Raid Anglo-Normandes
- paulo
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Re : Raid Anglo-Normandes
sympa la ballade !
- Alain78370
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Re : Raid Anglo-Normandes
Dimanche 15 avril 2012
Départ des Ecréhoux pour Jersey distance 15 milles soit 27,4 km 5heures de navigation
Levé 6h30 pour un départ à 8h30
Vent 6 Beaufort Nord, Visibilité 6 milles
Dépense énergétique 1500 calories
Réveil, la tente a résisté malgré son montage de fortune, déjeuner rapide mais consistant. Rangement du bivouac et portage des sacs vers l’embarcadère. Je me change juste un lycra en haut et en bas et l’anorak bas et haut. Le temps est plus chaud qu’hier et la navigation sera longue. Puis portage du kayak au plus près de l’eau et embarquement pour contourner la pointe rocheuse et rejoindre l’embarcadère. Le chargement kayak dans l’eau s’avère fastidieux je suis en nage mais comment ais-je pu rentrer tout cela hier ? De plus le temps presse pour ne pas rater l’heure prévue et les courants favorables. La mer me parait vraiment trop lisse vue la force du vent. Avant d’embarquer je traverse les 50 mètres du village à pied pour observer la mer côté vent. Oui c’est l’état de mer que je risque de rencontrer dans une heure dès que je ne serais plus protégé des Ecréhoux. Ce temps d’observation me permet de faire baisser la pression et m’évite de partir trop rapidement comme la veille.
Vis l’heure présente et profite du temps…
J’embarque et je me faufile entre les roches sur ce lac. Cap au 220°, le kayak glisse sur l’eau, bien que sa charge avoisine les 150kg, kayakiste inclus. Un petit bonjour au Coast Guard de Jersey sur le canal 82 pour signaler ma présence et mon intention de relier St Helier. Rendez vous sera pris dès mon arriver pour stopper la veille radio. Ce bateau je l’ai acheté pour l’expédition, au départ j’avais opté pour un kayak très rapide mais instable. Sur les conseils avisés et pertinents de Claudine de la société Plasmor nous avons trouvé un kayak plus adapté pour cette expédition tout en conservant une vitesse de croisière élevée. Dans quelques heures je ne vais pas regretter ce choix. Le kayak file à 4,3 noeuds et taille sa route dans le clapot qui commence à se lever. La mer est belle à peu agitée, le vent commence à se faire sentir. J’aperçois déjà le brise lame qui protège Sainte Catherine Bay au nord de Gorey. L’état de la mer se transforme progressivement. Ses vagues se creusent, on est passé de peu agité à agité. Cet adjectif qui parait insignifiant modifie la taille des vagues d’un mètre. Cette faible mesure prend toutefois toute son importance quand vous êtes assis au raz de l’eau. Le bateau prend son accélération sur le haut des vagues et dévale la pente dans des surfs puissants au point de rattraper la vague précédente ont approche les 5 nœuds. Même si les sensations sont agréables je suis quand même à plus de 2 milles de la cote, ne pas s’emporter et rester attentif seraient une preuve de sagesse. Deux options s’ouvrent à moi. Je poursuis ma route comme prévue puis je longe la cote Est de Jersey, mais je vais naviguer avec une houle de travers qui devrait déferler à l’approche de la cote. Ou je corrige plein sud pour viser le Sud-Est de Jersey et je profite du courant, du vent et des vagues qui me propulsent sur cette route. Ce deuxième choix est adopté. Le vent se fait sentir et dès que je ralentis le kayak remonte au vent, je n’ose pas trop utiliser la gîte pour le garder sur sa ligne car la mer devient agitée à forte par moment. On change de dimension. J’en profite pour me mettre face au vent pour me poser et m’hydrater. Je me demande si ce n’était pas mieux de ne pas voir la taille des vagues qui me portaient. Là ça devient vraiment gros, bon ont ne traîne pas dans le coin, demi tour et on repart. Ce kayak pourtant très agile à vide parait être à camion à remettre dans son axe. Cela n’est pas dû au Kialivak mais plus à ma fatigue, au stress qui me fait manœuvrer le bateau à plat car je commence à avoir peur de gîter avec un bateau très lourdement chargé et les vagues commencent à déferler sur le pont. Ces quelques secondes vont me paraître une éternité. « Dans le déroulement infini de sa lame, Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer… » Une fois le kayak remis en ligne, les vagues arrivent en paquets croisés. Je ne sais plus si je dois les surfer par la droite comme précédemment ou par la gauche ce qui m’éloignerait vers le large. Le bateau reste stable imperturbable malgré les masses d’eau qui l’animent dans tous les sens. Une demi heure de rodéo, je décroche. Ma technique et ma lucidité ne me suffisent plus pour être à l’aise dans cette mer chaotique. Je confie les rennes au navire. Calé sur ses lignes d’eau il est très stable. Je me contente de pagayer et de le garder à plat, faire quelques appuis quand la situation me parait incertaine. Ce kayak est vraiment très sécurisant, mais il peut facilement vous emmener au-delà de vos possibilités.
Le choix du nom de baptême du kayak me semble très pertinent. Albatros, car il est grand, il est blanc, grand voilier cet oiseau de haute mer est capable de longues traversées. La légende veut que cet animal abrite l’âme d’un marin péri en mer. Cette âme doit être celle d’un sacré Marin, genre Capt’ain Tempête. Si un jour j’approche le quart de son courage et la moitié de son sens marin, j’aurais fait un grand pas. L’Albatros s’en donne à cœur joie, il vole de vague en vague et descend les vagues au surf comme si il glissait au dessus de l’onde.
Revenons à notre route. Je pointe vers le château de Mont Orgueil pour me rapprocher de la cote se sera peut être pire mais si je me retourne je serai plus près du bord. Je reprends mes surfs sur la droite, c’est plus agréable, je sens le fil de l’eau. Parfois une vague déferle et je sens une tape dans le dos quand la vague s’écrase sur le pont arrière. C’est promis je ne me retourne plus, je regarde droit devant. L’Albatros prend son envol, je surf à près de 8 nœuds et le kayak accélère encore. Arrivé au bas de la vague il transperce littéralement la vague rattrapée et ressort en explosant dans une gerbe de mousse. J’ai de l’eau à la taille régulièrement, la vareuse remplie son office et me garde au sec. Le col en polaire montant est un véritable nid douillet qui apporte un peu de réconfort. Bien à l’abri sous ma capuche qui stop le vent puissant. Je demanderai à David de la société Tribord de remercier les concepteurs de ce produit qui à la base est fait pour les régatiers mais qui me satisfait amplement dans ces conditions de mer.
De la grosse mer j’en ai déjà vécu en mer d’Iroise sur le Belem, un trois-mâts barque. La taille n’est bien sur pas comparable mais cette impression de puissance lors des départs au surf sur une forte houle est similaire. Les pieds ancrés sur le pont, l’intérieur du corps se liquéfie et remonte dans votre estomac pour venir buter sur votre glotte lors de la remonté du navire qui explose dans une gerbe d’écume et vient vous fouetter le visage, avant que e paquet de mer envahisse le bâtiment et emmène avec elle tout ce qui n’est pas rivé sur le pont. C’est l’image qui me vient à l’esprit lors de ces surfs incessants à bord de ce kayak. Joie et peur mêlées intimement. Joie de vivre ce moment marqué à jamais dans mon esprit, peur de me retourner et de pas pouvoir esquimauter. A deux ou trois reprises j’ai bien failli nager. Une réflexion me vient à l’esprit. Tu as un sac entre les jambes, la bonbonne de 5 litres d’eau potable, le bidon du matériel de sécurité. Donc si tu tombes à l’eau : 1° déjuper, 2° retirer le bidon de sécu, 3° sortir le bidon d’eau : L’eau douce est plus lourde que l’eau de mer. Donc, il va couler. S’il n’est pas plein il flottera. Extraire les jambes en espérant ne pas rester coincer avec le sac. Il va falloir prendre une bonne inspiration pour réaliser tout cela. Trop compliquer en plus mettre le paddle float, coincer la pagaie, remonter à bord, vider le kayak, oublie… Ah oui c’est vrai tu n’a qu’à esquimauter. Esquimauter, tu sais le faire et même très bien, en piscine, dans les torrents. Quoique aux derniers Championnat de France de descente lors d’un entraînement tu as parcourue 200 mètres la tête à l’envers et tes concurrents ton affublé de la « bouée d’or ». Tu n’avais pas dit que tu allais t’entraîner à esquimauter avec le kayak en charge à l’étang. Tu l’as fait, non, ah tu n’avais pas le temps. Eh bien tu as le temps maintenant ! Oui c’est vrai bon arrête de te parler et concentre toi sur ta navigation. C’est fou ce que notre cerveau peut imaginer dans de telles situations. Il faut que je m’habitue c’est tout, penser à autre chose, se détendre, apprécier le moment pour ne pas le détester!
Tiens des Kites surfers arrivent à ma rencontre. Ils ont l’air de se régaler puis des winds surfers les accompagnent. Ils viennent de la plage de Grouville Bay un spot de surf fort apprécié semble t-il. Je surveille quand même leurs trajectoires car leur route est perpendiculaire à la mienne et ils passent et repassent à des vitesses effarantes moi petit escargot de la mer. Je suis en avance sur mon horaire et la mer n’est pas suffisamment haute pour traverser Violet bank qui s’étend sur 2 milles. Faire le tour c’est s’exposer aux vagues de travers avec le risque d’être drossé sur le récif pendant 45 minutes, puis contourner le banc et lutter contre un courant de 3 nœuds sur 2 milles. Je surfe jusqu’au bout de Grouville Bay, je débarque dans les déferlantes à l’arrache et je me pose sur le sable en attendant la marée. C’est parti, un vrai régal dès que la rive est proche on se sent pousser des ailes. Arrivé sans encombre, une ration de gel énergisant, un coup de VHF aux gardes cotes.
J’arpente le récif pour visualiser les passages possibles lors du flot. Après cette relâche de 30 minutes j’embarque et navigue dans 20 cm d’eau à la recherche d’un passage pour traverser ce banc. Une petite rivière se dessine entre les rochers qui forment une gorge. Bien à l’abri du vent, le clapotis de l’eau ressemble à une rivière et je me laisse entraîner par ce courant. Ma maîtrise du kayak de descente exploite ces connaissances dans ce dédale de courant et de virage, ou il faut anticiper les trajectoires pour ne pas se retrouver en cravate entre deux rochers. La seule inconnue c’est que j’essaie d’imaginer les passes à suivre mais je découvre le chemin au fur à mesure. L’eau montant rapidement la physionomie du lieu change au rythme de ma progression. Voilà je suis au sud de l’île. Je double Saint Clement bay. La mer est lisse mais le vent de relief s’amplifie et je le reçois maintenant sur tribord. J’actionne ma dérive pour garder le kayak en ligne. J’avais changé et réglé les poignées de commandes pour visualiser l’enfoncement de la dérive juste par la position de celle-ci. Longeant la cote je joue avec ces commandes pour rétablir le cap du kayak suivant le cap désiré, et par moment je les actionnent pour compenser le vent fraîchissant, un vrai bijou de technologie simple et efficace. Je contourne les travaux d’extension du port et me dirige bout au vent pour entrer dans le port de St Helier. La fatigue et le vent de face ralentissent ma progression, je suis fourbue et vidé.
Je laisse passer Le Condor ferry en provenance de St Malo. Je passe sur le canal 14 pour la veille du trafic dans le port. Les feux sont vert je m’engage, je longe les brises lames immenses, un salut à la tour de contrôle et j’accoste au ponton visiteur. Je me rends à la capitainerie pour les formalités de douanes, le capitaine du port me propose de stationner mon kayak dans la marina plus abrité. Il me remet une carte magnétique pour l’accès aux pontons et aux sanitaires. Lui relatant mon trajet il me fait grâce du paiement de la place pour la nuit, charmante attention. Je rencontre mon épouse et ma fille qui ont débarqué du ferry, voyant mon état de fatigue elles m’emmènent à leur hôtel pour récupérer avant de repartir.
La météo pour les jours suivants ne semble pas s’améliorer. Soit je pars maintenant et traverse demain les 20 milles qui me sépare de Guernesey mais avant cela il faut que je remonte jusqu’à la pointe Grosnez mais c’est au minimum 5 heures de route ce soir, et là je suis trop fatigué physiquement et nerveusement pour entreprendre ce périple. La fenêtre météo pour la traverser Jersey – Guernesey est trop étroite et aléatoire. La mer sera encore plus forte que ce que je viens d’essuyer. C’est décidé je passe la nuit ici, je mange je dors convenablement, demain on envisage la suite.
Vis le jour présent
D’autre part il est inutile sur la mer comme dans la vie de vouloir avoir une action sur un élément ou une situation dont on ne peut avoir la maîtrise. « Si tu ne peux changer une situation adapte toi à elle ». On ne peut pas changer le temps, mais on peut réduire la toile, ou on peut le prévoir ou du moins le constater et rester au port…
En kayak de mer la marge de manœuvre est plus restreinte. La plage exploitable en loisirs est de 1 à 4 beaufort sur une échelle montant à 12.
Départ des Ecréhoux pour Jersey distance 15 milles soit 27,4 km 5heures de navigation
Levé 6h30 pour un départ à 8h30
Vent 6 Beaufort Nord, Visibilité 6 milles
Dépense énergétique 1500 calories
Réveil, la tente a résisté malgré son montage de fortune, déjeuner rapide mais consistant. Rangement du bivouac et portage des sacs vers l’embarcadère. Je me change juste un lycra en haut et en bas et l’anorak bas et haut. Le temps est plus chaud qu’hier et la navigation sera longue. Puis portage du kayak au plus près de l’eau et embarquement pour contourner la pointe rocheuse et rejoindre l’embarcadère. Le chargement kayak dans l’eau s’avère fastidieux je suis en nage mais comment ais-je pu rentrer tout cela hier ? De plus le temps presse pour ne pas rater l’heure prévue et les courants favorables. La mer me parait vraiment trop lisse vue la force du vent. Avant d’embarquer je traverse les 50 mètres du village à pied pour observer la mer côté vent. Oui c’est l’état de mer que je risque de rencontrer dans une heure dès que je ne serais plus protégé des Ecréhoux. Ce temps d’observation me permet de faire baisser la pression et m’évite de partir trop rapidement comme la veille.
Vis l’heure présente et profite du temps…
J’embarque et je me faufile entre les roches sur ce lac. Cap au 220°, le kayak glisse sur l’eau, bien que sa charge avoisine les 150kg, kayakiste inclus. Un petit bonjour au Coast Guard de Jersey sur le canal 82 pour signaler ma présence et mon intention de relier St Helier. Rendez vous sera pris dès mon arriver pour stopper la veille radio. Ce bateau je l’ai acheté pour l’expédition, au départ j’avais opté pour un kayak très rapide mais instable. Sur les conseils avisés et pertinents de Claudine de la société Plasmor nous avons trouvé un kayak plus adapté pour cette expédition tout en conservant une vitesse de croisière élevée. Dans quelques heures je ne vais pas regretter ce choix. Le kayak file à 4,3 noeuds et taille sa route dans le clapot qui commence à se lever. La mer est belle à peu agitée, le vent commence à se faire sentir. J’aperçois déjà le brise lame qui protège Sainte Catherine Bay au nord de Gorey. L’état de la mer se transforme progressivement. Ses vagues se creusent, on est passé de peu agité à agité. Cet adjectif qui parait insignifiant modifie la taille des vagues d’un mètre. Cette faible mesure prend toutefois toute son importance quand vous êtes assis au raz de l’eau. Le bateau prend son accélération sur le haut des vagues et dévale la pente dans des surfs puissants au point de rattraper la vague précédente ont approche les 5 nœuds. Même si les sensations sont agréables je suis quand même à plus de 2 milles de la cote, ne pas s’emporter et rester attentif seraient une preuve de sagesse. Deux options s’ouvrent à moi. Je poursuis ma route comme prévue puis je longe la cote Est de Jersey, mais je vais naviguer avec une houle de travers qui devrait déferler à l’approche de la cote. Ou je corrige plein sud pour viser le Sud-Est de Jersey et je profite du courant, du vent et des vagues qui me propulsent sur cette route. Ce deuxième choix est adopté. Le vent se fait sentir et dès que je ralentis le kayak remonte au vent, je n’ose pas trop utiliser la gîte pour le garder sur sa ligne car la mer devient agitée à forte par moment. On change de dimension. J’en profite pour me mettre face au vent pour me poser et m’hydrater. Je me demande si ce n’était pas mieux de ne pas voir la taille des vagues qui me portaient. Là ça devient vraiment gros, bon ont ne traîne pas dans le coin, demi tour et on repart. Ce kayak pourtant très agile à vide parait être à camion à remettre dans son axe. Cela n’est pas dû au Kialivak mais plus à ma fatigue, au stress qui me fait manœuvrer le bateau à plat car je commence à avoir peur de gîter avec un bateau très lourdement chargé et les vagues commencent à déferler sur le pont. Ces quelques secondes vont me paraître une éternité. « Dans le déroulement infini de sa lame, Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer… » Une fois le kayak remis en ligne, les vagues arrivent en paquets croisés. Je ne sais plus si je dois les surfer par la droite comme précédemment ou par la gauche ce qui m’éloignerait vers le large. Le bateau reste stable imperturbable malgré les masses d’eau qui l’animent dans tous les sens. Une demi heure de rodéo, je décroche. Ma technique et ma lucidité ne me suffisent plus pour être à l’aise dans cette mer chaotique. Je confie les rennes au navire. Calé sur ses lignes d’eau il est très stable. Je me contente de pagayer et de le garder à plat, faire quelques appuis quand la situation me parait incertaine. Ce kayak est vraiment très sécurisant, mais il peut facilement vous emmener au-delà de vos possibilités.
Le choix du nom de baptême du kayak me semble très pertinent. Albatros, car il est grand, il est blanc, grand voilier cet oiseau de haute mer est capable de longues traversées. La légende veut que cet animal abrite l’âme d’un marin péri en mer. Cette âme doit être celle d’un sacré Marin, genre Capt’ain Tempête. Si un jour j’approche le quart de son courage et la moitié de son sens marin, j’aurais fait un grand pas. L’Albatros s’en donne à cœur joie, il vole de vague en vague et descend les vagues au surf comme si il glissait au dessus de l’onde.
Revenons à notre route. Je pointe vers le château de Mont Orgueil pour me rapprocher de la cote se sera peut être pire mais si je me retourne je serai plus près du bord. Je reprends mes surfs sur la droite, c’est plus agréable, je sens le fil de l’eau. Parfois une vague déferle et je sens une tape dans le dos quand la vague s’écrase sur le pont arrière. C’est promis je ne me retourne plus, je regarde droit devant. L’Albatros prend son envol, je surf à près de 8 nœuds et le kayak accélère encore. Arrivé au bas de la vague il transperce littéralement la vague rattrapée et ressort en explosant dans une gerbe de mousse. J’ai de l’eau à la taille régulièrement, la vareuse remplie son office et me garde au sec. Le col en polaire montant est un véritable nid douillet qui apporte un peu de réconfort. Bien à l’abri sous ma capuche qui stop le vent puissant. Je demanderai à David de la société Tribord de remercier les concepteurs de ce produit qui à la base est fait pour les régatiers mais qui me satisfait amplement dans ces conditions de mer.
De la grosse mer j’en ai déjà vécu en mer d’Iroise sur le Belem, un trois-mâts barque. La taille n’est bien sur pas comparable mais cette impression de puissance lors des départs au surf sur une forte houle est similaire. Les pieds ancrés sur le pont, l’intérieur du corps se liquéfie et remonte dans votre estomac pour venir buter sur votre glotte lors de la remonté du navire qui explose dans une gerbe d’écume et vient vous fouetter le visage, avant que e paquet de mer envahisse le bâtiment et emmène avec elle tout ce qui n’est pas rivé sur le pont. C’est l’image qui me vient à l’esprit lors de ces surfs incessants à bord de ce kayak. Joie et peur mêlées intimement. Joie de vivre ce moment marqué à jamais dans mon esprit, peur de me retourner et de pas pouvoir esquimauter. A deux ou trois reprises j’ai bien failli nager. Une réflexion me vient à l’esprit. Tu as un sac entre les jambes, la bonbonne de 5 litres d’eau potable, le bidon du matériel de sécurité. Donc si tu tombes à l’eau : 1° déjuper, 2° retirer le bidon de sécu, 3° sortir le bidon d’eau : L’eau douce est plus lourde que l’eau de mer. Donc, il va couler. S’il n’est pas plein il flottera. Extraire les jambes en espérant ne pas rester coincer avec le sac. Il va falloir prendre une bonne inspiration pour réaliser tout cela. Trop compliquer en plus mettre le paddle float, coincer la pagaie, remonter à bord, vider le kayak, oublie… Ah oui c’est vrai tu n’a qu’à esquimauter. Esquimauter, tu sais le faire et même très bien, en piscine, dans les torrents. Quoique aux derniers Championnat de France de descente lors d’un entraînement tu as parcourue 200 mètres la tête à l’envers et tes concurrents ton affublé de la « bouée d’or ». Tu n’avais pas dit que tu allais t’entraîner à esquimauter avec le kayak en charge à l’étang. Tu l’as fait, non, ah tu n’avais pas le temps. Eh bien tu as le temps maintenant ! Oui c’est vrai bon arrête de te parler et concentre toi sur ta navigation. C’est fou ce que notre cerveau peut imaginer dans de telles situations. Il faut que je m’habitue c’est tout, penser à autre chose, se détendre, apprécier le moment pour ne pas le détester!
Tiens des Kites surfers arrivent à ma rencontre. Ils ont l’air de se régaler puis des winds surfers les accompagnent. Ils viennent de la plage de Grouville Bay un spot de surf fort apprécié semble t-il. Je surveille quand même leurs trajectoires car leur route est perpendiculaire à la mienne et ils passent et repassent à des vitesses effarantes moi petit escargot de la mer. Je suis en avance sur mon horaire et la mer n’est pas suffisamment haute pour traverser Violet bank qui s’étend sur 2 milles. Faire le tour c’est s’exposer aux vagues de travers avec le risque d’être drossé sur le récif pendant 45 minutes, puis contourner le banc et lutter contre un courant de 3 nœuds sur 2 milles. Je surfe jusqu’au bout de Grouville Bay, je débarque dans les déferlantes à l’arrache et je me pose sur le sable en attendant la marée. C’est parti, un vrai régal dès que la rive est proche on se sent pousser des ailes. Arrivé sans encombre, une ration de gel énergisant, un coup de VHF aux gardes cotes.
J’arpente le récif pour visualiser les passages possibles lors du flot. Après cette relâche de 30 minutes j’embarque et navigue dans 20 cm d’eau à la recherche d’un passage pour traverser ce banc. Une petite rivière se dessine entre les rochers qui forment une gorge. Bien à l’abri du vent, le clapotis de l’eau ressemble à une rivière et je me laisse entraîner par ce courant. Ma maîtrise du kayak de descente exploite ces connaissances dans ce dédale de courant et de virage, ou il faut anticiper les trajectoires pour ne pas se retrouver en cravate entre deux rochers. La seule inconnue c’est que j’essaie d’imaginer les passes à suivre mais je découvre le chemin au fur à mesure. L’eau montant rapidement la physionomie du lieu change au rythme de ma progression. Voilà je suis au sud de l’île. Je double Saint Clement bay. La mer est lisse mais le vent de relief s’amplifie et je le reçois maintenant sur tribord. J’actionne ma dérive pour garder le kayak en ligne. J’avais changé et réglé les poignées de commandes pour visualiser l’enfoncement de la dérive juste par la position de celle-ci. Longeant la cote je joue avec ces commandes pour rétablir le cap du kayak suivant le cap désiré, et par moment je les actionnent pour compenser le vent fraîchissant, un vrai bijou de technologie simple et efficace. Je contourne les travaux d’extension du port et me dirige bout au vent pour entrer dans le port de St Helier. La fatigue et le vent de face ralentissent ma progression, je suis fourbue et vidé.
Je laisse passer Le Condor ferry en provenance de St Malo. Je passe sur le canal 14 pour la veille du trafic dans le port. Les feux sont vert je m’engage, je longe les brises lames immenses, un salut à la tour de contrôle et j’accoste au ponton visiteur. Je me rends à la capitainerie pour les formalités de douanes, le capitaine du port me propose de stationner mon kayak dans la marina plus abrité. Il me remet une carte magnétique pour l’accès aux pontons et aux sanitaires. Lui relatant mon trajet il me fait grâce du paiement de la place pour la nuit, charmante attention. Je rencontre mon épouse et ma fille qui ont débarqué du ferry, voyant mon état de fatigue elles m’emmènent à leur hôtel pour récupérer avant de repartir.
La météo pour les jours suivants ne semble pas s’améliorer. Soit je pars maintenant et traverse demain les 20 milles qui me sépare de Guernesey mais avant cela il faut que je remonte jusqu’à la pointe Grosnez mais c’est au minimum 5 heures de route ce soir, et là je suis trop fatigué physiquement et nerveusement pour entreprendre ce périple. La fenêtre météo pour la traverser Jersey – Guernesey est trop étroite et aléatoire. La mer sera encore plus forte que ce que je viens d’essuyer. C’est décidé je passe la nuit ici, je mange je dors convenablement, demain on envisage la suite.
Vis le jour présent
D’autre part il est inutile sur la mer comme dans la vie de vouloir avoir une action sur un élément ou une situation dont on ne peut avoir la maîtrise. « Si tu ne peux changer une situation adapte toi à elle ». On ne peut pas changer le temps, mais on peut réduire la toile, ou on peut le prévoir ou du moins le constater et rester au port…
En kayak de mer la marge de manœuvre est plus restreinte. La plage exploitable en loisirs est de 1 à 4 beaufort sur une échelle montant à 12.
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Re : Raid Anglo-Normandes
Lundi 16 avril 2012
Promenade de détente & réconciliation psychologique avec la mer.
Vent 1 Beaufort, Visibilité 12 milles
St Helier- St Helier 6 milles
La mer est un être vivant, mais sans état d’âme. Elle vit au jour le jour, elle est bien sur imprégnée du temps passé, cela se lit sur la houle résiduelle quelle transporte avec nonchalance si elle à été malmenée par le vent les jours précédents. Elle peut être d’un calme Olympien comme aujourd’hui, puis se réveiller progressivement dans l’après-midi aiguillonné par un vent thermique. Elle vit, à nous de la comprendre et l’aimer comme elle est, ou ne pas l’aimer.
Trois heures de l’après-midi, la mer est sereine, le vent est faible. Il est temps pour moi de remonter en kayak afin de me détendre et retrouver moi aussi ma sérénité. Je sors de la marina et longe les remparts haut comme des falaises vu du ras de l’eau. Les voiliers et motor-cruisers sont bien alignés sur leurs pontons. Je me sens comme un cycliste visitant un terminal d’autobus. Avant de sortir je regarde les feux de trafic de la tour de contrôle et adresse au Maître de port un petit signe de la main. J’étais tellement pressé de rentrer hier que je n’ai même pas fait attention à la grandeur du port et à tous ces petits détails. Containers empilés, bouées cardinales alignées, en attente de retrouver une peinture éclatante. Grues déchargeant les marchandises, une multitude de gens comme des fourmis oeuvrant sur les quais géants du port. Tout ici parait disproportionné. Je sors enfin du port. Emerge devant moi imposant, Elizabeth Castle. Je me place face à lui comme pour le saluer, puis j’entreprends le tour par la gauche. J’admire les oiseaux qui se jettent dans le vide du haut de ses tours, puis viennent se poser sur les roches là ou la frange d’écume lèche les pieds de la forteresse comme pour le vénérer. Le soleil est haut la mer belle, je pars plein ouest pour traverser la baie.
C’est très agréable de naviguer sur une mer plate, profiter du soleil, se détendre, respirer, voguer sans but précis, sans itinéraire ni horaire à respecter. J’aperçois le fort de Saint Aubin au bout de la baie. Je détourne ma route pour m’en approcher. Rapidement je suis près de lui, le longe, le scrute puis le laisse se reposer. Je continue ma promenade en longeant la grande plage de St Aubin en arc de cercle. Quelques promeneurs vont et viennent. Cette plage me ramène vers Elisabeth Castle. Deux cormorans dressés comme des gardes me surplombent et surveillent mon arrivé aux abords de la grande porte. Deux heures se sont écoulées, aucune fatigue, aucun stress, un grand moment de bien être et de détente. Se sera la fin de se périple en kayak.
La dépression au sud de l’Angleterre se dirige sur la Normandie et ne présage rien de bon. Les côtes de Bretagne ne seront as épargnées non plus. Même les gros voiliers repoussent leur départ pour rallier le continent. Le temps est venu de prendre une décision ! Continuez ou pas ?
Demain j’embarque le kayak sur le Ferry direction Guernesey d’où je contemplerais la mer depuis la fenêtre de l’hôtel. Le raid est fini, je l’ai décidé. Je ne naviguerais plus cette semaine ni ne bivouaquerais. Je me laisse le choix de découvrir cette côte en kayak lors d’une prochaine expédition. Ce serait me trahir que de naviguer à Guernesey alors que j’y suis venu en Ferry et non en kayak comme prévu initialement. Ce n’est pas chose facile que de savoir s’arrêter. Doit-on continuer coûte que coûte au risque d’y laisser sa vie, ou mettre son orgueil de coté et reprendre l’aventure dans des conditions plus clémentes.
Sur les conseils de psychologues, j’ai passé un contrat moral avec ma famille avant de partir. Il ne faut pas oublier que vous n’êtes pas seul dans la vie et dans votre projet. Sur l’eau vous l’êtes, mais votre entourage s’inquiète ainsi que toutes les personnes qui vous ont fait confiance et vous soutiennent. A vous seul revient la décision de continuer ou d’arrêter, mais si vous ne l’avez pas programmé votre cerveau refusera cette alternative et vous poussera au-delà de vos limites jusqu’au point de non retour.
La frustration est grande, voir incommensurable, mais j’ai déjà accompli un trajet appréciable et surtout j’ai réussi à tenir la promesse que j’avais faite à mon épouse « ne pas prendre de risques inutiles et ne pas naviguer au large en solitaire au delà de force 6 Beaufort »
« Un petit pas pour le kayak, un grand pas pour la sécurité »

Promenade de détente & réconciliation psychologique avec la mer.
Vent 1 Beaufort, Visibilité 12 milles
St Helier- St Helier 6 milles
La mer est un être vivant, mais sans état d’âme. Elle vit au jour le jour, elle est bien sur imprégnée du temps passé, cela se lit sur la houle résiduelle quelle transporte avec nonchalance si elle à été malmenée par le vent les jours précédents. Elle peut être d’un calme Olympien comme aujourd’hui, puis se réveiller progressivement dans l’après-midi aiguillonné par un vent thermique. Elle vit, à nous de la comprendre et l’aimer comme elle est, ou ne pas l’aimer.
Trois heures de l’après-midi, la mer est sereine, le vent est faible. Il est temps pour moi de remonter en kayak afin de me détendre et retrouver moi aussi ma sérénité. Je sors de la marina et longe les remparts haut comme des falaises vu du ras de l’eau. Les voiliers et motor-cruisers sont bien alignés sur leurs pontons. Je me sens comme un cycliste visitant un terminal d’autobus. Avant de sortir je regarde les feux de trafic de la tour de contrôle et adresse au Maître de port un petit signe de la main. J’étais tellement pressé de rentrer hier que je n’ai même pas fait attention à la grandeur du port et à tous ces petits détails. Containers empilés, bouées cardinales alignées, en attente de retrouver une peinture éclatante. Grues déchargeant les marchandises, une multitude de gens comme des fourmis oeuvrant sur les quais géants du port. Tout ici parait disproportionné. Je sors enfin du port. Emerge devant moi imposant, Elizabeth Castle. Je me place face à lui comme pour le saluer, puis j’entreprends le tour par la gauche. J’admire les oiseaux qui se jettent dans le vide du haut de ses tours, puis viennent se poser sur les roches là ou la frange d’écume lèche les pieds de la forteresse comme pour le vénérer. Le soleil est haut la mer belle, je pars plein ouest pour traverser la baie.
C’est très agréable de naviguer sur une mer plate, profiter du soleil, se détendre, respirer, voguer sans but précis, sans itinéraire ni horaire à respecter. J’aperçois le fort de Saint Aubin au bout de la baie. Je détourne ma route pour m’en approcher. Rapidement je suis près de lui, le longe, le scrute puis le laisse se reposer. Je continue ma promenade en longeant la grande plage de St Aubin en arc de cercle. Quelques promeneurs vont et viennent. Cette plage me ramène vers Elisabeth Castle. Deux cormorans dressés comme des gardes me surplombent et surveillent mon arrivé aux abords de la grande porte. Deux heures se sont écoulées, aucune fatigue, aucun stress, un grand moment de bien être et de détente. Se sera la fin de se périple en kayak.
La dépression au sud de l’Angleterre se dirige sur la Normandie et ne présage rien de bon. Les côtes de Bretagne ne seront as épargnées non plus. Même les gros voiliers repoussent leur départ pour rallier le continent. Le temps est venu de prendre une décision ! Continuez ou pas ?
Demain j’embarque le kayak sur le Ferry direction Guernesey d’où je contemplerais la mer depuis la fenêtre de l’hôtel. Le raid est fini, je l’ai décidé. Je ne naviguerais plus cette semaine ni ne bivouaquerais. Je me laisse le choix de découvrir cette côte en kayak lors d’une prochaine expédition. Ce serait me trahir que de naviguer à Guernesey alors que j’y suis venu en Ferry et non en kayak comme prévu initialement. Ce n’est pas chose facile que de savoir s’arrêter. Doit-on continuer coûte que coûte au risque d’y laisser sa vie, ou mettre son orgueil de coté et reprendre l’aventure dans des conditions plus clémentes.
Sur les conseils de psychologues, j’ai passé un contrat moral avec ma famille avant de partir. Il ne faut pas oublier que vous n’êtes pas seul dans la vie et dans votre projet. Sur l’eau vous l’êtes, mais votre entourage s’inquiète ainsi que toutes les personnes qui vous ont fait confiance et vous soutiennent. A vous seul revient la décision de continuer ou d’arrêter, mais si vous ne l’avez pas programmé votre cerveau refusera cette alternative et vous poussera au-delà de vos limites jusqu’au point de non retour.
La frustration est grande, voir incommensurable, mais j’ai déjà accompli un trajet appréciable et surtout j’ai réussi à tenir la promesse que j’avais faite à mon épouse « ne pas prendre de risques inutiles et ne pas naviguer au large en solitaire au delà de force 6 Beaufort »
« Un petit pas pour le kayak, un grand pas pour la sécurité »

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- charlesV20
- Messages : 1724
- Inscription : lun. août 31, 2009 10:22 pm
- Localisation : corse
Re : Raid Anglo-Normandes
tres chouette,
merci
merci
- Rom35
- Administrateur
- Messages : 4604
- Inscription : mer. juil. 22, 2009 9:00 am
- Localisation : Apigné
- Contact :
Re : Raid Anglo-Normandes
Belle conclusion,
ce sont des décisions très dures, les plus dures je pense, celles que d'arrêter un projet.
ce sont des décisions très dures, les plus dures je pense, celles que d'arrêter un projet.
Re : Raid Anglo-Normandes
Chapeau !
Et un projet arrêté n'est, dans la plupart des cas, que remis à plus tard !
Et un projet arrêté n'est, dans la plupart des cas, que remis à plus tard !
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jpr44
- Messages : 1924
- Inscription : lun. janv. 12, 2009 10:58 pm
- Localisation : Bretagne Vendée M-Central
Re : Raid Anglo-Normandes
Impressionnante expédition et si je t'ai bien lu, c'est la somme de tes expériences passées qui t'a permis de mener à bien cette sacrée "croisière".
Tu as un sacré talent d'écriture! on a envie de dire: "encore, ah zut! le récit est déjà fini!"
Tu as un sacré talent d'écriture! on a envie de dire: "encore, ah zut! le récit est déjà fini!"
- Alain78370
- Messages : 162
- Inscription : jeu. mars 31, 2011 9:12 pm
- Localisation : DEJEPS - BEES CK Qualification Mer & Entraîneur
- Contact :
Re : Raid Anglo-Normandes
L'expérience se construit au fil du temps et la synergie entre les différentes disciplines aide à la réalisation de nouveaux projets.
Merci pour "talents d'écriture je ne le savais pas avant d'écrire "tout marin est un poète"
Je vais poursuivre l'écriture du coup.
L'aventure s'est aussi l'enfant de 5 ans qui traverse le jardin et ramasse un bâton pour franchir le ruisseau.
L'aventure c'est l'image que l'on s'en fait et par forcément la difficulté, ce peut être un tour de lac avec bivouac entre copains.
Mais il est vrai que voyager seul (même si il existe des risques surtout en mer) permet une introspection et une évasion sans fin.
L'inconvénient ou l'avantage c'est qu'on en revient différent!
Merci pour "talents d'écriture je ne le savais pas avant d'écrire "tout marin est un poète"
Je vais poursuivre l'écriture du coup.
L'aventure s'est aussi l'enfant de 5 ans qui traverse le jardin et ramasse un bâton pour franchir le ruisseau.
L'aventure c'est l'image que l'on s'en fait et par forcément la difficulté, ce peut être un tour de lac avec bivouac entre copains.
Mais il est vrai que voyager seul (même si il existe des risques surtout en mer) permet une introspection et une évasion sans fin.
L'inconvénient ou l'avantage c'est qu'on en revient différent!