Jour 01.
Presque tout le monde se retrouve au CKB la veille au soir. Grosse émotion devant le monceau de victuailles qui jonche les tables, et remerciements émus à ceux qui se sont chargés des courses. DAP dévoile son planning d'enfer : on sait déjà quel menu on aura le 5 au soir …
Jour 1
Porz Liogan/Molène.
Le lendemain matin, tout le monde se retrouve devant la remorque du CKB, et on charge les bateaux .
Les participants : Etienne et Evelyne, qui ont amené leurs superbes Anas Acuta depuis la région parisienne. Autre parisien : Gilles, sur Lettman Magellan. Pascal, qui vient du Sud Ouest avec son kayak CP cousu collé fait maison, et qui affiche un nombre impressionnant de milles au compteur. Autre CP cousu collé : l'Idglorssuit de Jean Luc, brestois. Les autres brestois : Xavier, sur son Lettman Eski, Alain et Roger sur des bateaux du club, et Jean Claude sur un joli carbone kevlar …
Et à tout seigneur tout honneur, Dap, qui se démène déjà depuis plusieurs jours entre les courses, le planning, la préparation des routes … en voilà un à qui il faudra plusieurs vies …
On s'entasse dans le minibus, et route vers Porz Liogan. On entend déjà des histoires de houle de trois mètres sur Ouessant. Ça en laisse quelques uns plutôt silencieux sur leur siège.
Le rituel du chargement est égal à tous les départs en groupe : il y a les trucs qu'on ne retrouve pas, ceux qu'on a oubliés et qu'on doit aller rechercher, et l'angoisse du kayakiste qui part pour une rando de sept jours et se demande comment tout ça va rentrer dans les coffres. Le plus drôle c'est qu'il ne reste jamais rien sur la plage.
Jean Luc distribue ses premiers exemplaires de cartes marines plastifiées spécial rando-kayak. A voir sur son site : http://www.navikayak.fr.
Sur la plage, petit temps grisounet mais calme. On souque un peu sur les pagaies pour passer la veine de courant à la pointe du môle, ce qui permet à Dap de jauger ses troupes. Rassuré, il prend le large.
Au bout d'une heure et demie de navigation plutôt cool, on arrive sur Quéménès pour casser la croûte. On voit tout de suite que nous ne risquerons pas la famine !
Puis départ pour Molène. Dap agrémenta la balade par des petits passages bien remuants entre les roches émergentes : embruns, et premiers phoques.
Une fois sur Molène, on débarque sur l'ancienne cale du canot. Le terrain de camping est juste au-dessus. Là , chacun affirme ses options de bivouac : il y a les tenants de la tente en solo ou partagée, et les « chevaliers du tarp », les courageux qui ne craignent ni les ondées ni les courants d'air.
Le petit terrain de camping est agrémenté de toilettes en parfait état, et d'un banc/table qui a connu des jours meilleurs. A l'apéro (caà¯pirinha) il tient le coup, mais lorsque le crachin se déclare, on tend le tarp au-dessus et on s'entasse. Résultat : le bois vermoulu s'effondre. Roger se lance dans ses premiers commentaires hilarants. On sait aussi qu'on ne va pas s'embêter en compagnie de l'inventeur du « bar flottant », également grand expert au "jeu du cochon", champion du monde en titre de barbecue ...
Balade molènaise sous la pluie, et visite du resto-bar au patron atypique, pour qui c'est ouvert « mais fermé » … on a droit à une bière et on part se coucher.
Jour 2
Molène/Le Fromveur/Oessant.
Le lendemain matin, premier petit déj « crêpes ». Combien de paquets ont été embarqués dans les caissons, on ne le saura jamais, mais on n'a pas manqué tout au long de la rando.
Et route vers Ouessant, via le Fromveur.
La houle s'est un peu calmée, et on zigzague entre les îlots en attendant la renverse. Ça brasse joliment, mais tout le monde passe sans encombre. Dap est attentif au chrono. Et quand on se lance dans le Fromveur, ça défile à toute allure. On aperçoit Kéréon, et on lui tourne rapidement le dos : route Ouessant.
Tant qu'on est éloignés de la côte et de la houle croisée qui rebondit contre les falaises, tout va bien. On baisse le nez, on croche dedans, et on pagaie. Mais arrivés à la pointe de Roc'h Hir, ça devient nettement plus mouvementé. Et c'est pas fini … il va falloir passer Penn ar Viler. Et là … ça pète de partout. Dap montre le chemin. Il y a ceux qui se lancent bravement, mais c'est quand on se trouve sur un coin qui, s'il m'en souvient, Dap appelle Pors Braz, que c'est impressionnant. Quand on passe là -dedans, on regarde la crête des déferlantes d'en bas. Le passage est un véritable trou de souris. Surtout ne pas le louper. En sentinelle, Dap veille au grain. Et récupère Jean Luc qui, complètement fourbu, a cabané.
Arrivés sur Porz Goret, la majorité décide d'aller boire un coup à Lampaul. Jean Luc et moi, on débarque pour sécher nos affaires. La nuit pluvieuse sur Molène a été fatale pour mon duvet.
Mais quel plaisir de voir et d'entendre, à moins de 500m, les vagues exploser sur les récifs qu'on a réussi à passer.
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Le soleil nous fait risette, tout sèche, et la vie est belle.
Les « chevaliers du tarp » construisent un véritable château de Versailles. On déguste les spaghetti bolognèse en écoutant le grondement du ressac. Est-ce que demain on va repasser par là ???
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Dap, jamais en retard d'une anticipation, a déjà pris contact avec une navette. Demain, un fourgon prendra les bateaux jusqu'au Stiff, et on partira dans le calme. Et en taxi s'il vous plaît !
Jour 3
Ouessant/Porz Liogan.
Le départ du Stiff est un rêve. Le sable blanc fait éclater la couleur de la mer. Paradisiaque. On retraverse le Fromveur jusqu'à Balanec, et nous faisons du gymkhana entre les roches. La houle résiduelle a encore de beaux restes, ce qui ne semble pas émouvoir une colonie de phoques qui nous salue par un concert d'aboiements. Au-dessus de moi, à quelques mètres, une lame se lève. Je suis protégé par la roche. Sur la lèvre de la vague, un phoque surfe comme un fou, se contorsionne et disparaît dans le bouillon d'écume. Inoubliable.
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Quand nous arrivons sur Molène, Jean Luc décide de nous quitter. Le physique le lâche, et il rentrera par la navette. Le reste de la troupe fait une pause sur Ledenez Vraz, casse-croûte et visite des restes du village qui reprendra peut-être vie un jour.
On slalome entre les îles pour rejoindre la côte à Porz Liogan ( OK ?), où il est prévu d'établir le bivouac.
Dap nous a réservé une surprise. Ce soir, arrivage de poisson frais : au menu, saumon sur barbecue. Avec expérimentation d'un système innovant, pare-vent dépliant et boulets de charbon de bois. Le pare-vent c'est génial, mais les boulets sont récalcitrants. On invente donc le « bouffadou breton » avec des piquets de tarp.
Bon d'accord, on pourrait penser à une fumerie d'opium, mais en fait nous nous sommes surtout shootés à la fumée âcre de ces xxxgrmblll de boulets qui ne voulaient prendre que très lentement.
Forcément, ça donne soif.
Et ça finit par marcher !
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Jour 1 : ---- Jour 2 : ---- Jour 3 : ---