MER d'IROISE 10 Mars 2007

Pour causer de tout et de rien...
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Philippe
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MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Philippe »

Nous l'avons vu cette Iroise: ce mot désignant la couleur bleu-vert vient du Breton Glaz qui veut dire bleu ou vert ( Végétaux) et Frais et Vif (le Vent).
Quand Samedi dernier Damien et moi longions le sud de l'île Quemenes; la houle gonflait à  l'approche des hauts fonds à  la fois inquiétante et majestueuse. Juste avant de déferler en contre jour du soleil de Mars chaque crête translucide prenait cette couleur iroise avant d'offrir le Champagne.

Je ne sais pas si c'est photographiable d'un kayak. Malgré la spontanée proposition de prêt de Paulo, nous n'avions pas d'appareil. Je comptais sur Oli et Eric qui finalement ne sont pas venus à  Molène avec nous pour raisons majeures. :mad:
Dificile aussi de photographier le phoque avec le congre dans la gueule, surtout sans appareil.

La traversée commenca par des surfs sur les vagues fixes de la pointe de Kermorvant. Nous avions de l'avance sur l'horaire de marée.
Mais arriver à  Beniguet nous a pris une bonne heure : la quatrième du jusant. La Cinquième nous l'avons passé à  déjeuner sur Béniguet. La vue était splendide: que du monde sauvage à  1 mile à  la ronde. Un tiers du parcours était franchi mais la marée allait bientôt s'inverser.
A la dernière heure de jusant (horaire de Brest) le courant n'était pas évident et le vent de SO s'est établi comme prévu à  13/14 Nd. Quasiment de face. Alors ce n'était plus seulemement le courant qui nous ralentissait.
Vraiment sous Quemenès en appréciant le spectable de la mer démontée et les rencontres de phoques, je me demandais si nous n'étions pas en retard et je manquais d'énergie. Damien qui zigzagait à  toutes vitesse me donnait l'impression d'avoir beaucoup de plaisir. Je me trompais: son Baà¯kal à  carène ronde exige un pagayage constant et en l'absence de trappe-avant (le coffre vide), il abatait; alors D. tirait des bords face aux éléments pour compenser l'excès de dérive. Je pensais avoir réglé l'assiette en lui fournissant un sac pour fond de cockpit qu'il avait chargé. Ce n'était pas suffisant. Je n'aurais pas dû prendre avec moi un Kayak sans trappe avant... J'avais déconseillé de prendre son Ultima neuf car on ne teste pas un nouveau matos lors d'une traversée engagée.
2 Jetskis sont venu par là  mais n'ont pas insisté. :p Nous ne percevions pas le bruit de leur moteur comme dans un film muet.

OPTIONS
Dans le chenal de La Chimère, les 2 fluides ayant le même sens, applatissaient trompeusement la surface. Arrivé à  L'île Trielen en 2ième heure de Flot j'ai du réfléchir vite: entre nous et Molène à  un petit mille, restait un bac à  franchir. Sa dificulté était en train de croitre encore durant 2 heures. Le mieux est de commencer un bac le plus en amont. C'est à  dire ici: longer le sud de l'à¯leTrielen jusque sa pointe Ouest. Cependant, pendant ce trajet contre vent, courant et houle comme à  Quemenes, se précipiteraient les 3/12° de marée.
Passer à  l'Est de l'île aux Chétiens était rapide grace aux 2 fluides mais faisait commencer le bac très en aval.
Le compromis était de passer entre les 2 : le "trou de la vache" commencait à  s'innonder: c'est décidé!
Très vite ce détroit à  l'abri de la houle se révèle farouche. Nous n'avançons pas, puis des marmites contraires nous encouragent et nous entrons dans le passage étroit. Le fond remonte et le courant s'accélère encore. Impossible d'avancer faute d'enfoncer les pales. Nous devons traîner les kayaks 200m sur le magnifique fond caillouteux. L'eau claire est trop froide. Enfin nous sommes à  l'Ouest de l'à¯le aux Chétiens et commençons le Bac. Mon "pied de pilote" s'est révélé amplement suffisant. Nous aurions probablement pu tenter par l'Est de cet ilot. Nous terminâmes vers 16h30 en défilant face à  l'île : le courant enfin nous menait à  la cale Charcot et au camping. :)
Ce fut ma 12 ième traversée. La plus dificile ; la plus conforme à  la réputation de l'archipel de Molène. La plus colorée d'Iroise. Pour Damien sa première l'a ravi. Nous avons tous deux pareillement besoin de plein air.
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paulo
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par paulo »

Philippe, écrit un livre !! tu as un don !
avec Pierre, vous êtes de fines plumes, très agréable...
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Daniel29
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Daniel29 »

Et le retour, comment c'était?
Philippe
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Philippe »

A bord de l'île Molène
Le camping est entièrement venté et disponible. Nous choisissons le recoin le plus abrité car le vent doit se renforcer pendant la nuit. La végétation est abondante et sèche. Nous nous changeons sans frissonner et installons le " camp de base " comme dit Damien du CAF. Ensuite nous grimpons au sommet d'où nous découvrons où retrouvons le panorama fantastique du chenal du Fromveur bordé de noirs écueils et peuplé de fantômes de naufragés.
Après un premier tour de l'île où nous ne rencontrons pas plus de 15 personnes nous retournons au Calvaire pour assister au coucher de soleil et " lever " des phares : d'abord le puissant Creac'h, puis le Stiff , la Jument, Kéréon en rouge et Men Corn. Depuis le Port vers le Nord Est se montrent, les Trois Pierres, Le Faix, les Platresses, le Four et un balayage qui pourait être l'Île Vierge à  38 Km. Depuis le Camping vers le Sud-Est: les bouées du chenal du Four, la Vignotière, Kermorvant, St Mathieu et le Toulinguet. Et du côté du SUD : les Pierres noires en rouge, et grâce à  une visibilité exceptionelle nous distinguons un éclat et un balayage du côté du Raz de Sein distant de 40 Km.
Damien assure la popote qualorique à  la manière des montagnards (3 en 1). Nous dinons assis par terre sous les étoiles, le vent secoue les tentes et les plantes.

Au Bar " l'Archipel "
Nous sommes les seuls client, pas pour longtemps. Mais restons les seuls à  commander des boissons chaudes. Arrivent 3 Molènais dont un barbu qui nous serre la main. On parle des matériaux arrivés sur le quai : les poutres en bois rouge exotique sont destinées à  l'agrandissement du bar. Le patron est fier de prédire que le bois ne périra pas avant lui selon l'entrepreneur. Le bar actuel de 20 m² sans vue/mer est, certains soirs de régate trop exigu, mais le reste du temps il est proportionné à  l'île et sans prétention. Mon problème c'est que l'autre bar concurent, le " Kastell " (château) est vaste et continentalisé, son patron est trop frustré de n'être pas le guitariste de Johny H. qu'il perd la clientèle que ses parents avait conquise. L'Archipel dont le restaurant est aussi devenu concurentiel récupère donc la clientèle. Je crains qu'il fasse la même erreur qu'au Kastell.

PEOPLE
Un bruit de porte annonce une arrivée : apparaît une jeune blonde petite et souriante. Elle traîne un gros étui. Je me dis " chic! va y avoir de la musique! " mais elle est suivie d'une grande fée ployant sous une grosse caméra professionnelle. L'étui contient le trépied. La première demande au patron s'il se souvient de son appel téléphonique. Le patron intimidé, importuné ou oublieux dit oui quand même. Elle a l'intelligence de réexpliquer son but : Etudiantes en Journalisme à  Paris elles viennent faire des travaux pratiques pendant 5 jours. Les trois Molènais se figent et le barbu indique très solenellement qu'il est soumis par l'Etat à  un devoir de réserve. Plus tard il nous apprend qu'en tant que dernier gardien du phare de Keréron, (Jean-Philippe) il a l'habitude des caméras mais doit réserver ses réponses.
Puis 4 jeunes hommes de l'île arrivent. Nous sommes 5 ce WE nous avait dit Raf. et avons prévu de boire nos achats ensemble sur le port. Mais Raf n'est pas là . Les étudiantes ont l'air de les attendre. Elles les installent et leur commandent à  boire, (indépendance de l'information ?) leur mettent le micro cravate et chacun leur tour réponds aux questions du genre : qu'est-ce qu'il y a de fait pour les jeunes sur l'île ? réponse : " Rien ".

CLICHĒ
La cadreuse nous demande si l'on veut bien parler du bar de l'Archipel. Mais quand elle apprend que l'on n'est pas Molènais elle abandonne. Notre traversée de 5h30 les intrigue un moment, sans suite. Ça ne fait pas partie du cliché.
La sortie des jeunes est filmée d'abord de l'intérieur puis de l'extérieur. Plus tard le hangar du chalutier sera l'abri des éclusages de Raf. et ses amis où les étudiantes ont du perdre leur professionalisme.

TAUX
Le patron sert les 4 demis de bière aux garçons et le jus d'abricot à  la journaliste. Elle le repousse et le matelot du chalutier échange son verre. Le patron s'en étonne et demande au garçon s'il est malade? Les trois clients adultes, la patrone et sa fille s'en offusquent aussi et lui crient tant de choses désobligeantes et " bon enfant " que à  sa place j'aurais peut être cédé. Mais il tient bon! Il ne boira pas d'alcool jusqu'en Avril. C'est pour une prise de sang concernant une autorisation de plongée sous-marine. On imagine comment il fêtera sa visite médicale ! Je ne sais pas si cette molènaterie a été enregistrée...mais c'était un scoop !

Réveil et Retour
Chacun dans sa tente nous passons des nuit sereines, sans soufrir du froid. Au petit matin le ciel est toujours aussi pur, à  l'Est rougeoie le soleil, au Sud Ouest le premier quartier de Lune brille encore. Le vent passé au SUD s'est renforcé, nous interdisant le retour au Conquet. La mer agitée et lumineuse offre une vison fascinante.
Après le petit déjeuner nous rendons visite à  André et Juliette qui avaient gardé mon kayak en Janvier. Le temps de boire un café, Damien se fait adopter à  son tour. André, mousse en pêche à  la voile en 1947 nous déconseille de rentrer en kayak et nous propose de stocker les kayaks une ou 2 quinzaines. Il nous indique l'heure de la navette. Il étudie les horaires de marée des prochains dimanches de mortes-eaux. Nous acceptons son plan de nav. ce qui lui fait plaisir.
Nous reviendrons au mieux le 24 mars si la météo permet.

Offre d'emploi
C'est un événement rare : une création d'un nouvel emploi à  Molène, village de 240 habitants sans impots locaux : D'abord il faut être électromécanicien pour s'occuper du générateur puis ambulancier, (ça c'est parfois de nuit). Puis maçon et débrousailleur et enfin éboueur. Voilà  pour les qualités professionnelles C'est pour remplacer une semaine sur 4 l'électromécanicien en titre, l'éboueur-animateur du Musée, le maçon et le jardinier.
De plus il faut pouvoir s'adapter aux iliens et à  leur mentalité c-a-d " ne pas parler de trop "
Le logement : une solution sera trouvée. Les candidatures arrivent de toute la France sauf de Molène...

Embarquement
Nous rassemblons les affaires et rentrons au Conquet sur la plage arrière de l'Enez Eussa. Le trajet s'effectue durant le flot : courant avec le vent. Nous aurions pu traverser dans l'après midi mais en visant un port plus au nord. C'est l'emplacement de la voiture qui nous a empéché d'avoir cette idée.
Selon les Molènais la mer n'a jamais été aussi démontée, les vent aussi fort , les tempêtes aussi nombreuses. Lundi il n'y avait plus de vent.

Miz Ebrel, Miz Evel. : Avril, mois venteux.
Le dicton date de l'ère tempérée où Avril était traditionnellement un mois de vent de Nordet sec. Il séchait les coques en bois ce qui permettait de repeindre les bateaux. Donc André n'est pas sûr que la météo permettra. Mais André l'avoue : il n'est pas Kayakiste.
Pierre
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Pierre »

Un seul mot pour qualifier ces deux articles: génial.

L'option consistant à  prendre à  l'Ouest de l'île aux Chrétiens pour arriver sur la cale du Charcot mériterait d'être illustrée par une carte pour ceux qui ne connaissent pas le coin. (si, si, il y en a :o )
C'est déjà  du pilotage de haut niveau!
Vivement la suite :)
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lologoud
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par lologoud »

excellent
décidemment , c'est dur d'enchainer l'aller-retour l'hiver
Il vaut mieux renoncer à  la mer pour de bonnes raisons Que la pratiquer pour de mauvaises
Philippe
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Philippe »

Je ne suis pas doué pour fournir la carte sur le forum. Je me doute que pour ceux qui ne sont jamais venu par là  et qui n'ont pas une carte un peu détaillée le récit n'est pas facile à  comprendre. Par contre sur le pont de mon kayak se trouve une copie plastifiée dès 2002. J'ai amorti l'investissement. :)

ici on voit bien les hauts fonds de Quemenès qui gonflaient la houle et le détroit entre elle et son Ledenes similaire à  Trielen-Chrétiens.
Damien a réalisé en passant par là  que les îles apportaient plus d'instabilité que les chenaux. http://www.francevuesurmer.com/grand.php?id_photo=4345

Ce n'est pas de la haute navigation, c'est de la technique de rivière (bac) appliquée à  la mer en grand sauf que les rivières ici changent de puissance et de direction. :confused: A l'Est de Trielen le 10/03 j'ai pris une option mais peut être que les 2 autres auraient fonctionné. Nous ne voulions pas passer la nuit sur un ilôt désert. Les Goelands gueulaient déjà . Mes infos et mon expérience de ce coin me permettent de ne pas me mettre dans des situations imposssibles et parfois d'arriver si tôt au but que l'on se sent desoeuvré.
Un conseil pour pouvoir visiter le Musée le plus tragi-comique de l'Ouest. (visites de 14h30 à  17h). il faut pratiquement passer 2 nuits ou alors sur réservation mini 6 personnes. A ne pas manquer! Dj Gérard prendra un jour sa retraite.

Lologood: j'ai pas tout compris, c'est de toi ou t'as pompé?
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par lologoud »

Philippe a écrit : Lologood: j'ai pas tout compris, c'est de toi ou t'as pompé?
en fait j'ai adapté ce qu'on dit en montagne à  la mer
je trouve toujours l'évaluation des dangers difficile à  réaliser
on y va , on y va pas?
perso je serais toujours pour y aller mais je suis admiratif quand je vois un alpiniste renoncer à  200 mètres du sommet par soucis de survie
vive l'expérience et la sagesse :p
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Olivier
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Olivier »

Le sujet évoqué par philippe est délicat.
Sans carte, coefficient et horaires des marées, indications précises de la météo, il est difficile de se faire un point de vue.

Les envolées lyriques ne remplacent pas les éléments rationnels pour ce type de navigation.
En particulier sur le tronçon Quemenes-Trielen, il faut traverser le courant la Chimère.
- Une heure après le début de la descendante, le courant est à  son maximum de puissance. Donc la règle des douxièmes ne s'applique pas.
- Le courant n'a pas la même force à  la montante et à  la descendante.
- En vives eaux si l'on ne traverse pas à  l'étale, on ne peux pas faire demi-tour à  200m de l'arrivée. Car le courant est si fort que l'on se fait déhaler sur une trop grande distance et l'on s'éloigne des iles ....

D'accord avec Laurent pour dire que l'évaluation des dangers est difficile à  réaliser
-même en connaissant le coin,
-même avec une bonne forme physique,
-même avec une bonne expérience.

Qui voit Molène voit sa peine...

Amicalement,
Olivier
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Pierre »

Il convient de considérer les articles de Philippe pour ce qu'ils sont.
La narration talentueuse de balades hors du commun ( avec en prime une étude ethnographique tout à  fait réjouissante).
Ce serait effectivement très dangereux s'ils laissaient croire qu'une sortie en mer d'Iroise est une balade de santé.
Mais il ne me semble pas que ce soit le cas. Philippe insiste bien sur les difficultés rencontrées. La preuve: il est presque toujours obligé de rentrer par le courrier.

Au printemps, s'installe généralement sur les îles une série de vents de Nordet qu'on peut comparer au Mistral. Avec flot, c'est meurtrier.
Il n'est pas rare que des voileux se fassent pièger et doivent laisser à  l'île leur bateau en fin de week end.
En conclusion: savourons les compte-rendus de Philippe, mais réfléchissons à  deux fois avant de l'imiter.
Philippe
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Philippe »

Balade de Santé?
sans doute non : hier j'avais 10/6 de tension et une pousée d'Herpès, signe de fatigue.

M'imiter n'est pas interdit mais il faut un aprentissage des particularités de la Mer d'Iroise et de la rigueur dans le respect des horaires. Le 10/03 c'est le vent contraire qui a failli nous retrarder. j'en avais pas vraiment conscience. Nous étions partis en avance et la vie était belle, le déjeuner (non prévu) et le réembarquement ont coûté un peu trop de temps.
Quand à  l'escale elle fait partie entière du plaisir. A Ouessant y aurait 70 voitures et des avions.
Philippe
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Re : MER d'IROISE 10 Mars 2007

Message par Philippe »

Retour de Molène.
Premier WE de mortes-eaux depuis que Damien et moi avons laissé les Kayak à  L'ile Molène le 11/03. Le dimanche semble propice malgrè une semaine de forts vent de NE qui selon Winguru baissera a 14/15 noeuds dimanche durant le Jusant .
On peut prendre le bateau des îles Dimanche au dernier moment mais tandis que Damien préfère une nuit de plus chez lui, moi j'ôpte pour une soirée molènaise bien sûr.
Dans la gare maritime du Conquet de nombreux jeunes attendent le bateau depuis plusieurs heures. Ils ont roulé toute la nuit en autocar depuis Salamanque en Castille. Ils rentrent chez eux. 25 pour Ouessant. 3 pour Molène. Les élèves du fameux collège du Ponant reviennent du voyage scolaire. Un jeune Ouessantin avec qui j'évoque la Plaza Mayor de Salamanca, se souvient qu'elle est entourée de castillos. C'est peut être normal pour quelqu'un de 15 ans qui vit sur un rocher où les habitations se ratatinent de prendre ces façades de 3 étages du 18ième siècle pour des chateaux.
http://www.alovelyworld.com/webesp/htmfr/esp04.htm
http://iroiro.over-blog.com/photo-17000 ... r_jpg.html
Sur le Ledenez Bihan de Molène comme une salamandre rampe jaune et noire une bouée cardinale. Les vents de cette semaine l'ont arraché de son corps-mort.
L'Ennez Eussa ne peut pas acoster au port, non pas au cause du vent comme Mardi mais la marée basse de coef 70 associée à  une semaine de vent de Nordet fait baisser énormément le niveau. Je n'avais jamais vu la base rocheuse de la balise tronconique du Faix ni celle de la phalange minérale pointée vers le ciel appelé la Helle. Nous transbordons.
Pour me remettre des vibrations je prends un pot au musée Johny Haliday où je croise le pianiste Didier Squiban. Mais le prosélitisme du barman me fatigue vite.
Sur le rivage 2 ornitologues observent les volatiles munis d'un livre et d'une longue vue sur trépieds. Est-ce que je connais l'huitier-pie ? Pardi! je peux même imiter le cri d'alerte.
Je récupère mon kayak chez André et Juliette et chariote vers le camping.
Devant la grève le flot s'oppose au vent et forme de nombreux moutons.
Bien qu'au sud, il n'y a pas d'emplacements abrités du Nordet.
La tente est montée près d'une petite haie que j'accrois avec le kayak.
Ainsi je me retrouve dans l'ambiance des vacances: du bleu et du vert. Je m'allonge sous la toile. Le soleil pénêtre jusqu'au fond. Entre mon dos et le sol moelleux juste le tapis de sol. Il y fait chaud et soudain, mon corps se détend: je m'endors.
Il n'y a pas beaucoup de monde sur Molène ce WE mais c'est vendredi soir qu'eut lieu la fiesta. Ce soir au bar de l'Archipel je suis seul avec les 3 patrons : Marie, son fils, sa fille. Après le match arrive Pierre 80 ans. Alors sans concertation, Marie sert 2 balons de vin rouge. Ils sont sûrs que l'ami Jo arrivera bientôt : il vient de plus loin. Quand Jo arrive à  " la Chapelle ", Pierre a déjà  entamé son verre. Ce sont les semis qui ont retardé Jo. (oignons, patates, carottes) Il est fourbu mais c'est fait. Pierre le traite de paysan ; insultant pour un marin.
Je m'offre le resto à  moi tout seul et livre au patron la photo du phare de Keréon avec kayak par mer d'huile prise par Eric. Je l'avais promise la dernière fois au gardien du Phare et au patron. Vu quelle est agrandie 50x25 et encadrée sous verre il m'offre le vin. Puis après avoir indiqué que le travail a été fait à  Trégor-Photo Marie qui a un neveu à  Tréguier m'offre tout le menu! Ils n'attendent plus que je parte pour fermer. :D Quand vous irrez à  l'Archipel dorénavant vous trouverez au moins un kayak en photo. Introuvable au Kastel où des photos d'artistes couvrent tout.
Les rues du village sont pleines de vent, plus rien n'est ouvert. La lune est levée, je vais me coucher à  22 heures.
DIMANCHE 25/03
Il commence à  faire clair dans la tente, j'entends les cris de faisan et de goéland autour. Je n'ai pas eu froid. Mon portable a reçu un message de Damien: La météo et bonne, il arrive par le Courrier.
Je me lève de bonne heure car j'ai beaucoup à  faire : déjeuner, décamper, charioter les 2 kayaks, saluer nos gardiens de kayaks, en honorant leur collation. André valide mon plan de nav. grace au infos fournies par sa parabole et son expérience de Mousse à  l'aviron en 1947.
De l'Enez-Eussa débarque Damien en tenue de kayakiste avec ses pagaies et sa carte. Il s'est fait remarquer mais on ne l'a pas interné.
TRAVERSEE de 9 miles.
Nous embarquons dès que posible. Les inévitables badauds du quai s'étonnent encore. L'un connaît un meilleur moyen pour aller au Conquet : la compagnie Pen-ar-bed. http://www.pennarbed.com/ Nous sommes incompris.
Nous embarquons juste après la pleine mer. Il eut été mieux de partir une heure avant. Nous n'aurons que du jusant croissant. La visibilité et limitée à  4 milles et varie selon les averses de bruine. Nous remontons au nord du Ledenez grace à  son contre-courant et à  partir de là  nous maintenons un cap constant au 90° (Est). Le Nordet a molli. Il ne nous gène pas. Le courant est dans le même sens et la mer s'en applatit. Dès qu'on s'arrête, on dérive vers le S-O. L'itinéraire passe largement au Nord de l'archipel, nous ne verons pas les phoques. Ni d'autres bateaux. Ni le soleil.
Terre! La côte finit par apparaitre en même temps qu'un vif vent d'Est. Seul Winguru l'avait prédit mais pour plus tard.
Dévalant le chenal du Four, la rivière de troisième heure butte contre la pointe de Kermorvan. Toujours au 90° nous l'approchons latéralement et soudain échappons au courant au pied du phare. Nous avons mis 2 heures 45. Le soleil commence à  percer pendant que l'on se change. C'est parait-il l'heure d'été...
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