Entrée sur la « Côte de la mort »

Ce réveil sera le meilleur des 3 à Sisargas. En 2004 et 2007 arrivait chaque fois une dépression qui changea mes plans. Le soleil cette fois travaille bien avec l'anticyclone.
L'étape de 11 miles sera rapide surtout si je laisse la brise se lever, je lui fais confiance. Pendant mon petit-déjeuner un homme est débarqué sur le petit môle. Il monte au sommet sans me voir semble t'il. A mon tour je me balade jusqu'au phare sans le retrouver. Je me demande toujours où il est allé... Peut-être à la recherche du trésor du Pirate?.
Le phare est automatisé. Son feu n'est qu'à 6 mètres du sol mais à 110 du niveau de la mer. Les marins venant de Bretagne le découvrent à 23 miles. Il indique la porte nord de la « Costa da Morte ».
Re-manutention pour décrocher mon véhicule. Rangement des caisses PVC, je ne peux pas les éliminer de l'île. J'ignore si une institution ou une association s'en soucie. Pourtant la Surf Rider Association doit comporter quelques membres ici. Malheureusement leurs véhicules ne permettent pas la traversée. Mais aussi pourquoi les pêcheurs jettent à la mer les caisses cassées ?
Je pars 4 heures plus tard qu'hier. J'arriverai à Corme avant 13h00.
Dès le départ dans la petite baie plane la voile me propulse pendant que j'écope et jupe. Sorti de l'abri de l'île, les vagues sont présentes, le vent de l'ordre de 3 Beaufort. La bonne dose. Je passe au large du petit port de Barizo dont je sais seulement qu'il nécessite un détour de 2 miles tant il est profond. Ses pêcheurs travaillent autour de moi.
SESSION PUFFINS
En 2004 j'avais rencontré plusieurs fois des groupes de Puffins très amusants. En 2007 par meilleur temps, j'en avais vu très peu. En 2009 sachant utiliser mon Pentax étanche en Vidéo, je suis décidé à leur consacrer plusieurs minutes d'enregistrement si l'occasion .... est en train de se produire ! Ils sont là , trente ou quarante. Je les ai surpris en repos sur l'eau. Ils n'ont pas l'air de m'en vouloir, c'est mon interprétation : pendant 4 minutes, ils vont tourner autour de moi de façon anarchique, fonçant vers moi depuis tous les axes. Celui que je préfère c'est de face quand ils s'élèvent au dernier moment au dessus de mon chapeau. Je film 2 minutes tout en pagayant, ‘limite en surfant, car il semble qu'ils exploitent autant l'aérodynamisme des vagues que celle de ma coque en mouvement. Ainsi j'ai ainsi gardé une bonne orientation par rapport au soleil. Le Pentax n'est pas la meilleure caméra mais montrez-moi une telle scène avec un bateau plus volumineux, plus bruyant ? Voila un autre de mes objectifs de réalisé sous réserve de bonne qualité.
Ce n'est pas fini. Un aileron ? Requin ? dauphin ? Non. il est statique, typique du poisson lune. J'en avais vu trois en 2004 en baie de la Corogne. Celui là est seul mais gros. Pas facile de filmer et maitriser le kayak à la fois, je fais demi-tour car la voile m'entraine loin. Quand il me remarque, il s'éloigne lentement. par expérience je sais que si on insiste il plonge.



Au Phare de la pointe Nariga, je me souviens en 2004 de la vision du soleil en contre jour du phare. J'avais raté la photo et je ne savais pas encore qu'un concours de photo sur la « Côte de la Mort » était en cours. Cette fois les remous ne sont pas dignes du nom de cette côte.

Je longe une haute falaise meublé d'un monastère et de dizaine d'éoliennes. Bientôt en virant légèrement à l'Est les iles Sisargas disparaitront dans mon arrière. Le Phare de la pointe Roncudo annonce la Ria de Corme.
Comme chaque fois s'y trouvent des promeneurs. 38 m au dessus de la mer,il est facile d'accès, il porte à 10 milles. Je le vois donc dès que je passe Nariga. Cette fois je ne vais pas le raser car une déferlante peut m'y surprendre à nouveau.Le môle de Corme est largement tagué. Je le longe doucement comme quand j'arpente un musée. Arrivant au bout de la jetée, il faut se méfier des bateaux qui en débouchent. En silence en jaillissent deux : un Sit On Top et un ponté. Père, fille, beau fils. Le père a la juste intuition que je suis le Français qui parcoure la Galice. Il le sait grâce au forum kayakdemar.com où mes nouvelles sont données chaque jour par Nautae qui y transcrit mes SMS
Port et plage de Cormé on devine la grotte à droite de la plage de droite. Les carrés flottant sont des bateas d'elevage de moules sur cordes. Comptez les éoliennes. Au delà de celles-ci au nord on distingue mon parcours du jour.

Ici en 2004 j'avais aperçu 3 kayaks et surtout rencontré José. Alors il lisait Olas Celticas, l'histoire d'un Irlandais d'Amérique qui faisait le tour d'Irlande en kayak à la recherche des traces de ces ancêtres J'incarnai alors pour lui le héros du livre. Celtic Waves n'a pas été traduit en Français. Nous passâmes l'après midi ensemble à visiter Corme. Ensuite il m'avait invité à diner avec ses parents. Puis, mon kayak dans leur garage, il m'avait montré la grotte où se déroule chaque année un concert. Elle est charmante pour un bivouac. Le lendemain matin en me léchant son chien m'avait sorti brutalement du sommeil. Ensuite en mer je pagayais comme un zombie et j'eus un problème d'évaluation des distances.
En 2007, les concerts occupaient la grotte. J'ai bivouaqué sur la plage suivante. Je n'avais pas revu José, ni ses parents mais à la Corogne on avait passé une chouette soirée.
Cette fois je recherche la maison des parents. Je sonne à un interphone là où cela me semble probable. On m'ouvre la porte sans répondre à ma question. Grace à mes pauvres indices, des villégiateurs m'indiquent la maison de José. Ses parents me reconnaissent, m'accueillent bien volontairement car retraités. Le père, dans la marine de pêche, avait un ami Lorientais et ne peut s'empêcher de m'appeler « Bernard». La mère, cultivée et politisée, me renseigne sur mes chimères espagnoles. Le père ensuite m'entraine dans le bourg pour boire 1 coup dans 2 bars différents. Nous trouvons aussi un ordinateur où je retrouve le N° de téléphone de Jean-François V. www.millenautique.com qui skippe un charter par ici en ce moment. Quand j'ai parlé à sa fille le lendemain, il venait de quitter la Corogne pour la France. Donc j'ai du le voir passer au large. Avant de diner nous assistons au départ d'un bateau de pêche galicien. Certains marins sont indonésiens. Les Galiciens ne veulent plus de ce métier. Ces musulmans sont appréciés entre-autre pour leur sobriété vis à vis de l'alcool. Si on me le précise c'est que ce doit être pathétique avec des galiciens qui me semblent ne penser qu'à boire et manger. Quand je demande ce que l'on va faire des débris de filet qui jonchent le quai, mon guide ne répond pas, gêné. Le diner à la maison est simple, chaleureux, culturel. Ça commençait à me manquer la dimension culturelle de ces vacances. Ça ne me suffira pas.
La grotte, blanche de voute et de sable, où je récolte à contre courant les mégots, abritera efficacement ma nuit. Aucun dérangement.
Aujourd'hui :
10h09 -12h50 = 11.060 miles