camping encore endormi. A l'embarcadère, débarquent les premiers visiteurs et des marchandises pour les 3 restaurants et l'épicerie du camping. Puis le chemin devient forestier pour un moment. On y oublie que l'on est sur une ile de 600 m de large. Un croisement : à droite la pointe nord, à gauche « El monte del principe » le mont du prince. Le point de vue doit y être… royal.
ARBRES ENVAHISSANTS

Le chemin soufre du ruissellent de l'eau, ornières, pierrailles, feuilles mortes d'eucalyptus. Cet arbre caractéristiques, (du grec εὐ-eu: bien, et καλυπτὀς-caluptos: couvert, recouvert), venu d'Australie a tant prospéré depuis le XIX° siècle qu'il crée maintenant la controverse. Certes il assèche les zones humides et croit rapidement, fournit la matière première d'un papetier national, mais n'est pas bon pour la menuiserie.
Papeterie construite sur un polder de 20 Ha comblant une baie de la Ria de Pontévedra. La pollution en résultant contamine, en Mercure entre autres, les coquillages de la Ria. C'est impardonnable aujourd'hui pour des galiciens informés. La difficulté de respecter les normes Européennes aura pour effet peut-être de transférer l'usine en Uruguay en 2018. En attendant la compagnie peut-être y plante déjà des eucalyptus...

http://www.youtube.com/watch?v=jLeL0j7K0WE
Cependant les terrains sont acidifiés et stérilisés; les sols pentus, 80% en Galice, sont érodés faute de végétation au sol. L'état de mon chemin pourrait résulter de cet effet.
AU SOMMET
Plus haut la lumière revient et l'horizon s'élargit au dessus de la canopée. Je vais à un sommet selon la pancarte, alors quand le chemin redescend, je le quitte et escalade des rochers pour continuer à monter. Les ronces me griffent mais leurs fruits me désaltèrent.
Au plus haut on découvre les panoramas. A environ 190 mètres au dessus de la mer, l'horizon est presque visible de tous les côtés. A l'ouest la vue plonge littéralement dans l'océan. E pericoloso sporgersi. Nicht hinauslehnen. Au sud, au premier plan, une plateforme n'a plus de ronces tant elle est piétinée. Des pancartes se dressent entre elle et moi coté verso. C'est là qu'abouti le chemin. J'y descends. Coté recto les pancartes indiquent « interdit de grimper »... La face ouest des 2 iles est concave, si bien que l'on la voit entièrement sur 3 kilomètres.
On surplombe aussi la zone basse où les 2 iles se rejoignent par le tombolo coté sous le vent dominant, la route-digue et la lagune (lac des enfants) qui en résulte. Je reste seul un bon moment, savourant le silence, privilège du lève-tôt. Les premiers venus ne sont pas désagréables : 5 étudiantes badgées viennent gracieusement ramasser le moindre détritus. Elles portent à la ceinture une bouteille de plastique décalottée où elles déposent les mégots. Elles le font bénévolement pendant 15 jours. Elles sont hébergées et nourries dans un campement à part. C'est un chantier international de jeunesse où seul leur trajet est à leur charge. Le camp reçoit en permanence une quarantaine de jeunes en juillet et Aout. Les activités bénévoles sont variées mais aussi les animations de détente dont la plongée. Pour avoir vu d'autres camps de ce type, je pense que les Iles Cà¬es ne sont pas le pire endroit pour faire du bénévolat.Ensuite de nombreux touristes arrivent également et l'endroit perd de son charme.
AGAPES PIRATES
Je reviens au repaire des Pirates. Mon kayak va bien. Ils sont presque tous absents mais rapidement deux reviennent pour préparer un repas auquel ils m'invitent. Pour une fois je vais manger à l'heure espagnole. Je participe à la coupe des légumes, « encore plus petit Philippe ! » En effet, sans dent il faut adapter la nourriture. Le repas en plein air est très allègre; C'est le plaisir des galiciens. Au dessert l'on fume en jubilant le produit du jardin amendé par le compost. Ensuite l'on gonfle la gaà¯ta (cornemuse) et on me prie de me ridiculiser.
JEAN FLOCH ou GASPAR?
De leur belvédère on observe un dauphin, il évolue prés d'un voilier où les passagers tentent de le toucher. Il se pourrait que ce soit le dauphin ambassadeur remarqué en Galice nommé Gaspard. Il pourrait s'agir du même que le nouveau Jean Floc'h vu en Bretagne. Nautae l'a rencontré. Gaspard a saisi sa pagaie. En tentant de la retenir le kayakiste s'est retrouvé à l'eau. Gaspard a plongé avec puis est revenu sans. Nautae se serai passé de cet avatar. Semaine dernière, par SMS il me la signalé sur mon chemin comme on alerte d'un danger.
http://gremmarorg.blogspot.com/2008/07/ ... aspar.html
RETOUR AU CONTINENT
Il est temps pour moi de quitter les Iles Cà¬es et mes amis pirates. Ils ont décrété que je pouvais revenir. Sur la plage où la marée concentre encore les bronzeurs, en me voyant me préparer, un inconnu, en échange de quelques réponses à sa curiosité, a l'idée de proposer son aide pour mettre à l'eau . Il a raison: je risquais de le heurter.
J'essaie de lancer mon cerf volant mais il est mal réparé. Dommage parce qu'il y de la circulation. Le vent est plutôt contre moi mais il n'y a que 4,5 milles jusqu'à Cangas. Les pirates me saluent depuis leur belvédère. Je prends directement la direction de Cangas. Jaime Corral ne fait pas comme cela. Il aurait longé la plage de Rodas jusqu'au nord en passant près de l'embarcadère où les navettes sont inoffensives puis quittant l'île à partir de son Nord, sa route ne croiserai plus celle des navettes. Le catamaran qui charge au moment de mon départ me rattrape au milieu du chenal. Je le remarque assez tôt dans mon dos. Il me semble me foncer dessus. Je m'écarte vigoureusement de son axe en changeant le mien pour le Nord. Coup d'œil pour vérifier : je suis encore sur son axe. Je refais du Nord… Il n'a mis le cap sur Vigo que quand il était à 50 m de moi. Je suis persuadé que le barreur s'est amusé. Peut être que comme dans le Golfe du Morbihan ou aux 7 îles les promènes-couillons considèrent les kayakistes comme un manque à gagner et les titillent.
carte Cies Cangas

En chemin malgré une mer agitée, oxygénée, je rencontre encore des bancs de poissons à la surface. Quand ma proue est à 20 cm d'eux, ils plongent tous en même temps. Je tente de filmer ça. Je n'en aurais pas d'autre occasion. (vidéo Faune). En vue de Limens de nombreux bateaux de plaisance se sont ancrés à l'abri du vent.
Entre Limens et les îles Cies les Bateas d'élevage de moules. Chacune déverse au fond 69 Tonnes de déjection par an. Le fond s'élève de 0.5 à 2 cm par an. >3000 bateas dans la ria de Arosa. Le milieu s'acidifie et met en danger les autres habitants (poissons) Les métaux lourds issu de la ville et des chantiers navals (antifooling) contaminent à leur tour les moules qui changent de sexe. Les eucalyptus, les incendie de foret , l'érosion qui en résulte ne laisse pas présager un avenir harmonieux pour cette région. Mais Bruxelles s'en occupe comme elle s'occupe des algues verte en Bretagne. http://edafologia.ugr.es/revista/tomo6/art5t6t.htm

PàˆLERINAGE
La plage de Limens et le camping de Jaime Corral sont le berceau du kayak de mer en Galice voire en Espagne. Son action s'assimile au rôle qu'a joué en France l'auberge de jeunesse de Paimpol.
En faisant étape là , je fais révérence à celui qui avait en pleine saison touristique consacré 3 heures à mon premier projet galicien. Je lui avait présenté mon projet 2009 avant de partir sans solliciter de conseil. Juste guettant son approbation de partir du Nord comme il me l'avait malencontreusement conseillé en 2004. Je viens lui dire que sa prédiction a fonctionné cette fois-ci. Je ne verrai Jaime que demain matin.

J'arrive à la plage à marée haute. Peu d'espace libre. Dans un premier temps, je laisse le kayak en bas et monte au camping pour vérifier s'ils veulent bien de moi. Je me charge des pagaies pour ne tenter personne. Maria, la secrétaire, m'octroie le dernier coin libre trop petit pour une tente familiale. Je me débarrasse du gilet, de la jupe et des pagaies avant de redescendre. Maria les rince aussitôt ! Son petit frère gymnaste Antà²n 13 ans, m'accompagne à la plage ; son aide pour tirer le kayak sera grandement appréciée. Ensuite, il m'emmène à l'épicerie au lieu de m'expliquer où elle est. Tout cela par des raidillons. Il me pose de rares et précises questions. Mes réponses le laissent longtemps pensif... Je mange des pêches, entre autres, car je ressens un manque d'énergie. Depuis plusieurs jours j'ai senti cette baisse de punch. D'où vient-elle. Manque de sommeil ?
Mauvaise nourriture?
Trop d'efforts ?
Sur-poids?
Cholesterol?
L'ignorant, je me l'explique par la substitution des flocons d'avoine
par des galettes
au petit déjeuner…Pour ma première nuit en camping,
avec vis-à -vis, j'installe mon petit coin soigneusement. La bâche comme à Ons est tendue entre 2 poteaux pour former un demi-toit et le sol. Le gardien de nuit dira demain matin à Maria, effaré : « y'a un campeur qui n'a même pas de tente ! ».On ne me l'a pas facturée d'ailleurs... Le camping est calme, c'est un choix. Un autre camping au niveau de la plage a choisi le parti des nuits blanches. je vais voir cela un moment. Choucroute sur assiette jetable et Karaoké. Sur la plage, dans le noir, des ados sans surcharge pondérale pratiquent la capoeira et des sauts périlleux pour attirer l'attention des filles qui répondent en faisant la roue. Spectacle élégant.
Aujourd'hui : 16h40 -18h20 = 4.88 milles