Début des Rias du Sud et des îles
6h45 . J'ai dormi d'avantage qu'hier.
Réserves et réserve
Le programme est réjouissant maintenant : les Rias du sud dont je n'aime pas l'urbanisation extrême, dont j'aime le climat plus portugais, mais en passant part les Iles qui les protègent, je ne croiserai pas beaucoup de voitures. Je pourrais atteindre la première ce soir. Elle est déserte, la suivante a un commerce hors de prix et la dernière sans doute aussi. A l'épicerie de Lira je complète les protéines afin d'avoir l'autonomie complète y compris en eau pour 4 jours. Je passe un coup de fil au journal et à mes amis pour leur dire que j'ai terminé la Cote de la Mort et que je continue. Il me faut aussi la météo. L'épicier me conseille d'aller à la Lonja (la criée) J'arrive à la porte close en même temps qu'une automobiliste. En sort la scientifique qui crée et étudie une réserve de pêche depuis 2007. Elle est venue à Brest en voyage d'étude à Ifremer. La Bretagne lui a fait fort bonne impression. Elle m'enverra des résultats de la réserve par e.mail. Elle me laisse le deuxième ordinateur bien connecté autant que je veux. Windguru montre un visage très positif. Avec les 7 jours de prévisions de vent modéré dans le dos, 0 mm de précipitations, houle faible, j'entrevoie la fin du voyage comme théoriquement assuré. Dehors un couple de véliplanchistes aquitains soufre du manque de vent. Faites du kayak ou du surf ici!
PREMIàˆRE Rà‰SERVE DE PàˆCHE EN GALICE !!!
Autant dire que c'est une nouveauté pas évidente. Jusqu'à là les pêcheurs pensaient que la manne était infinie. ils ne changent pas leur comportement pour autant, pressés par leur endettement.
Os Mià±arzos : 1200 hectares de faible profondeur propice à la reproduction des espèces. Malgré les 6 gardes permanents 24/24 les résultats ne sont pas là . Sauf pour le crabe. Portocelo abrite 30 bateaux de pêche mais 150 au total fréquentent les parages : comment les empêcher de pénétrer?
D'autant que la tentation est forte puisque qu'on y pécherai mieux qu'ailleurs?
Pour en savoir plus comme le monde entier : (en Français) http://www.icsf.net/icsf2006/uploads/pu ... /art04.pdfCi dessous le véhicule des gardes avec gyrophare et petit moteur et une étude de vue aérienne un jour


opportunisme
Juste au moment du départ 2 joggeurs terminent leur entrainement par un bain. J'en sollicite un pour remettre à l'eau mon kayak très chargé. Il en déduit : « nous sommes arrivés au bon moment !» C'est juste. Après avoir beaucoup marché ce matin, je reprends la mer peu avant midi. C'est un peu tard pour aller si loin. Je sais qu'il y a une plage pas loin. Ce sera autant de fait avant de manger. A la sortie du port 2 madrilènes pêchent en Bic Ouassou. Hors vacances ils vont sur les lacs artificiels intérieurs. Ici le paysage cadre encore le cap Finistere en fond.
Pic-nic et déchets
Comme prévu je m'arrête sur la plage côté Sud à Larià±o avant le monte Louro ( aufond la rive sud de la ria de Muros que je dois atteindre)
A l'atterrissage, je ne me méfie pas assez et rempli encore le cockpit de sable. Mon pic-nic est vite prêt : la semoule cuit depuis ce matin dans l'eau froide salée.Mon sac poubelle est à peine rempli. Je trouve à le compléter facilement autour de moi. Le père de famille d'à côté me voit alors chercher des yeux une poubelle. Elle est très loin. Je lui demande alors de s'en charger, il comprend vite ou bien s'en fout. Je pars vers mes iles du parc naturel sans poubelles. Le départ est laborieux. Ce coin de la plage produit des vagues complexes.
CERF VOLANT
Une fois en mer, je lance mon cerf volant pour la première fois. Le but officiel est de me signaler aux navires qui vont aller et venir dans la ria de Muros que je vais traverser. Et puis le temps passe plus vite en pensant à lui et en l'oubliant tour à tour. Ça marchera car aucun bateau ne m'a percuté.
De l'autre côté de la ria je pense à Queiruga où j'avais arrêté en 2004 parce que j'avais perdu mon fric.
plage de Queiruga et la Monte Louro au nord de la Ria de Muros
Miraculeusement un brave homme de la Côte de la mort a réussi à me contacter et me le rendre. Je n'étais pas reparti de Queriuga qui est une plage dingue, mais de Muros au sud de cette péninsule. Si bien que le parcours pour l'instant est inédit pour moi. Je ne suis pas inquiet par un temps si favorable. J'arrive enfin au cap Corrubedo que je vois depuis 5 longues heures. A partir de là le cerf volant ne se porte plus. Je le ramasse mais perd un brin en carbone. Je vois des reliefs au sud sans les reconnaître.Ria de Muros vue de l'Est avec le monte Louro à la sortie.

INFORMATEUR
Ça fait plus de 4 heures que je n'ai parlé à personne. Je me permets d'arrêter un passant motorisé pour vérifier les toponymes. Nous voyons Salvora où le permis de jeter l'ancre est demandé. J'ai oublié de me le procurer. Mon objectif Vionta qui n'a pas de gardes assermentés permanents est plus proche mais encore masquée par le prochain cap. Je traverse la baie de Corrubedo où les grandes dunes forment aussi une zone protégée. Au milieu débouche une rivière que j'aurai été tenté de remonter si la marée avait été haute.

J'arrive donc à la pointe Falcoeiro.
Selon Jaime Corral, c'est le passage le plus dangereux parce toutes ces roches éparpillées lèveraient des déferlante par houle. Mais j'ai de la chance en ce mois d'Aout pas de Houle du Nord Ouest. Celle du Nord Est ici, n'arrive pas. En attendant c'est aussi joli qu'à Bréhat.Le détroit entre la pointe Falcoireo et le récif Sagres mériterai qu'on y pose un panneau stop. Je débouche dans la Ria de Arousa. Pas moins de 13 ports de pêche s'y abritent. Ça entre, ça sort. Ouvre l'oeil.
Ma Vionta est de l'autre côté de la route. Ya pas de passage piétons. En plus je suis épuisé. Heureusement le vent reprend et du Nord Ouest s'il vous plait. Pile pour mon nouveau cap ! Je traverse la voie maritime en regardant à droite et à gauche et encore à droite. Un barreur de chalutier répond à mon salut ; c'est rassurant de se savoir vu même sans le cerf volant. 


Je m'arrête mais pas le vent
C'est plein de Goélands. Mes mouvements les affolent. J'aurais moins de vent de l'autre côté. Aussi moins de soleil. J'ai la flemme de pagayer 500 mètres de plus. Ici les caisses à poisson sont en bois. Deux abritent ma cuisine. Ensuite je prospecte la moitié de l'ile sans trouver un bon coin de bivouac. Ma tente me manque. Finalement une plate forme garnie d'un bas talus me semble le moins pire. Le sol de sable est plat et dur. Je l'ameublis manuellement. J'aurais du y creuser un fossé à l'aide d'une pagaie car je me suis égaré hors de ma bâche. Je ne suis pas très loin du continent (2km), je peux y distinguer des véhicules.
A gauche Vionta , à Droite Salvora où se basent des gardes
Pas loin de Salvora. Nous sépare un chenal d'1km ou passent pas mal de bateaux. J'espère que les gardes ne me voient pas. Le coucher de soleil sur Falcoeiro et les roches et très bon.Aujourd'hui
12h09-12h39 = 1 mille
13h00 19h10 = 17.78 milles