JOURNEE DE 4 CAPS
Des travailleurs se sont levés avant moi. Je sors de mon terrier vers 6h00. En passant vers le port je vois partir mes amis pêcheurs mais impossible de leur faire signe.
à Gauche : mon hotel
FILTRE A PARTICULE DEMANDé
Je me prépare à savourer mon petit déj dans la cour d'Anna. J'aime le calme de l'aube. De plus de plus de personnes s'accumulent sur le trottoir, sans doute des pèlerins. L'arrêt du car est juste là . Pour bien troubler ma quiétude, le moteur reste en route une demi-heure car il est arrivé en avance. Les pèlerins prennent une dernière photo, s'embrassent, rigolent, échangent leur adresse. Le car va à Santiago de Compostelle. De là d'autres cars repartent dans toute l'Europe.
PHOTO TRANSMISE
A 7h30 Mon kayak dévale la cale. Un marin y maintient une barque qu'il veut échouer. Il me reste à offrir la photo de José le pêcheur qui m'invita au restaurant en 2007. Ça fait une heure qu'il est en mer. Le marin m'assure que je vais le trouver sur l'eau. J'en doute. Comme il le connait, je lui confie sa photo qu'il transmettra. Il me souhaite bon vent.
RACCOURCIS (ci dessous le début de la route)

Pour l'instant le vent est nul, le ciel couvert. C'est le plus calme de mes départs d'ici. Ça se présente très bien. Je peux raser la pointe Barca dès la sortie. Mine de rien ça raccourcit : Précédemment je prenais mes distances et rejoignais le large jusqu'à que la houle soit orientée en nord sud. Alors je pouvais prendre cap au sud sans être poussé à la côte. Aujourd'hui comme hier, je verrai les caps de près. Une barque rapide avec trois hommes vêtus en néoprène rentre au port à toute vitesse. Qu'ont-ils fait cette nuit ? seraient-ce des "Furtivos" (braconniers)
1 . CABO de la Vuitra et au sud Cabo Tourinan

2 . CAP TOURIà±AN
A 9h20 je passe le Cap Tourià±an de façon inédite : comme le Vilano, il comporte un raccourci où seul un kayak peut passer en touchant un peu les berniques. L'eau y est très calme, c'est pour cela que j'ose y passer. J'aurai pu y débarquer. A la sortie du corridor j'aperçois ce qui pourrait être le bateau de mes pêcheurs préférés mais ils ne répondent pas à mes signes. Je commence à bien voir le massif du Finistère.
Cabo tourià±an au premier plan ( au fond Muxia, Camarà±as, cabo Vilano)

ARNELA L'INESPEREE
Avant lui, je repère la dernière plage: Arnela . Les plages d'ici sont ouvertes à la houle. Donc il est parfois très difficile des les quitter. Comme la mer est encore calme. Je me prends à rêver de m'y faire une pause. En tout cas j'en fais mon but et mon cap. Vu d'ici cela semble un petit détour, tandis que la plage de Lires que j'envisageais d'abord, est loin de la ligne directe. Le soleil s'est levé et la brise avec. 3 heures après mon départ, je rentre dans une crique alors qu'un Canadair semble fondre sur moi. Le shore break semble raisonnable. La plage est vide. Elle n'est pas accessible en auto. J'y débarque sans difficulté. Super ! Je ne suis plus qu'à une grosse heure du cap Finistère et ensuite j'ai 3 options de 1 à 3 heures. Faire une coupure sur cette étape est inespéré. D'autant que je ne tiens pas une forme parfaite.
Plage Arnela , au dessus le Cap Finistere.

La plage est si longue que je n'irai pas au bout. Un chemin très pentu doit dissuader nombre de personne à la choisir si bien qu'Arnela reste sauvage. Je fais des photos en prenant mon temps. Je me prépare un repas plus correct que ce que j'aurai absorbé en mer. Bain, Bronzette et sieste. Une équipe en uniforme descend arpenter le sable mais ne s'approche pas de moi. Je ne sais pas ce qu'ils sont venu faire en commençant par entrer dans une grotte. Est-ce que je les ai dérangés ?
3. NAVE à‰PUISE L 'ACCU,

Vers 13h00 je repars. Pas un nuage. La brise est correcte : 3 Beaufort. Pas de moutons. Je longe le massif à moins d'une centaine de mètres. Pour une fois je suis détendu dans ce coin. Dans quelque miles c'en sera fini de la « côte de la mort » Les étapes seront plus faciles à morceler. Je prends des photos du cap de Nave.
4 . FINISTERE M'à‰PUISE

Au cap suivant, le Finistere, plus de batterie ! Ces caps toutefois font monter le vent d'un cran. Mais ça reste tenable, au contraire, j'aime bien. Au pied du phare du Finistère (feu à 143 mètres, 23 milles de portée) je distingue des gens, j'agite les bras mais je ne vois personne répondre. Je me demande s'ils me voient. Un voilier qui naviguait de conserve avec moi depuis une heure, a obliqué vers Fistera en contournant largement le cap. Un fois au largue sa vitesse s'est accrue. Les barques à moteurs eux rasent le cap.
3 OPTIONS
Où aller ensuite ? Fistera à 3 miles face au vent comme en 2004 ?, l'ilot Lobeira à 4 milles par vent de travers comme en 2007 ? Nenni, à 7 miles vers le Sud-Sud-Est, là où va le vent se trouve Portocubelo. En y allant je saute encore une étape. La mer n'est pas difficile et le vent semble stabilisé : il m'aidera correctement. C'est parti, façon Jean Capdevielle, pas de détail! C'est sur cette étape qu'il s'est planté. Moi aussi j'ai une voile tape cul. Si je me cabane je n'essaierai pas d'esquimauter. L'un de mes 2 paddlefloats est prêt sur le pont. C'est mon matelas mousse dans un sac spécial. Je ne resterai pas longtemps dans l'eau. Il faudra que j'essaie de retourner le kayak avec la voile à poste pour voir...
Carte des naufrages entre Lires et Portocubelo

A mi chemin je suis loin de tout. La mer est profonde. Aucune rencontre. Je remarque un léger changement de l'état de la mer. Je note que je passe sur la carte de la couleur 25 à 100 m de fond à moins de 25 m avec 2 haut fonds à -4m sur ma voie. Le but s'approche régulièrement. La côte à l'Est me donne des points de repère qui permettent de vérifier. Notez que je n'utilise ni sondeur, ni GPS.
PORTOCUBELO SEUL TOURISTE

Devant Portocubelo des roches m'inquiètent d'abord puis m'amusent. Il n'y a pas de balisage extérieur. Pas la moindre perche. C'est un port d'habitués, pas de voiliers étrangers. 25.54 milles.7 heures sur l'eau. J'arrive épuisé, plus de jus. Sur un voilier traditionnel au mouillage, une bande de jeunes s'amuse. Je n'ai pas la force d'engager une conversation qui pourrait pourtant déboucher sur des infos locales et utiles. Le port n'a pas le caractère de Malpica ou Caion. Pas le relief. Nule vague à surfer par ce temps. Pas la foule non plus. Il n'y a qu'un café, qu'un immeuble et un petit paseo maritimo de même longueur. J'ai hésité avec des petites plages voisines plus naturelles. Le fond du port comporte aussi une plage. Pas bondée. Je me demande bien où je vais me planquer. Il faut que je retrouve des forces. A peine débarqué, un garçonnet vient me demander d'emprunter mon engin de plage. Dans l'immédiat j'ai besoin d'ouvrir des trappes pour m'installer. Je refuse ce qui m'aurait ravi dans d'autres conditions. Il n'a pas l'air trop déçu. Son père affalé dans un petit canot pneumatique, tous ses membres à l'extérieur est abordé par ses enfants, épreuve d'Intervilles. La construction de l'immeuble et de la route a rogné sur la plage. A marée haute il ne restera pas beaucoup de sable. Je parviens à poser le kayak sur un gros pneu qui le garanti de l'eau et des roches.
TENANCIER CAPITAN
Au bar, je porte mon chargeur de batterie. Le patron est conciliant. Il est responsable et skipper du bateau de tradition associatif. Avant la motorisation, il y en avait des dizaines de ce type ici. La nuit tombée, plus personne sur la plage. Je m'offre une part de calamar, une bière. Dès que ma batterie est chargée, je pars avec mon sac de couchage et la bâche à la recherche d'un fossé douillet. Les terrains plats sont rares ou trop en vue. Je finis par trouver ce qu'il me faut car personne ne m'a dérangé. C'était limite propriété privée, je n'avais pas vu la clôture : un fil de fer à 20cm du sol.
Aujourd'hui :
08h36- 12h15 = 13.24 milles
14h30- 17h30 = 12.30 milles