FEUILETON GALICE 2009 Mercredi 12 Aout Caion -Sisargas

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Philippe
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FEUILETON GALICE 2009 Mercredi 12 Aout Caion -Sisargas

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Mercredi 12 aout

DE BON MATIN
Saine fatigue, couché de bonne heure, lever matinal avec envie de Sisargas. Ce sera la troisième fois que je réalise ce parcours mais chaque fois à  une heure différente. Celle-ci sera la plus matinale.
Le jour ne s'est pas levé. L'abondant éclairage public ne s'est pas éteint. Il est 6h00. Sur la placette voisine des travailleurs attendent le car. Celui-ci a juste de quoi faire demi-tour car Caion est un cul de sac routier. Le mari de l'épicière sort du garage en voiture. Je ne l'ai jamais rencontré. Sa femme m'a dit qu'elle est originaire de l'intérieur et que tous les marins l'impressionnent. Ma première action concerne mes transits internes. La marque de la chasse d'eau : Atlantic. Ensuite petit dej spécial. Thé seulement, préparé la veille. Je n'ai pas encore faim. Tout en sirotant les gorgées, j'enfoui le sac de couchage dans son sac étanche et dans la trappe arrière, je me suis d'emblée rhabillé en tenue de mer (short et lycra ont séché) ainsi depuis hier soir mon sac de vêtement est déjà  presque prêt à  fermer. Comme je n'utilise pas de tente, ni de matelas gonflant, décamper est rapide. A 6h12 je ferme le portail et cache la clé comme convenu : je quitte le potager. Merci les épicières, dormez bien. Je traverse la place déserte, descend la rue du port, un gus surpris fait des yeux ronds, il se serait peigné s'il avait su ! La cale est calmée mais comme elle est encastrée dans le quai, il n'est obligatoire d'embarquer à  côté. Je choisi d'embarquer sans enlever le chariot. Une fois assis. Je desserre les sangles et le pose sur le pont à  l'envers. Je démonte les roues sans laisser tomber les goupilles. Elles vont aussitôt au fond du cockpit, les supports en bois se coincent au dessus des roues. L'essieu : sur le côté du siège. Puis je jupe. La photo prise à  ce moment-là  indique 6h36. Dans le bassin flotte de nombreux déchets de corde et filets, ça a toujours été ainsi ici mais la décharge sur la falaise avait disparu dès 2007 et les abords de la plage ont été bétonnés (création du passeo maritimo) avec poubelles plus ou moins utilisées.
Le ciel rougeoie à  l'Est. Le soleil est encore sous l'horizon quand je lui tourne le dos à  la sortie du port, cap à  l'Ouest Nord Ouest. Le Port de Malpica est en effet à  la sortie de la baie au fond de laquelle est Caion. C'est la dernière fois, qu'il y a du Nord dans mon cap général. Le vent est très léger mais la mer est restée agitée. En m'éloignant de la côte, je trouve une houle longue et lisse. Le soleil illumine tout de sa lumière rasante. C'est très beau ça valait la peine de « madrugar » (se lever tôt). L'appétit me vient, vers 7h00, je commence à  grignoter des biscuits de mer, genre galette bretonne, mais sans beurre, très courantes en Espagne.
En 2004 j'avais vu des nuées de physalies, ce matin apparaît une de temps en temps. Je tente de photographier ces « méduses portugaises » à  voile. (voir la vidéo faune galicienne) .Image

Brisants de Baldaio à  3 milles d'une plage
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BRISANTS
Malpica est à  9 bonnes miles de Caion (comme Lanniltut >Molène) Entre les deux se trouve des hauts fonds de Baldaio où peuvent se lever des déferlantes. Il faut alors contourner la zone par le Sud ou le Nord. Mais j'ai encore de la chance, je frôle les têtes de rochers sans soucis. En 2007, j'avais ici rencontré des barques de pêcheurs en venant de Ferrol via Caion. Je leur demandai : Est-ce que le temps va rester calme comme cela ? « Ho oui ! » m'avaient-ils assuré. Alors que je continuais direct vers les iles Sisargas, un vent de NO c'est-à -dire de face s'est levé en 10 minutes jusque force 4. Deux heures épuisantes pour finir cette journée.
Mais aujourd'hui pas de soucis pour l'instant. Je distingue la tache blanche du village de Malpica depuis que le soleil darde sur lui ses rayons. Peu à  peu je distingue les détails de moins en moins grossier. L'habitude des traversées m'a éduqué le regard à  évaluer la progression. En 2002 on trouvait ceci dans Voiles et Voilier :

à  4 Milles
  • A terre : On reconnaît la forme des arbres et des maisons. On ne voit pas une plage.
  • En mer On voit les superstructures des gros bateaux. Les voiliers sont des points blancs.
à  2 Milles
  • à Terre : On aperçoit les portes et les fenêtres mais pas encore les personnes.
  • En mer : On distingue à  peine les grosses bouées. De nuit on commence à  voir les feux de route des bateaux.
à  1 Mille
  • à  Terre: On voit les détails des bâtiments et la circulation. Les personnes forment des petits points.
  • En mer: Les petites bouées et les hublots des cargos deviennent visibles.
à  Â½ Mille
  • à  Terre On peut reconnaître les voitures les personnes se distinguent et l'on suit leur déplacement.
  • en mer : On voit l'équipage sur le pont et on distingue le gréement d'un voilier.
MALPICA "al atardecer" au fond les îles Sisargas.
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La houle se creuse à  l'approche du voisinage de Malpica, surtout contre le môle. Juste de quoi entrer dans le port en surfant la dernière vague. La jetée de Malpica est l'une des plus hautes que je connaisse. Le fond du port est fermé comme une écluse alors qu'il ne se vide pas à  basse mer. Des coffreurs et plongeurs sont encore en train de compléter la jetée pour resserrer l'entrée. Image
ECOLE à‰phémère
Il est midi. A ce moment, je n'en crois pas mes yeux : un groupe d'enfants en kayak provient de la falaise. Les kayaks d'adulte qu'ils utilisent sont sur-dimensionnés. Un moniteur les accompagne en K2. Hector ordonne à  ses élèves de lever le bras quand je prends la photo. Un phénomène inattendu leur a permis d'aller dans les grottes : à  6 mètres de la falaise, la houle s'éteint et autorise à  naviguer en sécurité dans cette bande côtière. Je n'aurai pas imaginé que cela existe, je n'ai jamais cherché à  le découvrir non plus. En quelques mots, j'explique mon périple et Hector qui comprend vite en profite pour exposer aux apprentis la rando en kayak. Je lui dis que mon intention immédiate est de passer quelques heures à  Malpica et d'aller enfin de journée dormir sur les Iles Sisargas à  3 milles.
A la fin de son cours, Hector me prend en charge comme un VIP. Le XP est rangé exceptionnellement dans le plus grand local : les douches (il en profitera). Je me toilette parfaitement et converse avec la secrétaire : étudiante et multi sportive. Sa soeurette aussi est championne régionale de tir à  l'arc. Hector, entre ses 2 cours du matin et ceux de l'après midi, m'invite à  son resto quotidien. Chaque année la municipalité l'engage pour ouvrir cette école durant une ou deux semaines (en Juillet et Aout) Les kayaks dorment le reste de l'année. Le local est aussi celui du club de plongée. Le reste de l'été Hector est guide de rafting sur le Mià±o, j'irai fin août en profiter. Cet étudiant a déjà  travaillé dans la plupart des boites de rafting et quand il aura fini ses études universitaires, il envisage de créer la sienne. Il a décidément un tempérament d'entrepreneur. La serveuse ne disposant pas de menu en Français (seulement Galicien, Espagnol, Anglais) soutient la prouesse de me traduire tous les noms de plats alors qu'elle ne converse pas en Français. Je la remercie et à  la sortie, elle m'embrasse !

SHOPPING
Hector retourne à  ces cours, des adultes cette fois. Moi je dois trouver différentes choses dans le commerce. Malpica semble très commerçant mais je ne parviens pas à  trouver des sangles tandis que les vendeuses du magasin de surf m'assurent de leur total dévouement. L'éponge trouvée ne durera pas longtemps. Le triple décimètre ne comporte pas de trous, un artisan me le percera gracieusement.

ACTIVITà‰ DE RUCHE

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Comme à  Caion le port de Malpica est à  l'Est de la péninsule, les cars ont encore plus de mal à  faire demi-tour, 2 gendarmes bloquent la circulation pendant la manoeuvre. Les piétons disputent l'espace des rues aux autos malvenues dans le labyrinthe. Les campings cars d'étrangers qui s'y aventurent doivent s'en extirper sans avoir pu stationner. Et comme à  Caion la plage à  l'Ouest est exposée à  la houle : session de surf en cours. Le sable est occulté par les serviettes. Une impression se surpopulation: au mois d'aout tous les hideux immeubles de rapport font le plein. Quel contraste avec la tranquillité de mes traversées. Ça ne m'étonne pas que l'école d'Hector fasse aussi le plein.
QUITTER MALPICA EN PUBLIC
Au moment de mon départ les élèves kayakistes m'observent silencieusement, s'y agglutinent des touristes de passage. Je dois m'adresser à  eux collectivement. J'ai enfin rencontré des kayakistes à  Malpica mais Jesus-malpica dont j'avais rencontré des copains reste invisible. Pas le temps de m'occuper de chacun. L'eau du port est calme, aussi souillée qu'à  Caion, la décharge sur la falaise aussi a disparu. Mais dès que je passe le feu vert tribord, la furie de l'Est me rappelle que mes vacances ce n'est pas le plancher des vaches. La Brise thermique est allumée. S'éloigner du môle, longer la péninsule prudemment. Au large de la plage, la houle s'allonge. S'approcher du cap Saint Adrien (: photo ci dessous) où commence le détroit formé par les 3 àŽles Sisargas.
Image Une fois sous le vent des ces hautes àŽles, l'eau se calme comme sur un lac. Seule la plus grande comporte une plagette. On ne peut pas y poser beaucoup plus que 2 kayaks.
Deux jours plus tard je rencontrerai un plaisancier breton qui n'osa pas y venir mouiller. Pourtant j'ai vu en 2004 deux voiliers suédois mouillés pour la nuit. Ce n'est pas un mouillage proprement sûr car il est quand même ouvert. Sur la plage chaque goéland dispose de moins d'un m². Et je vais les leur prendre. J'ai du mal à  élever mon kayak hors de portée de la marée. J'utilise des caisses à  poisson nombreuses par ici. Image
Je me suis baigné. Vous devinez bien que si je n'emporte pas de serviette, je ne vais pas mouiller un maillot. Mais ensuite j'ai du mal à  me réchauffer. Je vais pré-installer mon bivouac au creux d'un sentier encadré de fougères. L'air y est immobile. Une fois sec, je prépare le diner près du kayak en créant des pare-vent avec des caisses. Les goélands ne sont pas d'accord. Ils sont environ 10.000 sur cette réserve. En 2004 un ornithologue les avait comptés en ma présence et un mareyeur avec les clients de son gite rural m'avaient invité à  un festin, j'étais la cerise sur leur gâteau. En 2007 à  mon arrivée, épuisée contre le Noroit, il y avait encore quelqu'un sur la plage. Un père de famille avec 2 bambins inutiles qui avait un mal fou à  repartir sans échouer avant de remettre son moteur en route. Et un citadin frigorifié qui observait mon portage sans compassion en attendant son taxi. Eux non plus n'avaient pas anticipé la survenue du Noroit.
LEO AVEC MOI
Ce soir je suis seul avec mes problèmes de manutention et de température mais peinard. C'est extra comme chantait Léo. Ramer, manger, dormir c'est tout ce que je demande. Oui mais, ramer en belle mer, manger ce que je choisis et dormir à  la belle étoile.
Les goélands se couchent après moi, ils survolent silencieusement mon lit d'herbes parfumées. Peut être qu'il y aussi des araignées et des mulots mais ils ne se présentent pas. 2 ans après la marée noire du Prestige cet endroit m'avait évoqué le far West avec le goudron et les plumes. Cette fois il y a moins de coaltar mais autant de morts prématurés. Les arbres ont toujours autant de mal à  s'élever.

Sur cette vidéo des cueilleurs de pousse pieds aux iles Sisargas. On comprend pourquoi c'est le plus cher des fruits de mer.

http://www.youtube.com/watch?v=-JMkRK9L ... r_embedded

PS En décembre 2009 le Parc des îles atlantiques a acheté les Sisargas pour 1.8 M€ aux nombreux propriétaires descendant d'un duc, disséminés jusqu'à  Madrid. Donc dorénavant le bivouac sera moins aisé.

Aujourd'hui
7h36-11h00 : 9.220 milles
18h45 -20h17 : 3.16 milles
Le message ci-dessus est un copié collé de celui que j'avais saisi dans le forum kayakdemer.eu avant MARS 2017.Vous pouvez m'y retrouver
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