Bonjour Olivier et à tous,
Olivier a écrit :.... naviguer responsable c'est aussi reconnaitre que l'on peut défrayer la SNSM pour aller rechercher des kayaks...
Moi aussi, j’entends ton point de vue qui serait, si je comprends bien, de sanctionner financièrement les comportements irresponsables des kayakistes. Mais, déjà , concernant la SNSM, le "remerciement" n'est-il pas l'usage, chacun selon ses moyens, à la suite d'une intervention ? (et pas spécialement pour les kayaks).
Et comme en mer, la "faute" est toujours à la frontière de la prise de risque, même pour les professionnels experts (Alain Colas et son pied blessé, Tabarly toujours sans harnais, MacAuley et tant d'autres... et même des grands navires qui finissent sur les roches pour avoir tenter de gagner sur la route), c'est compliqué, non ?
Sans compter que secourir un kayak dans le Four par beau temps n’a rien à voir en terme de risque pour les sauveteurs et le matériel avec une intervention près des roches pour évacuer tout un équipage par gros temps et gros coeff. A prendre en compte pour le prix ?
Et combien de ronds dans l'eau en famille, près des côtes, en engin de plage, sans incident, pour une intervention de la SNSM ?
Certes, le nombre d'interventions augmente mais celui des pompiers, à terre, a été multiplié par 30 en 20 ans (et "en moins", il faut compter qu’ ils ne viennent plus - en principe - pour les guêpes et les chats dans les arbres !). Est-on dans le même ordre de grandeur ? Ce n'est bien sûr pas choquant que des maîtres-nageurs interviennent, gratuitement, au profit des baigneurs, à longueur d'été sur nos côtes, parfois dans des conditions risquées, mais cela le devient s'il s'agit de quelqu'un sur un SOT ou dans un kayak ?
Institualiser, réguler, n'est-ce pas aller rapidement à "l'assistance dépannage gratuite" (2 fois par an, même !...gratuite ? mutualisée ? assurée ? ). Pas sûr que cela aille dans le sens de la responsabilisation.
Pas sûr non plus que notre intérêt de "sportifs de la nature" soit de nourrir le débat de la privatisation des secours, de l'accès restrictif aux sites naturels dangereux, de l’encadrement obligatoire pour tout «sport» en mer. En montagne, il y a des guides qui périssent avec leur client, ou pour sauver des gens qui ont pris des risques, volontaires ou pas... et cela ne fait pas de scandale.
Une histoire plus vieille (pour le loisir) ? des enjeux économiques de grande échelle ?
Notre petite (et pour certains, très grande) connaissance est un privilège (que nous avons gagné, certes). Mais comme le promeneur ignorant, nous pouvons, un jour, aller à la faute par manque de savoir.
Pour moi, ignorance n'est pas culpabilité, prise de risque n'est pas irresponsabilité.
Des secours pour tous, et surtout pas de drame à cause d’un appel lancé trop tard par crainte du prix (financier) à payer. Et qui payera alors que l’intervention est demandée par de bonnes âmes et qu’on est en train d’assurer correctement sa prise de risque.
La réglementation actuelle est précieuse, très précieuse ! mais toujours menacée par des intérêts divers. Ceux qui se sont battus «pour» vieillissent.... (bon, OK, la relève est en place...).
«Les formations par des cadres ou compagnonnage, conduisent à une fréquentation plus importante des sites engagés». Donc, plus de risques.... Chassons notre tendance naturelle à sanctionner «la» faute, constatons que les experts, vrais et faux, sont des publicités fantastiques pour cette discipline dont il apparaît très vite qu’elle est accessible ... en fonction de son niveau technique, physique, culturel (la mer, les côtes, la MTO, le bivouac, l’habillement +...) et de la prise de risque consentie.
Soyons un peu montagnards et «gens de mer» (solidaires, même avec «l’irresponsable»... car comment juger ?)